
L’Algérie s’engage dans une profonde refonte de son modèle économique, institutionnel et social, avec pour ambition de bâtir une économie diversifiée, résiliente et capable de répondre aux défis internes comme aux réalités géopolitiques régionales. Cette orientation s’appuie à la fois sur des réformes structurelles internes et une ouverture maîtrisée aux partenariats internationaux.
Dès les premières années du mandat du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, une feuille de route claire a été tracée, définissant les grandes priorités nationales : relancer la production locale, moderniser les institutions, encourager l’innovation, favoriser l’emploi des jeunes et redéfinir la place de l’Algérie sur l’échiquier économique mondial.
Le redéploiement économique engagé vise d’abord une rupture avec la dépendance structurelle aux hydrocarbures. Cela passe par une diversification ambitieuse des secteurs productifs, notamment l’agriculture, l’industrie, les mines, l’énergie renouvelable et l’économie numérique. En parallèle, les institutions publiques travaillent à l’assainissement du climat d’investissement, à la lutte contre les blocages bureaucratiques et à la simplification des procédures administratives. Ces réformes sont conçues pour redonner confiance aux investisseurs nationaux, mais aussi pour rendre l’Algérie plus attractive auprès de ses partenaires étrangers.
La coopération internationale occupe désormais une place centrale dans cette dynamique. Sur le plan bilatéral, l’Algérie a intensifié ses échanges avec plusieurs grandes puissances économiques. La Chine, déjà fortement implantée à travers de nombreux projets d’infrastructures, continue de jouer un rôle majeur, notamment dans les secteurs du BTP, de l’énergie et des technologies. Les deux pays ont renforcé leurs liens dans le cadre de l’initiative « La ceinture et la route », dans une logique de partenariat gagnant-gagnant qui s’étend désormais à l’industrie locale et à la formation technique. La Russie, pour sa part, entretient des relations historiques avec l’Algérie. Ces dernières années, cette coopération s’est élargie au-delà du domaine militaire, pour inclure des volets économique, technologique et universitaire. Plusieurs entreprises russes manifestent un intérêt croissant pour les secteurs de l’agro-industrie, de l’énergie et des transports.
Du côté des puissances occidentales, les États-Unis ont exprimé à plusieurs reprises leur volonté de renforcer les relations économiques avec l’Algérie, notamment à travers des investissements dans les énergies renouvelables, l’économie numérique et les industries pharmaceutiques. Des initiatives conjointes ont vu le jour pour faciliter le transfert de technologie et encourager les partenariats public-privé. Le dernier message chaleureux du vice-secrétaire d’État américain, Christopher Landau, adressé au peuple algérien et à l’Algérie, met en avant les perspectives prometteuses des relations commerciales entre les deux pays, ainsi que l’importance de bâtir des passerelles favorisant une prospérité commune et l’excellence de ces liens, aujourd’hui visibles, en est la preuve. En Europe, les liens traditionnels se consolident avec des partenaires de premier plan comme l’Italie et l’Allemagne. L’Italie, déjà partenaire stratégique dans le secteur énergétique, multiplie les projets de coopération industrielle et agricole. Quant à l’Allemagne, elle mise sur l’innovation, l’industrie verte et la formation professionnelle pour accompagner le processus de modernisation engagé en Algérie. Des forums économiques bilatéraux ont été organisés, ces derniers mois, et plusieurs entreprises allemandes se positionnent déjà dans les projets structurants, notamment dans les domaines des énergies propres, de la logistique et de l’automobile.
Au cœur de cette dynamique, l’État algérien continue de déployer des politiques publiques centrées sur le développement des capacités locales. L’éducation, la formation professionnelle et l’encouragement à l’entrepreneuriat sont considérés comme des leviers essentiels pour créer une économie compétitive, tournée vers l’innovation. L’université est appelée à jouer un rôle plus actif, en s’ouvrant à la recherche appliquée, aux besoins des territoires et aux partenariats internationaux. Les jeunes sont au centre de ce projet, avec des dispositifs de soutien renforcés pour les start-up, les incubateurs et les initiatives créatives. En milieu de parcours, le chef de l’Etat a rappelé que l’ouverture au monde ne pouvait être fructueuse qu’à condition de bâtir d’abord une économie solide, ancrée dans le réel, maîtrisée par des compétences nationales et capable de tirer parti des opportunités extérieures sans en subir les effets négatifs. Il a insisté sur le fait que l’attractivité de l’Algérie dépendrait autant de sa stabilité institutionnelle que de sa capacité à offrir un environnement propice à l’investissement, à la production et à l’innovation. Dans cette logique, plusieurs lois économiques ont été révisées ou sont en cours de modernisation, avec l’objectif de faciliter l’installation des partenaires étrangers tout en préservant la souveraineté économique du pays.
Au-delà des textes, c’est sur le terrain que les résultats sont attendus. Le défi est multiple : assurer la continuité des réformes, garantir la transparence, améliorer la gouvernance publique et consolider les acquis sociaux. La modernisation de l’administration, la numérisation des services et le rapprochement des centres de décision du citoyen sont des chantiers prioritaires. Dans les wilayas de l’intérieur comme dans le Sud, des projets pilotes sont lancés pour tester de nouveaux modèles de développement local, avec un soutien accru à l’économie sociale et solidaire.
L’enjeu, désormais, n’est plus de convaincre du bien-fondé de la transformation, mais d’en accélérer l’application et d’en mesurer les impacts. La confiance populaire repose sur des améliorations visibles du quotidien : emploi, mobilité, services publics, prix, logement. L’implication des partenaires internationaux peut être un accélérateur, mais elle ne remplacera jamais la mobilisation interne. C’est pourquoi l’Algérie mise autant sur ses compétences nationales que sur les opportunités offertes par la scène mondiale.
En conclusion, cette avancée nationale s’inscrit dans une logique de convergence entre les ambitions internes et les potentialités de la coopération extérieure. Le Président a défini le cadre stratégique et posé les fondations d’un nouveau modèle. Il revient désormais à l’ensemble des institutions, des opérateurs économiques et des citoyens de transformer cette vision en réalité concrète. L’Algérie dispose des ressources humaines, naturelles et diplomatiques nécessaires pour réussir ce tournant historique. Mais seule une mise en œuvre rigoureuse, intégrée et inclusive permettra d’en garantir la réussite durable.
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