
Au lendemain de l’élimination amère du MC Alger de la Ligue des champions, la direction du club a vite fait de diffuser des excuses en vue d’apaiser la grosse déception qui s’est emparée du large public mouloudéen. Sauf que chez les plus fervents, et ils sont nombreux, la pilule a du mal à passer. L’entraîneur Mokwena est particulièrement ciblé.
Le MC Alger a donc définitivement tourné la page de la Ligue des champions. Désormais, il faudra repasser l’année prochaine. Mais avant, il faudra assurer ce titre de champion sur le terrain, même que tous les indices plaident pour une autre consécration locale pour le Doyen. Mais les supporters n’ont pas encore digéré cette sortie qui les faisait tant rêver au plan continental. Les voix de dépit et de colère ne s’estompent encore pas. «La direction du MC Alger présente ses plus sincères excuses à ses fidèles supporters (…) suite à la défaite face à Mamelodi Sundowns et à l’élimination en phase de groupes de la Ligue des champions africaine», plaide coupable le staff dirigeant de l’équipe à travers un communiqué. Mais cela ne semble pas suffire pour atténuer la grande amertume. La sortie de l’ancienne coqueluche du club Ali Bencheikh, aujourd’hui reconverti chroniqueur TV, fait particulièrement jaser. Allilou n’y va pas par quatre chemins pour désigner le responsable d’une telle débâcle. «Le Mouloudia n’a pas joué comme il fallait. On a tous vu le match. Comment pouvait-on se contenter d’aller là-bas prendre deux (buts, ndlr) et revenir ? On n’a pas vu un jeu orienté devant. On faisait le pas et on revenait en arrière, mais pourquoi cette peur excessive ? Sundowns n’était pas ce monstre à redouter autant. Al Hillal leur a d’ailleurs imposé le nul sur place (2 – 2) et ils leur ont marqué dans les temps morts. Contre Lupopo, on aurait pu aussi même gagner, mais pas seulement arracher un nul, alors qu’on a perdu.
Pour moi, c’est l’entraîneur qui nous a éliminés de la Ligue des champions. On aurait pu au moins réussir le match nul qu’il nous fallait pour se qualifier», assène l’ex-Mouloudéen. Et il ne s’arrête pas là. Pour lui, Mokwena a collectionné des bourdes tout au long de son parcours. Il énumère comme exemple frappant la gestion du cas Benkhemassa, privé de participation à ce dernier match fatidique pour cumul de cartons jaunes. «Benkhemassa est une pièce maîtresse dans l’équipe. Il abat un travail énorme. Il fallait le faire sortir lorsqu’il avait un carton et le préserver pour ce match justement de Sundowns. Mais on a fait le contraire. Et l’équipe a payé les pots cassés. Voilà une autre erreur qui nous a coûté cher. Et qui a commis cette erreur ? C’est l’entraîneur», dézingue encore Ali Bencheikh.
«AUX JOUEURS DE PRENDRE LE CHAMPIONNAT»
Pour Bencheikh, Mokwena, l’entraîneur sud-africain du MCA, est le responsable numéro un de ce ratage. «Je suis catégorique, je l’ai dit et je le rappelle, on n’investit pas sur l’entraîneur. On investit sur les joueurs. Quand on ramène des joueurs de niveau, après tu ramènes n’importe quel entraîneur. Ce sont les joueurs qui gagnent. La JSK a Zinnbauer, mais a-t-il pu faire quelque chose et faire gagner la JSK avec l’effectif qu’il a ? Le MCA n’a pas non plus l’effectif capable de gagner la Coupe d’Afrique, mais contre Sundowns, on pouvait bien faire match nul et passer ! J’ai été très peiné de cette élimination, car il nous fallait pas gagner un ou deux à zéro, à ce moment là je n’aurais pas espéré vraiment, mais un match nul c’était dans nos cordes», renchérit-il. Du côté de la direction, les dirigeants encaissent et font le dos rond. «La déception ressentie par tous, nous la partageons au sein du club, car le Mouloudia, de part son public, son histoire et son aura, a été créé pour rivaliser aux premiers rôles. Il est de notre devoir d’assumer la responsabilité de cet échec dans la plus prestigieuse compétition continentale des clubs, qui exige davantage d’expérience et un redoublement d’efforts à tous les niveaux, avec la mobilisation de tous les enfants et amoureux du club», mentionne le communiqué-excuse. Ali Bencheikh lui n’en démord pas et en rajoute une couche à ses clashs en direction de l’entraîneur, même lorsqu’il s’adresse aux joueurs, en les incitant à vite se ressaisir. «Mais les joueurs ne devraient pas avoir un choc, car on a encore le championnat. Et c’est à eux de prendre ce championnat, car l’entraîneur on l’avait recruté pour gagner la Coupe d’Afrique», explose-t-il.
Djaffar Chilab
