Université d’été du Front Polisario : la résolution de la question sahraouie passe par le référendum d’autodétermination

Alors que le conflit du Sahara occidental demeure l’un des plus anciens litiges de décolonisation non résolus dans le monde, les voix se font de plus en plus fortes pour exiger le respect du droit international et l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Réunis lundi dernier à Boumerdès, dans le cadre de la 13e édition de l’Université d’été des cadres du Front Polisario, les participants ont unanimement réaffirmé que seule l’autodétermination du peuple sahraoui permettra de clore ce dossier à la fois politique, humanitaire et géostratégique.
À l’unisson, les intervenants ont souligné que la seule issue juste et durable à la question sahraouie réside dans la mise en œuvre des résolutions onusiennes et du droit international. L’axe central des débats a porté sur la nécessité de renforcer une action politique et diplomatique multilatérale, proactive, capable d’accompagner le combat sahraoui vers l’indépendance.
«Un référendum d’autodétermination constitue la solution la plus appropriée pour tous, y compris pour l’occupant marocain et les Nations unies, afin de relever le défi de la paix dans la région dans son ensemble», a affirmé Ismail Debech, professeur en sciences politiques et relations internationales. Pour ce dernier, il ne s’agit pas seulement d’une revendication sahraouie, mais d’un impératif juridique et moral.
Le professeur Debech a poursuivi en insistant sur le caractère irréversible de l’existence politique du Sahara occidental. «Le Sahara occidental est un État à part entière», a-t-il affirmé. La non-reconnaissance de cette réalité par Rabat, selon lui, n’est qu’un symptôme d’un malaise plus profond. «La non-reconnaissance (de la réalité inéluctable de l’État sahraoui) par le régime marocain est un problème qui concerne le Maroc et non les Sahraouis», a-t-il tranché, ajoutant que cette posture reflète «l’échec et le manque de sérieux du régime marocain à trouver une solution à la question sahraouie».
Il a pointé du doigt «les éléments qui entourent le gouvernement marocain et qui ne reflètent pas la volonté du peuple marocain, mais servent plutôt les intérêts de l’occupant en recourant à la répression».

Une stratégie d’isolement
Dans la continuité, le professeur Souilah Boujemaa a plaidé pour une intensification de l’action diplomatique. «Il faut activer et renforcer l’action politique et diplomatique à tous les niveaux (régional, africain et international) au service de la cause sahraouie, afin d’isoler le régime marocain et de renforcer l’action militaire contre l’occupant», a-t-il déclaré. L’universitaire a également rappelé que le «plan d’autonomie» proposé par le Maroc «est illégal et ne figure pas à l’ordre du jour des Nations unies qui soutiennent la proposition sahraouie d’organiser un référendum d’autodétermination».
Sur le terrain politique, Djamel Benabdeslam, président du parti Front de l’Algérie nouvelle (FAN), a qualifié la lutte du Front Polisario de «bataille existentielle». Il a appelé à un renforcement du soutien populaire, à la consolidation du leadership sahraoui et à une vigilance accrue face aux tentatives visant à diviser la communauté sahraouie : «Il faut renforcer le soutien populaire à la lutte sahraouie, consolider son leadership, adhérer au droit à l’indépendance et surmonter toute tentative de démantèlement de l’unité du peuple sahraoui.»

Un pillage systématique des ressources sous l’œil des institutions internationales
Pour Nafai Ahmed Mohamed, secrétaire général de l’Union générale des travailleurs sahraouis, la situation ne se limite pas à une occupation militaire : elle s’accompagne d’une exploitation systématique des ressources naturelles du Sahara occidental. «Le régime marocain, en collusion avec divers régimes et institutions, s’emploie à piller massivement toutes les ressources naturelles du Sahara occidental, en dépit des résolutions internationales s’y opposant», a-t-il dénoncé.
Il a ajouté que le régime du Makhzen pratique des méthodes de répression massives. «Le régime du Makhzen affame, disperse, déplace et extermine le peuple sahraoui et se livre à d’autres pratiques prohibées par le droit international, sous les yeux de tous les organismes et organisations internationaux», a-t-il fustigé.
Organisée à l’Université M’hamed-Bouguera de Boumerdès, cette 13e édition de l’Université d’été des cadres du Front Polisario a rassemblé plus de 400 participants. Programmée jusqu’au 13 août, elle constitue une plateforme de formation, de débat et de mobilisation stratégique pour les cadres sahraouis.
À travers la réaffirmation du référendum comme unique solution politique, les intervenants entendent rappeler à la communauté internationale ses responsabilités face à un conflit gelé qui n’a que trop duré. La souveraineté du peuple sahraoui, selon eux, n’est ni négociable ni différable : elle s’impose comme l’expression la plus légitime d’un droit inaliénable à l’autodétermination.
G. Salah Eddine

ALGER 16 DZ

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