
Notre société est marquée aujourd’hui par une montée des incivilités, des violences de quartier et des comportements dangereux sur les routes. Ces malheureux phénomènes doivent cesser ou au moins diminuer.
Dans ce cadre, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a réuni, dimanche dernier, les cadres de son département pour une séance de travail à haute portée politique.
L’objectif : resserrer l’étau sur les dérives qui menacent la tranquillité publique et réaffirmer l’engagement de l’État à garantir la sécurité des citoyens dans tous les espaces du quotidien — quartiers, cités, routes et établissements publics.
Cette rencontre, qui intervient dans un climat de forte interpellation de la société via les réseaux sociaux, marque une volonté de recentrage de l’action publique sur les urgences de terrain. Car si la délinquance urbaine ou le « terrorisme routier » ne sont pas des phénomènes nouveaux, leur visibilité numérique, amplifiée par les plateformes en ligne, a profondément modifié le rapport entre les citoyens, les institutions et la sécurité publique.
« La sécurité publique constitue la priorité du département », a martelé le ministre, rappelant que l’État ne tolérera aucune atteinte à la stabilité des quartiers ni à la quiétude des citoyens.
Le ton est donné : les autorités entendent durcir les dispositifs de prévention et de dissuasion, en renforçant notamment la présence policière autour des établissements scolaires, universitaires et des zones à forte concentration urbaine.
Cette approche se veut à la fois répressive et préventive : elle repose sur un suivi plus étroit des réseaux de délinquance, une coordination accrue entre services de sécurité et autorités locales, mais aussi une implication citoyenne encouragée par le partage d’informations sur les réseaux sociaux.
Les images et témoignages diffusés en ligne ont en effet joué un rôle catalyseur, permettant d’identifier rapidement des fauteurs de troubles, tout en sensibilisant la population à la responsabilité collective. Le ministre a également insisté sur la nécessité d’une application stricte des lois de la République, rappelant que la lutte contre la violence urbaine ne peut être efficace que si elle s’appuie sur la rigueur judiciaire et la cohérence institutionnelle.
La route, autre théâtre de violences
Autre dossier sensible abordé lors de la réunion : la sécurité routière, véritable drame national.
Chaque semaine, les bilans des accidents de la route se chiffrent en dizaines de morts et de blessés, avec un coût humain et économique considérable.M. Sayoud a ainsi ordonné le renforcement des mesures légales et réglementaires de contrôle, insistant sur la nécessité d’une application ferme du code de la route et d’une lutte sans concession contre les comportements irresponsables.
L’État veut faire de la prévention routière une cause nationale, à la croisée du civisme, de la technologie et de la sanction.
La multiplication des radars intelligents, la numérisation du suivi des permis de conduire et l’implication des collectivités locales dans la gestion des flux de circulation figurent parmi les pistes envisagées pour endiguer l’hécatombe routière.Le ministre n’a pas hésité à parler d’un « terrorisme routier », en référence à la gravité des infractions commises, parfois délibérément, par certains conducteurs. Un phénomène qu’il juge incompatible avec l’idée même de modernité et de respect du vivre-ensemble.
Un cap clair
Mais la sécurité ne peut être dissociée du cadre de vie. Le ministre a donc élargi le débat à d’autres questions fondamentales du quotidien : l’eau, la propreté urbaine, la santé, les transports et l’éducation. Il a ordonné un suivi de proximité du fonctionnement des équipements publics, notamment dans les wilayas du Sud, souvent confrontées à des contraintes structurelles plus fortes. Les walis sont invités à intensifier les inspections de terrain, à rendre compte régulièrement de la situation des infrastructures locales et à assurer une communication claire avec les citoyens, notamment en cas de coupures d’eau ou de perturbations des services essentiels.
Le ministre a également insisté sur la propreté urbaine et l’hygiène publique, considérées comme des marqueurs directs de la gouvernance locale.
Il a donné des instructions strictes pour accélérer la mise en œuvre des décisions issues de la dernière réunion consacrée à la propreté publique, en initiant des recensements précis des besoins et des déficits dans chaque commune. L’idée est simple mais ambitieuse : faire du cadre de vie un indicateur tangible de la performance de l’administration locale, où l’efficacité de la gestion municipale se mesure à la propreté des rues, la fluidité du trafic et la continuité des services.
Un État vigilant et à l’écoute
Au-delà des mesures annoncées, cette réunion illustre une mutation dans la gouvernance sécuritaire et territoriale.
L’État veut se montrer plus réactif, plus visible et plus proche des citoyens, en associant la sécurité physique, la discipline civique et la qualité de vie à une même exigence : celle d’une société ordonnée et solidaire. L’époque des interventions ponctuelles et des discours généraux semble révolue. Le ministère de l’Intérieur s’engage désormais dans une démarche intégrée, articulant la répression des dérives, la prévention des risques et l’amélioration structurelle du cadre de vie. C’est tout le sens du message du ministre : la sécurité n’est pas qu’une affaire de police, c’est un projet de société.
Un projet où chaque citoyen devient acteur de la tranquillité publique et où chaque institution, du quartier à la wilaya, porte la responsabilité de protéger et d’améliorer la vie quotidienne des Algériens.
G.Salah Eddine
