Dans un entretien accordé à GOAL / Amir Beaumelle : «Mon vécu avec le MCA sera à jamais gravé dans mon cœur»

Dans l’univers foisonnant du football africain, rares sont les entraîneurs capables de marquer autant un club et ses supporters qu’Amir Beaumelle. Actuel entraîneur de l’Espérance sportive de Tunis et ancien coach du Mouloudia club d’Alger (MCA), le technicien français a accepté de revenir sur son parcours, ses méthodes et son attachement profond au club algérois dans un entretien exclusif accordé au média Goal.

Évoquant son passage au MCA, Beaumelle a assuré qu’il garde un souvenir impérissable de son expérience en Algérie. « J’ai pu vivre à Alger avec le club d’Alger, c’est à jamais gravé dans mon cœur et dans ma tête. J’ai vécu de grandes émotions aussi bien sur le terrain que dans les tribunes », confie-t-il, soulignant la ferveur des supporters algérois. Comparant ensuite le MCA à son club actuel, l’Espérance de Tunis, il remarque : « Il y a beaucoup d’envie, beaucoup de passion à Alger. On voit dans les tribunes les supporters qui ne vivent que pour leur club. Donc là, c’est vrai qu’il y a une certaine similitude à Tunis. »
Il nuance cependant cette comparaison en rappelant la spécificité de chaque institution : « Après, chaque club a sa spécificité, mais ce que j’ai vécu avec le Mouloudia Club d’Alger reste quelque chose à jamais gravé dans mon cœur et dans ma tête. »
L’entretien aborde également la fin de son aventure algéroise. Interrogé sur d’éventuels regrets ou frustrations, Beaumelle est catégorique : « Non, non, parce qu’en fait, cela s’est fait d’un commun accord. Parfois, c’est extra-sportif, ce n’était pas sur le plan sportif. En fait, cela a davantage été des pleurs de se séparer. On était dans les bureaux, on a beaucoup échangé avec les dirigeants, avec le président Hadj Redjem. Il y avait beaucoup d’émotion. »
Pour lui, la séparation n’a jamais été une rupture définitive. « Je regarde quasiment tous les matchs dès que je suis disponible. Je suis le championnat, leur évolution en coupe, en Ligue des champions… Je suis les informations parce que c’est un club qui est gravé en moi. Donc non, aucun regret. Au contraire, j’ai beaucoup d’émotion et de fierté d’avoir contribué à remettre le Mouloudia là où il méritait d’être, c’est-à-dire sur la scène internationale, sur le continent africain, parmi les meilleurs clubs. »
Le technicien évoque avec une intensité palpable l’impact émotionnel des supporters : « J’ai des frissons à chaque fois que je vois le stade plein, que ce soit le stade Ali-La Pointe ou le 5-Juillet à l’époque. On voit à chaque fois cette ferveur, cette passion et cela me donne des frissons. Donc aucun regret, beaucoup de fierté et beaucoup d’énergie positive que j’ai pu amener. Je suis très, très fier de mon passage au Mouloudia et je dis à tout le monde que je les aime pour toujours, parce que c’était quelque chose de très fort entre nous. »
Ces propos traduisent une méthodologie de travail qui dépasse la simple stratégie sportive. Beaumelle ne se limite pas à gérer ses joueurs sur le terrain, il suit également leur évolution personnelle et leur carrière. Il semble encore attaché à son expérience en Algérie.

Le soutien envers Belaili
Evoquant dans la suite de l’entretien sa relation et l’état de santé du prodige algérien Youcef Belaïli, le coach français n’as pas manqué de rendre public son soutien constat au joueur.
« Déjà, Youcef, on s’est toujours parlé depuis qu’il était parti du Mouloudia. Que ce soit cet été, à la Coupe du monde des clubs, je lui ai envoyé des messages ; même l’année dernière, lorsqu’ils ont fait le doublé, je l’avais par message. On ne s’est vraiment jamais quittés. J’ai Youcef, mais j’ai aussi son papa régulièrement », explique-t-il.
Le technicien revient sur la blessure du joueur et les complications qui en ont découlé : « Lorsqu’il s’est blessé, j’étais encore avec la sélection de l’Angola. Je lui avais envoyé des messages de soutien car je regardais son match au moment de l’impact ; j’ai tout de suite vu le coup qu’il avait pris au genou. C’est vraiment dommage, car c’est un joueur qui aurait fait du bien pour la Coupe d’Afrique et la Coupe du monde à venir. C’est un joueur de génie, le véritable ‘facteur X’ des équipes. Il est imprévisible, et pour un entraîneur, c’est génial d’avoir des profils comme ça. »
Aujourd’hui, Belaïli poursuit sa rééducation dans un cadre familial et sécurisant : «Pendant ce mois de Ramadan, il a souhaité faire ses soins chez lui ; nous l’avons laissé tranquille pour qu’il puisse se soigner et rester en famille. »
Concernant les rumeurs de suspension par la Fifa de Belaïli, Beaumelle se montre prudent : «Sur le cas de sa suspension, comme vous tous, j’ai pu lire cela dans la presse. Je pense que des gens s’occupent de ce dossier, notamment ses conseillers et ses avocats, pour essayer de régler cela. Je souhaite que tout puisse rentrer dans l’ordre avec le club d’Ajaccio afin que les deux parties continuent leur route et que Youcef, une fois soigné, puisse poursuivre sa carrière et nous donner un coup de main à l’Espérance de Tunis. »
D’ailleurs dans le même sens, pour le technicien de 47 ans, la relation entre entraîneur et joueur dépasse le cadre purement technique : elle se construit sur la confiance, la proximité et le suivi humain. «C’est un club qui est très cher pour Belaïli, il est l’enfant du club et tout le monde l’adore ici. On a besoin de lui. Je serai toujours là, en tant qu’entraîneur et proche de lui, pour l’aider à être dans les meilleures dispositions possibles sur le terrain. »

