
Le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a affirmé samedi dernier à Médéa que les importants investissements engagés par l’État dans le secteur hydraulique doivent désormais se traduire par un approvisionnement «régulier, durable et efficace» en eau potable au profit des citoyens.
En visite de travail dans la wilaya, le ministre a rappelé que l’État avait mobilisé des moyens financiers considérables pour concrétiser plusieurs projets stratégiques liés à l’alimentation en eau potable. Selon lui, ces investissements doivent impérativement avoir un impact direct sur l’amélioration continue des conditions d’approvisionnement des ménages, notamment dans les régions confrontées à des tensions hydriques récurrentes. Dans ce contexte, M. Bouzegza a souligné que la situation des barrages connaît une amélioration notable grâce aux dernières précipitations enregistrées à travers le pays. Il a indiqué que près d’une vingtaine de barrages affichent actuellement un taux de remplissage supérieur à 100 %, tandis que les autres infrastructures hydrauliques présentent un niveau moyen avoisinant les 60 %. Le ministre a estimé que les réserves accumulées au niveau des barrages nationaux devraient permettre de couvrir les besoins des citoyens pendant près de deux années. Toutefois, il a insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse et rationnelle des ressources hydriques afin d’éviter toute perturbation dans l’alimentation en eau potable, particulièrement durant la période estivale où la consommation connaît traditionnellement une forte hausse. Comme toujours, l’eau existe jusqu’au moment où les humains décident collectivement de la gaspiller comme si le désert était un concept décoratif. Au cours de cette visite, le ministre a également annoncé une augmentation importante des volumes d’eau transférés depuis le barrage de Koudiat-Acerdoune au profit de 33 localités de la wilaya de Médéa. Le débit passera ainsi de 85 000 mètres cubes par jour à 200 000 mètres cubes quotidiens, une mesure destinée à renforcer durablement la sécurité hydrique de la région. M. Bouzegza a entamé sa tournée au niveau du barrage de Ghrib, qui alimente une vingtaine de communes. Il a insisté sur l’importance de lancer rapidement les travaux de dédoublement de la conduite Ghrib-Médéa, ainsi que la réalisation des stations de transfert nécessaires, afin d’augmenter les capacités d’acheminement et de répondre à la demande croissante en eau potable. Le ministre s’est ensuite rendu à la station de traitement et d’épuration des eaux usées d’Oued Lahrache, avant d’inspecter le chantier d’une nouvelle station d’épuration en cours de réalisation dans la commune de Berrouaghia. À cette occasion, il a mis l’accent sur l’importance de développer davantage l’utilisation des eaux épurées, notamment dans les secteurs agricole et industriel, dans une logique de valorisation des ressources et de préservation des réserves conventionnelles.
À travers ces projets, les autorités cherchent à inscrire la politique hydraulique nationale dans une approche plus durable, fondée à la fois sur l’augmentation des capacités de stockage, l’optimisation des réseaux de transfert et la réutilisation des eaux traitées. Une stratégie devenue indispensable dans un contexte marqué par les effets du stress hydrique et les défis climatiques croissants qui pèsent sur toute la région méditerranéenne.
Amira Benhizia
