Stratégie du choc avec l’Algérie : Jean-Luc Mélenchon critique « l’agressivité » des gouvernants français

Dans un contexte de tensions diplomatiques récurrentes entre Paris et Alger, le fondateur de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, avertit que la stratégie prônée par le gouvernement français contre l’Algérie ne mènera nulle part. Par cette formule, il fustige une ligne politique qu’il juge «affligeante, inquiétante et désespérante».

Dans un texte publié sur son blog, l’ancien candidat à la présidentielle a noté : « L’âge des colonies et de la suprématie européenne est fini, bien fini et tant mieux », critiquant frontalement la politique du président Emmanuel Macron vis-à-vis de l’Algérie et, plus largement, de l’Afrique. Selon lui, après avoir « fait expulser la France de presque toute l’Afrique », l’exécutif a choisi « d’accompagner les provocations de son ministre de l’Intérieur contre l’Algérie ».
L’homme politique a mis en garde contre les conséquences de cette orientation : « En poussant les Français au divorce avec le Maghreb, la Macronie commet une faute dont notre pays ne se relèvera pas aussi facilement que le croient ses élites gouvernementales obtuses et les divers lobbys à l’œuvre chacun pour (sa) petite cuisine.»

Un risque structurel pour l’avenir
Pour Mélenchon, la fracture avec l’Algérie et le Maghreb ne serait pas seulement un choix diplomatique mal avisé, mais un risque structurel pour l’avenir : «Il n’y a pas d’avenir durable pour la France sans ou contre le Maghreb et ses peuples. Car si les indépendances ont mis fin aux divers avatars de la colonisation, fort heureusement, ils n’ont pas mis un terme à l’appétit que les peuples ont pour la fraternité mutuelle.»
De plus, la figure de la politique de gauche française a souligné : « Que cela plaise ou pas aux recroquevillés et rabougris de toutes les variétés politiques françaises, nos peuples sont familialement, culturellement, économiquement et spirituellement imbriqués.»
L’élu insoumis a également dénoncé «la politique de Retailleau à laquelle Macron s’est soumis». Cette politique qu’il a qualifiée de «violence insupportable» menant à de nouvelles déroutes et blessures.
S’inscrivant dans une perspective historique, Mélenchon a rappelé que l’Algérie est «le mirage mortel des rêves de puissance des impuissances politiques des dirigeants français depuis 1830. Les objectifs fixés à travers l’occupation de l’Algérie, notamment celui de retrouver une gloire perdue, menèrent à un échec». Une épreuve qui, selon lui, n’a jamais entamé la détermination du peuple algérien : «La résistance des Algériens commença sitôt l’invasion. Et sous une forme ou sous une autre, elle ne se relâcha jamais jusqu’à l’indépendance de 1962.»

Un avertissement économique implicite
Au-delà du registre historique et politique, l’analyse de Mélenchon interpelle directement les acteurs économiques : l’Algérie demeure un partenaire énergétique et commercial de premier plan pour la France, notamment dans les secteurs des hydrocarbures, de l’agroalimentaire et des services. Une rupture prolongée pourrait fragiliser les échanges bilatéraux, réduire l’influence économique française au Maghreb et ouvrir davantage la porte aux puissances concurrentes, qu’elles soient asiatiques, turques ou américaines.
En dénonçant la «stratégie du choc», le leader insoumis tente tant bien que mal de remettre les pendules à l’heure et de rappeler que les liens entre la France et l’Algérie ne se limitent pas à la diplomatie. Ces liens, si spéciaux dans le bon comme dans le moins bon, englobent des interdépendances économiques, humaines et culturelles dont la déstabilisation pourrait avoir des effets durables sur l’équilibre géopolitique de la région. L’insouciance et la témérité du gouvernement français à cet égard pourraient causer une rupture définitive.
G. Salah Eddine

Selon «Mediapart» : «c’est Alger qui siffle la fin de la partie»

Un billet de blog publié par le quotidien français “Mediapart” affirme que la France se voit privée d’un «levier stratégique» en Afrique et en Méditerranée en raison de la récente crise diplomatique avec l’Algérie.
Dans un long billet intitulé « La France face à l’Algérie : le prix d’un aveuglement stratégique », l’auteur analyse en profondeur les dimensions géopolitiques, géoéconomiques, géostratégiques et sécuritaires des relations entre la France et l’Algérie.
Il met en lumière la « perte potentielle » pour la France d’un « marché clé », ainsi que d’un « partenaire stratégique » en Afrique et en Méditerranée. « En affrontant Alger pour des raisons politiciennes, Paris s’isole et se prive d’un marché clé. Héritage colonial, lobbies, myopie stratégique : la France risque de perdre l’Afrique une seconde fois », alerte-t-il.
Selon lui, la décision d’Alger de dénoncer l’Accord algéro-français de 2013 concernant l’exemption réciproque de visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service « marque un renversement du rapport de force. Cette fois, c’est Alger qui siffle la fin de la partie », observe-t-il.
Cette dénonciation « ne constitue pas un simple acte technique », souligne-t-il, mais bien « un message politique clair ».
À ce sujet, il considère que « les répercussions sont immédiates et significatives : suppression des facilités d’entrée et de circulation pour les diplomates français, remise en cause des avantages immobiliers accordés aux institutions françaises, suspension de nombreux programmes bilatéraux ».
Cependant, note-t-il, « le symbole va bien au-delà de ces aspects concrets : Alger démontre qu’elle n’est plus dans une posture passive, qu’elle impose désormais son rythme et qu’elle n’hésite pas à engager un bras de fer », précisant que « l’Algérie, en pleine dynamique de croissance économique et de diversification diplomatique, s’affirme comme un acteur majeur en Afrique et en Méditerranée, attirant des investissements internationaux et consolidant ses alliances ».
A. Ryad

ALGER 16 DZ

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