Poursuite des travaux de la 4e édition de l’IATF à Alger : Expansion africaine De l’import, le BTP algérien passe à l’export

Le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, M. Kamel Rezig, a mis en avant la profonde mutation qu’a connue le secteur algérien du bâtiment et des travaux publics.

Pendant de longues années, les entreprises nationales se contentaient d’importer équipements, matériaux et parfois même savoir-faire pour réaliser les grands chantiers lancés dans le pays.
Aujourd’hui, elles ont renversé la tendance en devenant exportatrices et en s’imposant comme des acteurs majeurs sur le continent africain. Cette évolution est à la fois économique et stratégique, car elle traduit la montée en compétence des opérateurs algériens et la volonté du pays de s’affirmer comme partenaire incontournable du développement africain.
La réussite des entreprises du BTP repose d’abord sur l’expérience accumulée en Algérie à travers des projets d’envergure nationale : autoroutes, barrages, logements, infrastructures sportives et hospitalières. Ces chantiers, qui ont mobilisé des dizaines de milliers d’ouvriers et d’ingénieurs, ont permis de former une main-d’œuvre qualifiée et de bâtir un savoir-faire reconnu. Fortes de cette expertise, les sociétés algériennes n’ont pas tardé à franchir les frontières pour proposer leurs services aux pays voisins et au-delà. Aujourd’hui, l’Algérie exporte non seulement ses matériaux de construction mais aussi ses compétences techniques et sa capacité organisationnelle.

Des entreprises algériennes omniprésentes
Plusieurs exemples illustrent cette dynamique. Au Niger, des entreprises algériennes participent à la construction de routes stratégiques reliant les capitales régionales, facilitant ainsi le transport et le commerce. Au Mali, elles sont impliquées dans des projets de logements sociaux et d’infrastructures publiques. En Mauritanie, des ponts et des ouvrages d’art portent déjà la signature de l’ingénierie algérienne. En Libye, malgré un contexte difficile, des sociétés du BTP algérien continuent de collaborer à la réhabilitation d’infrastructures vitales. D’autres pays comme le Sénégal, le Tchad et même la Côte d’Ivoire ont manifesté leur intérêt pour l’expertise algérienne, notamment dans la construction de stades, d’hôpitaux et de complexes universitaires.
Cette percée sur les marchés africains n’est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat d’une politique nationale d’encouragement à l’exportation, qui a offert aux opérateurs des facilités douanières, logistiques et financières. Elle est aussi portée par la volonté politique de l’Algérie de renforcer la coopération Sud-Sud et de tirer profit de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Pour Kamel Rezig, l’objectif est clair : faire de l’Algérie un acteur de premier plan dans l’édification de l’Afrique de demain, tout en diversifiant son économie et en réduisant sa dépendance aux hydrocarbures.

Une vitrine de savoir-faire
Au-delà de l’aspect économique, cette réussite a également une portée stratégique. Chaque projet réalisé par une entreprise algérienne à l’étranger est une vitrine du savoir-faire national et un symbole de solidarité. Elle contribue à renforcer l’image de l’Algérie comme un partenaire fiable, compétitif et capable d’apporter des solutions concrètes aux besoins de développement des pays africains. Cette expansion crée aussi des retombées positives à l’intérieur du pays : elle stimule la production nationale de ciment, d’acier et d’autres matériaux de construction, encourage l’innovation et ouvre de nouvelles perspectives d’emploi pour les jeunes ingénieurs et techniciens.
Avec une base solide construite au fil des grands projets nationaux et une reconnaissance croissante sur la scène africaine, les entreprises algériennes du BTP semblent désormais prêtes à relever les plus grands défis. Leur ambition dépasse les simples marchés régionaux : elles aspirent à devenir des champions continentaux du secteur, capables de rivaliser avec les plus grandes firmes internationales. Dans ce nouveau rôle, l’Algérie ne se contente plus d’être un chantier permanent, elle devient un exportateur de solutions, un bâtisseur de ponts humains et économiques et un partenaire incontournable de l’intégration africaine.
Ch. Meriem

De l’importation au leadership africain

M. Kamel Rezig a souligné la révolution que connaît le secteur algérien du bâtiment et des travaux publics, désormais propulsé au rang d’exportateur majeur en Afrique. En 2023, les exportations de matériaux de construction ont atteint 1,2 milliard de dollars, notamment grâce à des produits comme le ciment, le carrelage, la céramique, le rond à béton, les revêtements et les décorations en plâtre. Ce résultat représente une progression spectaculaire comparée aux montants de 2019, où les exportations de ciment ne dépassaient pas les 60 millions de dollars. La filière ciment, en particulier, illustre une transformation remarquable : les 18 cimenteries nationales produisent collectivement 39 millions de tonnes en 2022, bien au-delà des besoins internes évalués à 21 millions de tonnes, ce qui a permis le lancement massif des exportations. Holcim El-Djazaïr a exporté 3,4 millions de tonnes en 2023 (30 % des exportations nationales de ciment et clinker), soit une hausse de 7 % par rapport à 2022, avec un chiffre d’affaires en hausse de 17 %. Le groupe GICA, quant à lui, a exporté près de 6 millions de tonnes de ciment vers l’Europe et l’Afrique en 2023, générant une valeur de 22 milliards de dinars (environ plusieurs centaines de millions de dollars). Sur le plan quantitatif global, les exportations de matériaux de construction s’établissaient à 12,18 millions de tonnes en 2022, pour un montant total de 1,3 milliard de dollars, en forte progression (+56 %) comparé à 2021. Ces exportations représentaient respectivement 15 % des exportations hors hydrocarbures en 2021 et 11 % en 2022.
Cette mutation structurelle illustre également une orientation stratégique : l’Algérie se hisse désormais à la troisième place parmi les principaux exportateurs de matériaux de construction vers l’Afrique, avec 680 millions de dollars d’exportations dédiées au continent.
Le passé dépendant du secteur du BTP – largement importateur en équipements et matériaux – a ainsi laissé place à une véritable industrie exportatrice. Grâce aux réformes publiques, aux appuis logistiques, douaniers et financiers et au développement d’entreprises capables d’opérer à l’étranger, les opérateurs algériens du BTP gagnent en compétitivité.
Cette dynamique s’inscrit aussi dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et d’une politique de coopération Sud-Sud ambitieuse. L’Algérie mise désormais sur l’exportation de ciment plutôt que celle du clinker, soulignant la montée en gamme du produit exporté.
Enfin, du point de vue macroéconomique, les exportations hors hydrocarbures ont connu une progression spectaculaire, passant de 1,7 milliard de dollars en 2019 à près de 7 milliards en 2022. Parmi les zones de destination, les échanges avec l’Afrique (hors pays arabes) ont atteint 382 millions de dollars en 2022, contre 217 millions en 2021, soit une croissance de plus de 75 %.
Alger 16

ALGER 16 DZ

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