
La ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Mme Nacima Arhab, a présidé hier à Alger le lancement officiel d’un programme de formation dédié à l’intelligence artificielle, en présence du ministre de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah.
La cérémonie s’est tenue à l’Institut national spécialisé de la formation professionnelle de Sidi Abdellah, en présence de cadres du secteur et de représentants d’organismes partenaires. Cette initiative vise à renforcer les compétences des jeunes et à les accompagner dans les mutations profondes induites par la transformation numérique, avec un accent particulier sur les technologies de l’intelligence artificielle. Ce dispositif de formation s’inscrit dans une dynamique de modernisation ambitieuse. Il ambitionne de préparer une nouvelle génération de compétences capables de s’intégrer rapidement dans les environnements numériques avancés et de maîtriser les outils adoptés dans les pays les plus développés, sous l’encadrement du docteur et data scientist M. Fouad Bousetouane.
Au-delà de la dimension technique, le programme traduit une volonté claire : rapprocher la formation professionnelle des exigences réelles du marché du travail, notamment dans les secteurs émergents liés aux technologies de pointe et à l’innovation.
Une vision stratégique de la compétence
Dans son intervention, Mme Arhab a insisté sur l’importance de l’investissement dans le capital humain, qu’elle considère comme la base essentielle de toute transformation durable. Elle a souligné que les évolutions technologiques rapides imposent une adaptation constante des dispositifs de formation.
La ministre a également affirmé la volonté de son département de dépasser les approches classiques pour aller vers une véritable ingénierie des compétences, capable de transformer les défis actuels en opportunités économiques et industrielles, tout en renforçant la compétitivité nationale.
Elle a, en outre, expliqué que ce programme est le fruit d’un partenariat entre le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels et le ministère de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises dans le cadre d’une vision stratégique visant à prendre en charge les compétences capables de s’intégrer rapidement dans l’environnement numérique et de contribuer à l’innovation de solutions répondant aux exigences du marché.
Mme Arhab a également détaillé le rôle de chaque ministère dans ce programme, qui repose sur l’implication de différents acteurs. Le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels est chargé de la mise en œuvre, de l’encadrement et de la délivrance des certificats, tandis que le ministère de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises assure l’orientation stratégique et le lien avec l’écosystème entrepreneurial. Les formateurs et experts contribuent, quant à eux, à l’encadrement pédagogique et technique, faisant du stagiaire un acteur clé et un bénéficiaire direct.
Bâtir un écosystème numérique
De son côté, le ministre de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, M. Noureddine Ouaddah, a souligné que le secteur de la formation et de l’enseignement professionnels s’est engagé dans une dynamique de transformation profonde, en lançant des programmes courts, intensifs et à forte valeur ajoutée, destinés à initier les jeunes de manière professionnelle aux métiers de l’intelligence artificielle.
Il a insisté sur le fait que l’intégration de ces technologies ne peut se faire sans compétences qualifiées et sans une maîtrise responsable des outils numériques. Dans cette optique, une coordination étroite a été mise en place avec le secteur de la formation professionnelle afin de développer un modèle hybride combinant apprentissage théorique dans les centres spécialisés et immersion pratique au sein de start-up actives dans le domaine de l’IA.
Le ministre a rappelé que le développement du capital humain constitue la clé de voûte de toute ambition de leadership technologique. Selon lui, l’objectif est clair : positionner l’Algérie comme un acteur crédible dans le domaine de l’intelligence artificielle, tout en ouvrant des perspectives concrètes d’insertion professionnelle pour les jeunes au sein des entreprises innovantes.
M. Ouaddah a également expliqué que cette coopération intersectorielle vise à former des profils à forte valeur ajoutée, capables de s’adapter à un marché en mutation rapide, tout en favorisant l’émergence d’un écosystème entrepreneurial solide. Dans cette logique, des incubateurs seront intégrés directement au sein des centres de formation professionnelle afin d’offrir un cadre structuré au développement de projets innovants.
Le ministre a insisté sur un point central : la vitesse d’évolution de l’intelligence artificielle impose une adaptation immédiate des systèmes de formation. Le marché ne peut plus attendre des parcours longs et rigides, mais exige des compétences opérationnelles, rapidement mobilisables.
Dans ce cadre, le programme vise à renforcer la culture de l’innovation au sein des établissements de formation, en encourageant les stagiaires à transformer leurs idées en projets économiques concrets. L’objectif affiché est de stimuler la création de start-up et de micro-entreprises directement issues des compétences acquises.
Le dispositif s’étend également aux étudiants et porteurs de projets de fin d’études, en leur offrant la possibilité de transformer leurs travaux académiques en véritables initiatives économiques viables. L’ambition est de faire émerger une nouvelle génération d’entrepreneurs technologiques capables de passer rapidement de l’idée à la mise sur le marché.
Accompagner la création
Dans la continuité de cette dynamique, une pépinière d’entreprises a été inaugurée au sein du centre de formation. Cet espace est conçu comme un environnement d’accompagnement global, permettant aux jeunes porteurs de projets de franchir les premières étapes de création dans des conditions optimales.
La structure propose un encadrement spécialisé et un espace de travail équipé, tout en facilitant l’accès à un réseau institutionnel et professionnel. Elle intervient aussi bien en phase de pré-création qu’en phase de lancement, en structurant son action autour de trois axes principaux : accompagnement technique et administratif, soutien en marketing, droit et finance et facilitation de l’accès aux financements et aux investisseurs.
La durée d’incubation s’étend généralement de un à trois ans, période durant laquelle les projets sont suivis et évalués régulièrement jusqu’à atteindre leur autonomie et leur intégration effective dans le marché économique.
Les bénéficiaires de ce dispositif sont multiples : stagiaires en formation, diplômés souhaitant entreprendre, porteurs d’idées innovantes dans les spécialités techniques, ainsi que jeunes entrepreneurs en phase de démarrage.
Rappelons que le programme suit une feuille de route précise. Les premières étapes ont débuté dès janvier 2026 avec l’élaboration du plan de formation. En février, les formateurs ont été sélectionnés, suivis en mars par la conception des contenus pédagogiques.
La première promotion de stagiaires a officiellement démarré le 26 avril. La formation s’étale sur 12 semaines, dont 8 semaines d’apprentissage intensif et 4 semaines consacrées à la réalisation de projets concrets. Chaque participant devra présenter un projet final évalué sur la base de sa pertinence et de la maîtrise des compétences acquises.
À travers cette approche, les autorités entendent promouvoir une formation plus opérationnelle, fondée sur la pratique et l’innovation, afin de faire émerger une génération capable de s’imposer dans l’économie numérique et les métiers de demain.
Amira Benhizia
