70e anniversaire de l’inscription de la question algérienne à l’ONU : Une date hautement symbolique

Le 30 septembre n’est pas une date comme les autres dans le calendrier algérien. Chaque année, il rappelle un moment charnière de l’histoire nationale : l’inscription de la «question algérienne» à l’ordre du jour de l’Assemblée générale des Nations unies.

En 2025, cette commémoration a revêtu une dimension toute particulière, marquant le 70ᵉ anniversaire d’un événement qui a profondément redéfini la lutte pour l’indépendance.
Il y a donc sept décennies, le 30 septembre 1955 ne fut pas un simple rendez-vous diplomatique mais un jalon majeur de l’histoire contemporaine de l’Algérie et, plus largement, du mouvement mondial de libération nationale au XXᵉ siècle. Ce jour-là, pour la première fois depuis le déclenchement de la guerre de libération, le 1ᵉʳ Novembre 1954, la «question algérienne» entrait officiellement dans l’agenda de l’Assemblée générale des Nations unies. Derrière ce qui pouvait ressembler à un acte purement procédural se dessinait en réalité une transformation décisive : la reconnaissance, sur la scène internationale, d’un conflit que la France coloniale persistait à présenter comme une simple «affaire intérieure».
En portant l’affaire devant la plus haute instance multilatérale, le Front de libération nationale (FLN) réussissait son pari : faire de la lutte algérienne un enjeu international et un test grandeur nature pour le droit des peuples à l’autodétermination. L’inscription à l’ONU consacrait ainsi une diplomatie de l’insistance et de l’ingéniosité, menée en parallèle de la lutte armée.

La stratégie internationale du FLN
Dès les premiers mois du soulèvement, les dirigeants du FLN avaient compris que la guerre ne se gagnerait pas uniquement sur le terrain militaire. Inspirés par les expériences indienne, vietnamienne ou indonésienne, ils se fixèrent un double objectif : isoler diplomatiquement la France et rallier à leur cause les nouvelles nations issues de la décolonisation. Dans un document interne, ils écrivaient qu’il fallait «faire de la question algérienne une réalité pour le monde entier avec l’appui de tous nos alliés naturels».
Le passage par la conférence afro-asiatique de Bandung (18-24 avril 1955) fut décisif. C’est là que des militants d’envergure, à l’image de Hocine Aït Ahmed, M’hamed Yazid et Abdelkader Chanderli, parvinrent à convaincre plusieurs chefs d’État – dont le président indonésien Soekarno et le Premier ministre indien Jawaharlal Nehru – que l’insurrection algérienne n’était pas une révolte marginale mais une étape majeure de la libération des peuples colonisés. Bandung ouvrit la voie à la constitution d’un solide réseau de soutien afro-asiatique et arabe qui allait peser dans les couloirs des Nations unies.

Le tournant du 30 septembre 1955
L’inscription de la question algérienne à l’ordre du jour de l’Assemblée générale des Nations unies, le 30 septembre 1955, fut l’aboutissement de ces efforts. Elle signa la reconnaissance implicite par la communauté internationale du caractère politique – et non exclusivement « intérieur » – du conflit. Pour la première fois, le droit du peuple algérien à l’autodétermination allait être débattu dans une enceinte mondiale, créant un précédent diplomatique dont se souviendraient d’autres mouvements de libération.
Cette victoire n’était pas seulement symbolique. Elle conféra au FLN une légitimité internationale qui lui permit d’ouvrir des représentations à l’étranger, d’obtenir un soutien matériel et moral, et d’inscrire la cause algérienne dans l’agenda des conférences régionales et internationales. Elle renforça également le camp des pays nouvellement indépendants qui voyaient dans l’Algérie un prolongement de leur propre combat contre la domination coloniale.
Soixante-dix ans plus tard, l’Algérie commémore cette date comme l’un des actes fondateurs de sa diplomatie. Ce 30 septembre 1955 marqua l’émergence d’une «diplomatie révolutionnaire» qui, tout en restant solidaire des luttes de libération, s’appuyait sur les institutions multilatérales pour faire prévaloir le droit international. La cohérence et l’audace de cette approche expliquent que, quelques années après l’indépendance, l’Algérie soit devenue un acteur central du mouvement des non-alignés et un porte-parole reconnu du Tiers-Monde dans les enceintes internationales.

