Le nouveau souffle pour les médias algériens

Par Kheireddine B.

La presse nationale sous toutes ses formes est à l’aube d’un renouveau. La corporation nationale s’apprête à renaitre de ses cendres et à aspirer à des jours meilleurs. Grâce à la vision éclairée du président de la République, Abdelmadjid Tebboune et de son ministre de la Communication, Mohamed Laagab, le rêve est permis. Il est même à portée de main.

Depuis son investiture à la tête du pays en 2019, le président de la République a fait de la presse nationale son partenaire sur tous les plans. Au delà des rencontres périodiques qu’il tient avec les représentants des médias nationaux, M. Tebboune accorde une grande importance à la communication et au redécollage du secteur de l’information qu’il souhaite être plus fort et plus influent. Et l’a prouvé avec la promulgation de la loi organique relative à l’information l’été dernier. C’est d’ailleurs dans la continuité de ce processus de renouveau que les députés de l’Assemblée populaire nationale (APN) ont adopté, le 20 novembre dernier, les projets de loi relatifs à la presse écrite et électronique ainsi que celui de l’audiovisuel.
Ainsi, l’adoption de ces deux textes de loi va très certainement barrer la route aux maquignons de tout acabit, qui ont fait leur entrée dans ce secteur névralgique à coups de milliards et ont fini par le discréditer. Avec l’arrivée de ces deniers il y a quelques années, la presse nationale esous toutes ses formes est devenu un grand bazar où tout se vend et s’achète. Ce secteur stratégique était donc aux mains de magnats et d’intrus qui ne connaissent en rien la profession et avaient juste pour objectif de s’enrichir encore plus et de servir leurs propres intérêts au détriment de ceux de la nation et des professionnels du domaine.
Dans ce sens, un hommage doit être rendu au ministre de la Communication qui avait bloqué à juste titre l’adoption de ces deux projets en septembre dernier, car ils contenaient certaines dispositions inacceptable, dont celle relative à la limitation pour les Algériens de détenir une chaîne de télévision privée à seulement 40% de son capital social. C’est pourquoi il a retardé l’échéance d’adoption pour peaufiner les textes en y injectant plus de liberté.

Un système médiatique solide
Pour rappel, le projet relatif à la presse écrite et à la presse électronique définit une série de termes, d’instances et d’individus habilités à exercer l’activité de la presse écrite et la presse électronique, ainsi que les conditions y afférentes, selon les précisions apportées par M. Laagab lors de la présentation du texte.
Pour sa part, le projet de loi relatif à l’activité audiovisuelle vise à adapter la législation régissant le secteur de la communication à la Constitution de 2020, et suivre les évolutions technologiques en cours dans le secteur audiovisuel, notamment en ce qui concerne le cadre de la diffusion, la technologie web-radio et web-TV et l’organisation de la question du capital-actions, selon les conditions et les standards internationaux.
Le texte de loi tend également à garantir la continuité du service public et à organiser la production audiovisuelle ; il se distingue par l’affectation de chaînes de télévision thématiques et d’autres généralistes.
Lors de sa présentation devant le Conseil de la nation lundi dernier, M. Laagab a mis en avant le caractère comblant des lacunes et des insuffisances dans les lois liées au secteur de la communication. Il a souligné que ces nouvelles lois visent à établir un système d’information durable, favorisant le professionnalisme et préservant les droits de tous les acteurs, y compris les éditeurs, les journalistes, les citoyens et l’État.
M. Laagab a explicité les dispositifs positifs des deux projets de loi, notamment l’ouverture du champ médiatique aux partis politiques et syndicats, dans le cadre de la loi. Ces nouvelles mesures ont pour objectif d’empêcher l’intrusion de personnes non qualifiées et de l’argent illicite en imposant l’obligation d’un capital national propre et identifié. Ceci vise à éviter la répétition de scénarios néfastes observés en Algérie et dans le monde.
Des dispositifs de prévention ont été mis en place. Ainsi, les projets de loi revalorisent le diplôme universitaire et le statut du journaliste. Pour obtenir l’autorisation d’exercer, la présence de journalistes professionnels parmi les actionnaires est désormais obligatoire.
Les lois se distinguent également par la protection des journalistes, avec l’absence de peines privatives de liberté et des sanctions minimales qui ne touchent pas à la liberté d’expression. Les sanctions cibleront les programmes plutôt que les chaînes TV.
Ces nouvelles dispositions visent à permettre aux journalistes d’exercer leur métier confortablement, tout en assurant aux citoyens l’accès à une information crédible.
En plus de ces avantages, M. Laagab a mentionné l’obligation pour les établissements médiatiques d’assurer le recyclage et l’assurance-vie lors de la couverture d’activités dans des zones dangereuses ou en proie à des épidémies. Les journalistes auront également le droit de refuser de signer si des modifications sont apportées au contenu original, bénéficiant d’une protection juridique contre diverses formes de violence et du droit de propriété intellectuelle.
Dorénavant, deux autorités de régulation seront chargées du règlement des conflits, évitant autant que possible le recours à la justice, sauf en cas d’interdiction d’exercice.
Par conséquent, les deux projets de loi confèrent plus liberté et sens du professionnalisme en termes de pratiques médiatiques au profit des journalistes, et ce, conformément aux dispositions de la Constitution. En parallèle, ils consacrent également le droit du citoyen à une information authentique et objective.
Il demeure néanmoins un immense chantier que les autorités doivent impérativement ouvrir et assainir : celui de la rente publicitaire qui constitue la cible de tous les vautours. A cela s’ajoute l’amélioration des conditions de travail des journalistes et aussi celles relatives à l’aspect socio-économique. Mais au vu de la volonté du président de la République, il n’y a guère de doute que ce marécage va être nettoyé très prochainement.

ALGER 16 DZ

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