Face aux contrebandiers de la mémoire : L’appel de Boudjedra à la résistance culturelle

Dans un contexte où les enjeux mémoriels refont surface avec acuité, l’écrivain et moudjahid Rachid Boudjedra prend une position tranchée. À l’occasion de la réédition de son ouvrage «Les contrebandiers de l’Histoire», l’auteur engagé livre, dans un entretien diffusé lundi dernier par la Télévision algérienne, une critique virulente de ceux qu’il qualifie d’“idéologues” et d’“opportunistes” glorifiant le colonialisme.

Lors de son intervention médiatique, M. Boudjedra a indiqué qu’il ne fait aucun doute que « les écrivains glorifiant le colonialisme (…) ne constituent qu’un phénomène conjoncturel voué à disparaître », appelant les intellectuels algériens à leur opposer « une guerre de plume ». La réédition de cet ouvrage, initialement paru il y a sept ans, ne relève pas du hasard. Elle s’inscrit dans une volonté assumée de dénoncer une offensive culturelle méthodique, orchestrée selon lui par certains auteurs algériens contemporains, et visant à dénaturer la mémoire collective. « Il s’agit de mettre en lumière les vérités et alerter le peuple algérien sur l’entreprise méthodique de falsification de son histoire glorieuse menée par certains écrivains (…), qui ont dénaturé l’histoire de la nation, afin de s’enrichir, de gagner en notoriété et de s’attirer les faveurs de l’ancien colonisateur », déclare-t-il. Sans ambages, Boudjedra cite nommément Boualem Sansal et Kamel Daoud, qu’il accuse d’incarner une littérature de l’aliénation, marquée par le rejet des valeurs nationales. Il les qualifie de « souffrant du +complexe du colonisateur+, ainsi que l’a défini l’écrivain Frantz Fanon, car ils perçoivent le colonisateur comme leur maître ». Cette posture, selon lui, traduit une « rupture totale avec la pensée et l’esprit algériens, ainsi qu’avec l’Algérie en tant que pays ».
Loin de se limiter à la dénonciation idéologique, l’écrivain va plus loin dans sa mise en cause. À propos de Kamel Daoud, il estime qu’il s’agit « d’un écrivain ordinaire qui, dans ses chroniques journalistiques, insultait les Algériens, glorifiait le colonialisme et allait jusqu’à dénigrer la Révolution algérienne ». Quant à Boualem Sansal, il est décrit comme « un bouffon et un malade mental, avançant des allégations infondées et véhiculant une thèse dangereuse », notamment en raison de « ses liens étroits avec l’extrême droite française ».
Pour Boudjedra, leur visibilité actuelle n’est qu’un leurre : « Le sort de ces écrivains stipendiés sera l’oubli. Ils ne sont qu’un phénomène conjoncturel voué à disparaître, et dans quelques années, la société française, elle-même, les aura relégués aux marges de l’Histoire ». L’auteur évoque également les appuis dont bénéficieraient ces discours, affirmant que « les laudateurs du colonialisme bénéficient du soutien et de l’appui de lobbies sionistes en Europe », et dénonce un néocolonialisme persistant : « Le colonialisme ne change pas et le colonisateur tente de maintenir des relations rétrogrades avec certains milieux des anciennes colonies. »
Face à ce qu’il considère comme une agression culturelle, Boudjedra appelle à une mobilisation intellectuelle. Il exhorte les penseurs, écrivains et historiens algériens à « se ranger du côté de leur pays et à livrer à ces écrivains une guerre de plume », ainsi qu’à « une offensive culturelle » structurée et assumée. De plus, l’écrivain met en exergue l’urgence de revoir en profondeur l’enseignement de l’Histoire et de la mémoire nationale dans les écoles et universités du pays. Un chantier essentiel, selon lui, pour prémunir les générations futures contre toute forme de falsification et consolider les fondements de l’identité nationale.
Par ailleurs, l’écrivain fustige nommément certains auteurs algériens qu’il qualifie d’ »idéologues et d’opportunistes souffrant du +complexe du colonisateur+, ainsi que l’a défini l’écrivain Frantz Fanon, car ils perçoivent le colonisateur comme leur maître ». Pour lui, cette posture n’est pas seulement idéologique, mais relève d’un « état d’aliénation » profond, accompagné de « troubles psychologiques », traduisant une « rupture totale avec la pensée et l’esprit algériens ainsi qu’avec l’Algérie en tant que pays ».
Le romancier estime que le destin de ces auteurs est scellé : « le sort de ces écrivains stipendiés sera l’oubli », assure-t-il. « Ils ne sont qu’un phénomène conjoncturel voué à disparaître, et dans quelques années, la société française, elle-même, les aura relégués aux marges de l’Histoire », tranche-t-il avec certitude.
Boudjedra pousse plus loin l’analyse en dénonçant les appuis idéologiques et financiers dont bénéficieraient ces écrivains sur la scène européenne : « les laudateurs du colonialisme bénéficient du soutien et de l’appui de lobbies sionistes en Europe », affirme-t-il. À ses yeux, « le colonialisme ne change pas », et « le colonisateur tente de maintenir des relations rétrogrades avec certains milieux des anciennes colonies », notamment par le biais d’intellectuels instrumentalisés.
Face à ce qu’il identifie comme une offensive culturelle orchestrée, il appelle à une riposte intellectuelle : « les intellectuels algériens doivent se ranger du côté de leur pays et livrer à ces écrivains une guerre de plume », doublée d’une « offensive culturelle » à la hauteur des enjeux. Enfin, dans une perspective plus structurelle, Rachid Boudjedra plaide pour « revoir la manière dont les questions liées à l’histoire et à la Mémoire nationale sont abordées dans les écoles et les universités algériennes », soulignant la nécessité de former les jeunes générations à une lecture critique, rigoureuse et souveraine de leur passé afin de prémunir la nation contre toute tentative de falsification de son histoire.
Par son verbe acéré et son engagement inaltéré, le moudjahid rappelle que la bataille pour la mémoire nationale n’est ni achevée ni neutre. Elle exige des intellectuels algériens une vigilance permanente, une mobilisation constante et une capacité à opposer, à la stratégie du brouillage historique, une parole ancrée dans la vérité, la dignité et la souveraineté. En rééditant “Les contrebandiers de l’Histoire, Boudjedra ne ravive pas seulement un débat : il exhorte à une reconquête. Celle des consciences, des imaginaires et du récit national.
G. Salah Eddine

ALGER 16 DZ

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