Des ambitions pour le Tourisme Saharien algérien : 1,5 million de visiteurs d’ici 2028

Le Sahara ne se vend pas, il se vit. Et c’est précisément là que se joue la nouvelle bataille touristique de l’Algérie. Derrière les chiffres annoncés, fin avril dernier, par la ministre Houria Meddahi, lors d’une réunion d’évaluation consacrée à la saison du tourisme saharien 2025-2026, il y a une ambition très claire, presque brutale dans sa simplicité : faire du Sud une destination majeure capable d’attirer 1,5 million de visiteurs dans un plan d’action triennal 2026-2028. Pas un slogan. Un cap.

Le tourisme saharien attire et il a du potentiel. Les preuves sont déjà là. Entre octobre 2025 et avril 2026, près de 470 000 touristes ont foulé les terres sahariennes, dont 47 000 étrangers. Sur l’ensemble de l’année 2025, ils étaient environ 750 000, dont 65 000 venus de l’étranger. Ce n’est pas un hasard, c’est une dynamique. Et surtout, c’est une curiosité mondiale qui commence à se réveiller. Pour la ministre, la saison qui vient de s’achever vient s’ajouter à la tendance du tourisme du Sahara.
Parce que soyons honnêtes deux secondes : le Sahara algérien n’a rien à envier à personne. Entre Tamanrasset, Djanet et Illizi, on parle de paysages qui te font relativiser ton existence en deux minutes chrono. Des étendues lunaires, des massifs rocheux sculptés par des millénaires de vent, un silence qui vaut plus cher que n’importe quel ressort blindé de touristes. Mais voilà le twist : le potentiel est immense, l’offre encore en construction.
Dans ce sens, Mme Meddahi a insisté sur l’importance d’agrandir l’offre touristique dans la région. Le plan 2026-2028, lui, essaie donc de combler le décalage entre potentiel et revenu sur le terrain. L’idée est simple sur le papier et beaucoup plus complexe dans la réalité : connecter le désert au reste du pays, créer des circuits qui partent du littoral, traversent les villes culturelles et plongent jusqu’aux dunes. Transformer un voyage en expérience complète, pas juste en carte postale.
Et surtout, arrêter de penser tourisme comme un bloc unique. On parle désormais d’écotourisme, de tourisme culturel, de tourisme religieux. Traduction : attirer autre chose que des aventuriers avec sac à dos. Attirer des profils variés, qui consomment différemment, qui restent plus longtemps, qui reviennent.
D’ailleurs, la ministre a mentionné dans son intervention l’intégration d’un nombre de projets touristiques récupérés au titre des biens confisqués dans le parc du groupe Hôtellerie, Tourisme et Thermalisme (HTT). Cela s’est fait notamment au niveau des wilayas d’Adrar et d’Ouargla, en plus d’un projet de village touristique relevant de l’Office national du tourisme (ONT) à Timimoun, dont la récupération est prévue durant la seconde moitié de 2026.
Évidemment, ça demande du concret. Des hôtels, des infrastructures, des services qui tiennent la route. Aujourd’hui, le Sud compte 258 établissements pour environ 20 000 lits. Ce n’est pas ridicule, mais ce n’est pas suffisant non plus si tu veux passer à l’échelle supérieure. Alors on construit, on récupère, on relance des projets abandonnés. « On recevra 21 projets en 2026 et 27 autres en cours de réalisation avec un taux d’avancement dépassant 80% », a martelé la ministre du Tourisme.
Mais construire des murs ne suffit pas. Le vrai chantier, c’est l’humain.
Former, professionnaliser, moderniser. Parce que le touriste d’aujourd’hui ne réserve plus comme en 2005. Il compare, il clique, il paye en ligne, il juge tout. Si ton système de réservation fait un bug ou si ton accueil est bancal, il ne reviendra pas. Et il le dira à tout le monde. La ministre a appelé à élever le niveau des professionnels dans le domaine pour promouvoir la qualité des services et des prestations données.
Donc oui, on parle de digitalisation, de montée en compétence, de coordination entre agences, hôtels, institutions, artisans. Tout ce qui, en théorie, paraît évident et qui, dans la pratique, demande une discipline presque militaire.
C’est donc un grand travail qui attend les opérateurs du secteur. Mme. Meddahi a d’ailleurs exigé, dans ce sens, le début immédiat des préparatifs de la prochaine saison touristique désertique.
En tout cas, il y a une vérité que personne ne peut contourner : le Sahara n’est pas un produit comme les autres. Tu ne peux pas le sur-vendre, tu ne peux pas le maquiller. Tu peux seulement le révéler. C’est là que l’Algérie joue gros. Parce que si elle réussit, elle ne crée pas juste une destination touristique. Elle redéfinit son image à l’international. Elle passe d’un pays qu’on regarde de loin à un pays qu’on traverse, qu’on ressent, qu’on raconte.
Et franchement, vu ce que le désert a à offrir, le vrai mystère, ce n’est pas pourquoi il faut y aller. C’est pourquoi ça n’a pas explosé plus tôt.
G. Salah Eddine

ALGER 16 DZ

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