La diplomatie algérienne, un héritage vivant
Soixante-dix ans après l’inscription de la question algérienne à l’ordre du jour de l’Assemblée générale des Nations unies, l’histoire semble faire écho à elle-même. Ce geste fondateur est couronné cinq ans plus tard, en 1960, par l’adoption d’une résolution reconnaissant «le droit du peuple algérien à la libre détermination et à l’indépendance», a façonné la matrice d’une politique étrangère qui, aujourd’hui encore, reste guidée par les principes de souveraineté, de solidarité et de légalité internationale.
Dès son indépendance en juillet 1962 et son adhésion, quelques mois plus tard, à l’ONU, l’Algérie s’est hissée au rang d’acteur central du mouvement mondial de libération. Forte de sa propre expérience de lutte contre le joug colonial, elle s’est engagée aux côtés des peuples encore soumis à la domination, devenant l’un des relais diplomatiques majeurs des aspirations à l’autodétermination en Afrique, en Asie et au-delà. La diplomatie algérienne s’est ainsi construite comme un pont entre les continents et un catalyseur des causes justes, du Vietnam à l’Angola, de la Namibie à la Palestine.
Cet engagement n’est pas un simple réflexe de solidarité. C’est le prolongement d’une trajectoire qui a démontré la puissance de l’émancipation des peuples. À l’heure où beaucoup de nations nouvellement indépendantes hésitaient à s’exposer, l’Algérie a choisi de placer sa diplomatie sous le signe du courage politique et de l’universalisme des droits. Son rôle moteur dans la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) ou son soutien constant aux mouvements de libération sud-africains et mozambicains en sont des illustrations marquantes.

Une présence renforcée sur la scène internationale contemporaine
Sous la conduite du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, cet héritage est aujourd’hui réactualisé. L’Algérie continue de défendre sans relâche les causes justes – au premier rang desquelles les questions palestinienne et sahraouie – en mobilisant ses réseaux, son expertise et sa crédibilité historique. Membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, elle a, durant son mandat, contribué activement à la gestion des dossiers les plus sensibles en rappelant les principes fondateurs du droit international et en exigeant le respect des résolutions de la légalité internationale.
Cette ligne de conduite s’appuie sur des instructions claires du chef de l’État, qui ont constitué la feuille de route du mandat algérien au sein de l’organe onusien. À travers ce travail patient et constant, Alger réaffirme que sa voix n’est pas seulement celle d’un pays du Sud, mais celle d’un acteur crédible du système international capable de conjuguer mémoire historique et engagement contemporain.
Dans ce sens, cette action soutenue a été saluée par le Président Tebboune lors de son entrevue périodique avec les représentants des médias nationaux, diffusée récemment sur les chaînes de télévision et de radio algériennes. Il y a réaffirmé que «la diplomatie algérienne est sur la bonne voie» et souligné que «ce qu’elle a réalisé au sein du Conseil de sécurité honore l’Algérie».

Une trajectoire appelée à durer
Ainsi, de la reconnaissance du droit du peuple algérien à l’autodétermination en 1960 jusqu’aux positions fermes défendues aujourd’hui dans les fora internationaux, la diplomatie algérienne incarne la permanence d’un engagement. Elle est la preuve que la mémoire de la lutte de libération n’est pas figée dans les commémorations mais irrigue l’action présente. En défendant les causes justes et en consolidant l’État de droit à l’échelle mondiale, l’Algérie perpétue l’esprit de sa révolution et confirme son rôle de pivot dans le système international contemporain.
L’inscription de la question algérienne à l’ONU n’est donc pas un simple épisode de procédure. Elle fut le fruit d’une stratégie mûrie et l’amorce d’un processus qui allait aboutir, sept ans plus tard, à l’indépendance et à l’inscription de l’Algérie libre dans le concert des nations. La célébration du 70ᵉ anniversaire de ce moment est un hommage aux diplomates ayant fait triompher l’Algérie indépendante.
G. Salah Eddine

ALGER 16 DZ

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