
Après s’être dotée de stades de football ultramodernes, d’une des plus grandes mosquées du monde et d’importants pôles universitaires, l’Algérie s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la modernisation de ses infrastructures, cette fois dans le domaine culturel. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a validé, lors de la dernière réunion du Conseil des ministres, une série de mesures structurantes pour le secteur de la culture, dont la construction de salles de spectacles de type Zénith d’une capacité supérieure à 5 000 places dans la capitale, ainsi que dans les grandes villes du pays.
Cette décision marque un tournant stratégique dans la politique culturelle nationale. Le constat actuel du parc infrastructurel dédié aux arts de la scène demeure, en effet, peu reluisant. L’Algérie accuse un déficit manifeste en infrastructures adaptées aux spectacles d’envergure nationale et internationale. Héritées pour la plupart de décennies antérieures, les salles existantes se caractérisent par leur exiguïté, une jauge limitée et des configurations techniques souvent inadaptées aux standards contemporains.
Pour pallier ce manque, les grands concerts et événements populaires sont régulièrement organisés dans des complexes sportifs, à l’image de la Coupole du complexe «Mohamed Boudiaf» ou de la salle «Harcha Hassen», dont la vocation première demeure sportive. Ces structures, conçues en béton et en acier, offrent une acoustique approximative où la réverbération du son altère la qualité des prestations. À cela s’ajoutent des contraintes logistiques importantes et une capacité d’accroche insuffisante pour les équipements scéniques lourds exigés par les productions modernes.
La décision de bâtir des Zéniths répond ainsi autant à une exigence de confort qu’à un impératif de sécurité publique.
Constantine, seule exception
À l’heure actuelle, seule la ville de Constantine dispose d’une infrastructure s’apparentant à ce modèle : la salle «Ahmed Bey», inaugurée en 2015. Bien qu’elle constitue une référence architecturale, sa capacité de 3 000 places reste en deçà du seuil désormais fixé à 5 000 sièges.
Or, un véritable Zénith se distingue par une structure modulable, une acoustique optimisée grâce à des parois traitées, une visibilité intégrale et des installations techniques permettant d’accueillir les plus grandes tournées internationales, avec des espaces logistiques et des zones de backstage répondant aux normes professionnelles.
Cette impulsion présidentielle pourrait également permettre la relance de projets restés en suspens, à l’instar de la grande salle de spectacle prévue à Tizi Ouzou, au pôle d’excellence d’Oued Falli.
Initialement conçue pour 3 000 places, elle avait été gelée en 2015 dans un contexte de restrictions budgétaires liées à la chute des prix du pétrole. Son éventuel dégel offrirait l’opportunité d’en revoir la capacité à la hausse afin de l’aligner sur les nouvelles orientations nationales.
En lançant ces chantiers, l’Algérie ambitionne ainsi de transformer son potentiel culturel en une véritable industrie du spectacle, capable d’attirer des productions internationales et d’offrir au public des prestations de classe mondiale dans un cadre sécurisé, moderne et conforme aux standards universels.
Cheklat Meriem