Beaucoup de pression avant Al- Ahly
L’actualité de l’Espérance, c’est son choc ce soir en quarts de finale de la Ligue des champions contre Al-Ahly d’Egypte. S’exprimant sur ce match, tant attendu, Amir Beaumelle a mis en avant l’importance de rester concentré et de ne pas se laisser paralyser par l’enjeu. « Face à Al-Ahly, il ne faudra pas que l’enjeu nous paralyse », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de la lucidité dans ce type de confrontations à haute tension.
Pour Beaumelle, cette confrontation s’inscrit dans une vision globale de l’Espérance et de ses ambitions. « L’idée, c’est de continuer ce qui a été mis en place depuis de nombreuses années. Je pense que le président Hamdi Meddeb est là depuis quasiment 20 ans et il a fait de grandes choses. Il a gagné de nombreux titres, quatre Ligues des champions, des trophées majeurs. Aujourd’hui, l’envie de ce club et des supporters, c’est de figurer parmi les plus grands, si ce n’est d’être le plus grand en Afrique », a-t-il expliqué, rappelant l’histoire prestigieuse et la dimension continentale du club tunisien.
L’entraîneur insiste sur le rôle positif que peut jouer la pression. « Il y a beaucoup d’attente, beaucoup de pression, mais cette pression, il faut toujours la tourner de manière positive. Il faut se dire que lorsqu’on vient à l’Espérance de Tunis, c’est pour finir la saison avec des trophées. »
« Oui, et il faudra être solide la semaine prochaine. C’est un grand classique face à Al-Ahly, mais quand on est à l’Espérance de Tunis, on se doit de remporter des titres, d’être à la hauteur des événements. C’est ce que le public attend de moi : faire tourner cette équipe à plein régime. Les joueurs en sont bien conscients ; on travaille depuis trois semaines ensemble et il y a beaucoup de plaisir, de concentration et d’envie de bien faire», a-t-il noté.
Pour l’ancien sélectionneur de l’Angola, ce quart de finale n’est pas simplement une confrontation sportive : c’est un test de caractère pour son équipe. Il insiste sur la nécessité de combiner discipline et audace, d’allier expérience et fraîcheur, pour tirer le meilleur de chaque joueur et créer une dynamique collective capable de rivaliser avec un adversaire d’une telle envergure.
Dans sa vision, la réussite passe par une préparation complète, à la fois physique, mentale et stratégique. L’entraîneur français a enfin rappelé l’importance de l’engagement des joueurs et de l’impact psychologique du public : « Les joueurs le savent : chaque match de Ligue des champions est une vitrine pour le club, pour les supporters et pour le football africain. Nous devons être prêts à tous les niveaux : tactique, physique et mental. »
Cette préparation intensive illustre la méthode Beaumelle : un savant mélange de rigueur, d’exigence et de motivation, où chaque détail compte et où la passion du football se transforme en énergie positive capable de transcender l’équipe.
G. Salah Eddine

ALGER 16 DZ

Next Post

El Oued : Un domicile transformé en un atelier de fabrication d’armes à feu

dim Mar 15 , 2026
Les services de sécurité d’El Oued ont réussi à mettre fin à l’activité d’un groupe criminel spécialisé dans la fabrication de fusils et de pistolets traditionnels, a indiqué jeudi dernier la Direction générale de la sécurité nationale dans un communiqué. L’opération a été réalisée cette semaine par l’équipe de recherche […]

You May Like

Alger 16

Le quotidien du grand public

Édité par: Sarl bma.com

Adresse: 26 rue Mohamed El Ayachi Belouizdad

Adresse du journal: 5-7 Rue Sacré-coeur Alger Centre

E-mail:alger16bma@gmail.com

Numéro de téléphone: 021 64 69 37