
Dans les montagnes verdoyantes qui surplombent la côte de Béjaïa, un chantier discret mais stratégique vient de franchir une nouvelle étape. Mardi dernier, les travaux préparatoires relatifs à l’aménagement de l’accès à la mine de zinc et de plomb située entre les communes d’Amizour et de Tala Hamza ont été officiellement lancés, ouvrant la voie à la mise en exploitation progressive de l’un des projets miniers les plus ambitieux de l’Algérie contemporaine.
La première étape de ces travaux, qui concerne essentiellement les infrastructures d’accès et la préparation logistique du site, marque le passage d’un projet longtemps discuté à une réalité opérationnelle sur le terrain. Elle constitue également un signal fort dans le cadre de la stratégie nationale visant à renforcer la valorisation des ressources minières et à diversifier les moteurs de croissance de l’économie algérienne.
Le coup d’envoi officiel des travaux a été donné par le wali de Béjaïa, Kamel Eddine Kerbouche, en présence du directeur général du groupe Sonarem, Reda Belhadj, et du directeur général de l’Entreprise nationale des produits miniers non ferreux et des substances utiles (ENOF), Fateh Dhrifi. Cette présence conjointe des autorités locales et des responsables du secteur minier souligne le caractère stratégique du projet.
Ce lancement intervient après plusieurs mois consacrés à la finalisation des procédures administratives, à la levée des contraintes techniques et à la mise en place des dispositifs nécessaires à l’exploitation future du gisement.
Dans ce contexte, le wali de Béjaïa a mis en avant la poursuite des opérations d’indemnisation des propriétaires des terrains concernés par cet « important et stratégique » projet, soulignant que celui-ci devrait contribuer à la valorisation des ressources minières nationales, tout en ouvrant de nouvelles perspectives de développement économique pour la région.
Au-delà de l’exploitation minière elle-même, les retombées attendues concernent également l’emploi et la dynamisation du tissu économique local, notamment au profit des jeunes de la wilaya.
Les autorités locales ont d’ailleurs insisté sur la nécessité d’un suivi étroit du projet durant toutes ses phases de réalisation. Le wali a ainsi affirmé que les services de la wilaya assureront un accompagnement permanent afin de garantir le respect des délais et des normes techniques requises pour ce type d’infrastructure industrielle.
Un projet stratégique pour le secteur minier
Pour les responsables du secteur, la mine d’Amizour–Tala Hamza représente bien plus qu’un simple site d’extraction. Elle s’inscrit dans une politique plus large visant à repositionner le secteur minier comme l’un des piliers de la diversification économique.
Le directeur général du groupe Sonarem, Reda Belhadj, a ainsi indiqué que le projet, qui vise l’extraction d’au moins 170 000 tonnes de zinc par an et 30 000 tonnes de plomb, constitue « l’un des projets stratégiques majeurs du secteur minier en Algérie », compte tenu de son potentiel économique et de ses perspectives de développement.
Pour M. Belhadj, l’exploitation de ce gisement permettra non seulement de valoriser les ressources minières nationales, mais aussi de renforcer la souveraineté économique du pays en réduisant la dépendance aux importations de certains métaux industriels.
Le projet devrait également générer un nombre important d’emplois directs et indirects, tout en stimulant l’activité économique dans l’ensemble de la région.
Le responsable du groupe Sonarem a par ailleurs insisté sur l’importance d’un suivi rigoureux des différentes phases de réalisation afin d’assurer la progression du chantier dans les délais fixés et conformément aux standards techniques appliqués dans les grands projets miniers.
De son côté, le directeur général de l’ENOF, Fateh Dhrifi, a rappelé que cette mine figure parmi les plus importantes au niveau mondial, en raison de l’ampleur de ses réserves et de son potentiel économique, soulignant que ce projet « revêt une importance majeure pour le pays ».
Une impulsion venue du plus haut niveau de l’État
Le lancement de ce projet s’inscrit également dans le cadre des orientations définies au niveau des plus hautes autorités du pays.
Lors d’un Conseil des ministres tenu en janvier dernier, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait en effet insisté sur « l’impératif de lancer ce projet économique prometteur en mars 2026, au regard des opportunités d’emploi et des retombées économiques attendues pour la région, en particulier, et pour l’Algérie, de manière générale ».
Dans cette perspective, la wilaya de Béjaïa a multiplié les réunions de coordination, afin de finaliser les derniers préparatifs du projet. La semaine dernière encore, le wali avait réuni les différents acteurs concernés pour examiner les dernières dispositions techniques et administratives avant le lancement effectif de l’exploitation.
Si les travaux engagés aujourd’hui ne constituent encore qu’une phase préparatoire, ils annoncent déjà une transformation économique plus profonde pour la région.
En effet, pour la région de Béjaïa, longtemps connue pour son activité portuaire et commerciale, l’exploitation de la mine d’Amizour–Tala Hamza pourrait ainsi marquer le début d’une nouvelle page économique, où les ressources du sous-sol deviendraient à leur tour un moteur de développement.
G. Salah Eddine
