La Bourse d’Alger: Un Pilier de Modernisation Financière et d’Innovation Économique

Par G. Salah Eddine

La Bourse d’Alger connaît actuellement une dynamique sans précédent, marquée par des réformes majeures et l’arrivée de nouveaux acteurs de poids.
Les discussions approfondies lors d’une émission diffusée, mercredi soir sur la télévision publique, ont mis en exergue le rôle crucial que joue cette institution dans la transformation économique de l’Algérie.

Des experts comme Yazid Benmouhoub, directeur général de la Bourse d’Alger, l’analyste économique Idir Saci et le consultant de la startup Moustachir, Nazim Bererhi, ont détaillé les avancées récentes tout en soulignant les défis et opportunités du marché financier algérien.

Une Croissance Éclatante du Marché Boursier
M. Benmouhoub a ouvert le débat en exposant l’évolution fulgurante de la Bourse d’Alger. Il a affirmé que «le volume des capitaux de la Bourse d’Alger a bondi de 550 millions de dollars à près de 3,9 milliards de dollars», un progrès dû principalement à l’introduction en bourse du Crédit Populaire d’Algérie (CPA). Il a également annoncé une nouvelle étape prometteuse avec l’entrée imminente de la Banque de Développement Local (BDL) sur le marché.
«L’intégration de grandes banques publiques permet de renforcer la crédibilité de notre marché financier et d’attirer davantage d’investisseurs institutionnels et privés», a déclaré M. Benmouhoub, en ajoutant que ces développements servent de catalyseur pour d’autres institutions financières et entreprises souhaitant lever des fonds par voie boursière.
La récente annonce de l’introduction en bourse de Tosyali Algérie, un géant de l’acier, avec un emprunt obligataire estimé entre 15 et 20 milliards de dinars, marque un tournant historique pour la Bourse. «Cet emprunt massif montre que le secteur industriel est prêt à exploiter les opportunités offertes par le marché boursier pour financer sa croissance et son expansion», a souligné Benmouhoub.

Rassurer les Investisseurs
Pour l’analyste économique Idir Saci, la transparence imposée par la cotation en bourse est un atout majeur. «Le passage par la Bourse d’Alger impose une discipline financière, une meilleure gouvernance et une obligation de transparence qui rassurent les investisseurs et favorisent la croissance durable», a-t-il déclaré.
Il a également évoqué le défi de l’économie informelle en Algérie, estimée à environ 50 % du PIB. «La Bourse doit servir d’outil pour intégrer cette économie parallèle et canaliser ces capitaux vers des projets structurants», a-t-il ajouté. Selon lui, cette régulation est nécessaire pour créer une classe entrepreneuriale solide et crédible.

La solution des Finances Islamiques
Le DG de la Bourse d’Alger est revenu sur la loi de finances 2025 qui inclut des soukouk souverains, des instruments financiers conformes à la charia. «Les soukouk offrent une alternative viable aux emprunts traditionnels, en permettant au Trésor public de lever des fonds tout en respectant les principes islamiques», a-t-il précisé. Ces obligations adossées à des actifs réels visent à attirer une frange de la population qui préfère éviter les systèmes financiers conventionnels.
M. Saci, de son coté, a souligné que les soukouk peuvent jouer un rôle essentiel pour réduire le déficit budgétaire. «En diversifiant nos sources de financement, nous nous protégeons des fluctuations des prix du pétrole et garantissons une stabilité économique à long terme», a-t-il déclaré. Il a cité l’exemple de la Malaisie, où les soukouk ont permis de financer des infrastructures publiques sans recourir à l’endettement conventionnel.
En outre, M. Bererhi, consultant de la startups Moustachir qui vient d’entrer en bourse, a également insisté sur l’importance du financement islamique pour une partie de la population. «Les personnes religieuses vont privilégier un modèle de financement islamique, ce qui pose aussi la question de la rentabilité du crédit», a-t-il ajouté. Cette préférence souligne une demande croissante pour des solutions financières conformes aux principes éthiques et religieux de nombreux algériens. Toutefois, ce modèle nécessite des mécanismes adaptés pour assurer une rentabilité viable et une accessibilité accrue.

Les défis des start-up
Pour sa part, Nazim Bererhi, a souligné les défis majeurs auxquels font face les start-up algériennes en matière de financement. Il a mis en lumière les limites du modèle de financement traditionnel qui impose des garanties souvent inaccessibles aux jeunes entreprises. «Dans le modèle classique, où il faut apporter une garantie, vous avez énormément de freins. Ces jeunes entreprises n’ont souvent pas d’actifs suffisants pour couvrir l’emprunt», a-t-il expliqué. Cette exigence de garanties constitue un véritable obstacle pour les entrepreneurs en quête de capitaux pour développer leurs activités.
Pour contourner ces obstacles, Moustachir a choisi de se financer via la Bourse d’Alger. «Ce modèle boursier suit notre ligne directrice en matière de pratique religieuse et nous permet de nous développer sans compromettre nos valeurs», a précisé M. Bererhi. Cette approche innovante offre aux start-up une alternative crédible et éthique, tout en leur permettant de lever des fonds pour assurer leur croissance. Ce choix stratégique favorise également une meilleure compréhension des mécanismes financiers parmi les jeunes entrepreneurs, en démocratisant l’accès aux marchés financiers grâce à des outils modernes comme les transactions boursières via smartphone.
«L’entrée en bourse nous permet non seulement de lever des fonds pour notre développement mais aussi d’inspirer une nouvelle génération d’entrepreneurs algériens», a-t-il affirmé.
Il a ajouté que la digitalisation des services boursiers simplifie l’acquisition d’actions pour le grand public. «Avec nos applications mobiles, investir en bourse devient accessible à tous, même aux jeunes générations », a-t-il conclu.

Un Avenir Prometteur, des Défis à Surmonter
Malgré ces progrès, des défis persistent. L’économie informelle, la culture de l’investissement encore en développement et le besoin de sensibilisation du grand public restent des priorités. Toutefois, comme l’a conclu Yazid Benmouhoub, «la Bourse d’Alger est sur la bonne voie pour devenir un moteur essentiel du développement économique du pays».
En diversifiant ses acteurs, en intégrant l’innovation financière et en adoptant des instruments conformes aux réalités socio-culturelles algériennes, la Bourse d’Alger s’affirme comme un outil stratégique pour l’avenir économique du pays.

ALGER 16 DZ

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