Retour sur les programmes TV à la fin du Ramadan 2026 : Entre diversité, rivalité et audiences records

Comme chaque année, le Ramadan constitue un moment clé pour la production audiovisuelle algérienne. Les chaînes de télévision rivalisent de fictions afin de capter l’attention des téléspectateurs réunis chaque soir après la rupture du jeûne. Drames sociaux, comédies familiales ou fresques historiques, la programmation de cette saison 2026 s’est distinguée par une grande diversité de genres et de thèmes.

Par Cheklat Meriem

Si plusieurs séries ont marqué les esprits, certaines se sont particulièrement imposées grâce à leur audience, la qualité de leur réalisation ou encore l’impact de leurs histoires. Tour d’horizon des fictions qui ont dominé le paysage télévisuel durant ce Ramadan.

El Mouhadjir, la série vedette du Ramadan
Parmi les productions qui ont le plus retenu l’attention cette année, El Mouhadjir s’impose comme l’une des séries phares du Ramadan 2026. Diffusée sur El Hayat TV, la fiction a rapidement rencontré un large succès, dépassant, dans son premier épisode, la barre des 7,2 millions de vues, sur la plateforme Youtube.
Réalisée par Idris Benchernine sur un scénario de Manal Messaoudi et produite par Reda City 16, la série explore la question de l’émigration clandestine à travers le parcours d’un jeune homme confronté à un passé difficile. Présenté au départ comme une promesse d’avenir, le projet d’exil se transforme progressivement en épreuve personnelle et familiale.
La fiction aborde ainsi les dilemmes liés à l’émigration, les pressions économiques et les conséquences psychologiques de décisions irréversibles. La narration adopte un rythme mesuré, privilégiant les silences, les regards et la dimension émotionnelle des situations plutôt que les effets dramatiques excessifs. Malgré son succès, la série a suscité une vive controverse dès sa diffusion. Le Syndicat national des praticiens de la santé publique a exprimé son indignation après une scène jugée offensante pour la profession médicale. Tournée à l’hôpital de Kouba, cette séquence montre un médecin harcelant une patiente sur son lieu de travail, ce qui a été perçu comme portant atteinte à la réputation du corps médical.
Malgré cette polémique, l’œuvre a continué de susciter un fort engouement de la part du public en ligne. Les commentaires des internautes saluent la pertinence du thème, ainsi que la qualité de l’interprétation. Le casting réunit notamment Anya Hamimed , Rifka Boudjemline, Nora Bennacer et Mohamed Khasani, dont les performances ont été largement remarquées.

Fatma, un drame historique entre culture et résistance
Autre production marquante de cette saison, Fatma propose une plongée dans l’histoire et la culture algériennes. Diffusée sur Samira TV, la série est réalisée par le célèbre Djaffar Gacem et met en vedette Ritadj Abdellah, qui incarne une jeune violoniste déterminée à suivre sa vocation artistique.
L’histoire se déroule au XIXe siècle, dans la Casbah d’Alger, et suit le parcours d’une jeune musicienne talentueuse qui tente de réaliser son rêve malgré les contraintes imposées par une société conservatrice. Inspirée par Zahra, une chanteuse revenue d’exil, Fatma trouve la force de poursuivre sa passion artistique, faisant de la musique un véritable moyen d’expression et d’affirmation identitaire.
Au fil du récit, son destin croise celui de Ali Ben Ammar, un jeune résistant engagé dans la lutte contre l’ordre colonial. La série mêle ainsi destin individuel, engagement politique et valorisation du patrimoine culturel.
La reconstitution soignée des décors, des costumes et des traditions participe à l’immersion du spectateur dans cette époque charnière. Chaque épisode, d’une durée d’environ 45 minutes, développe une narration centrée sur la profondeur psychologique des personnages et leurs dilemmes

Kiya, un thriller social ancré dans la réalité
Dans un registre totalement différent, Kiya s’est imposée comme l’une des séries les plus discutées de la saison. Diffusée sur Samira TV et réalisée par Oussama Kobi, cette fiction mêle drame social et thriller, en explorant les réalités difficiles des quartiers populaires. La série met en lumière les conditions de vie dans les bidonvilles et les défis auxquels leurs habitants sont confrontés au quotidien. Endettement, violence, blanchiment d’argent et codes d’honneur structurent l’intrigue, offrant un regard sans complaisance sur certaines réalités sociales. Écrite par Sondos Abdelrahman, la série se déploie sur 30 épisodes, construits autour d’une montée progressive des tensions et de l’évolution psychologique des personnages.
L’interprétation, portée notamment par Lydia Chebout et Mourad Oudjit, privilégie la sobriété afin de restituer la complexité sociale des situations. Dès sa mise en ligne sur Youtube, le premier épisode a dépassé 2,2 millions de vues, générant des milliers d’interactions sur les réseaux sociaux.

El Berrani 2, la confirmation d’un succès
Diffusée sur Echorouk TV, la deuxième saison de El Berrani poursuit l’histoire entamée l’année précédente et confirme l’engouement du public pour cette série centrée sur le crime organisé.
L’intrigue met en scène trois frères dont les décisions fragilisent l’équilibre familial et les plongent dans des rivalités dangereuses liées aux trafics et aux luttes de pouvoir. Réalisée par Yahia Mouzahem, également coscénariste du projet, la série conserve une structure d’environ 20 épisodes de 45 minutes. L’arrivée de nouveaux personnages vient intensifier les tensions et complexifier les relations entre les protagonistes. Sur YouTube, les premiers épisodes ont dépassé 2,6 millions de vues, confirmant l’attachement d’un public fidèle à cette fiction qui mêle suspense et drame familial.

Dar Essed, un drame familial plein de secrets
Avec Dar Essed, diffusée sur El Bilad TV, la fiction algérienne explore les tensions qui peuvent traverser une famille en apparence stable. Réalisée par Mohamed Ben Abdallah, la série repose sur une narration progressive où les révélations s’enchaînent, mettant en lumière alliances, rivalités et dilemmes moraux. Chaque épisode approfondit la dimension psychologique des personnages, dont les décisions redéfinissent progressivement les relations familiales. L’épisode inaugural a enregistré plus de 1,9 million de vues en ligne, confirmant l’intérêt du public pour ce type de récit intime et social.

El Henna, une comédie familiale intergénérationnelle
Dans un registre plus léger, El Henna propose une comédie familiale centrée sur les relations entre parents et enfants.
Réalisée par Sami Faour, la série met en scène les désaccords, les malentendus et les rapprochements qui rythment la vie familiale. Les situations, inspirées du quotidien, sont traitées avec humour et sensibilité. Composée de 30 épisodes, la série est diffusée sur les chaînes de l’EPTV, ainsi que sur les plateformes numériques, où elle connaît une progression notable de son audience.

Moulat Eddar, une chronique familiale réaliste
Diffusée sur Ennahar TV, Moulat Eddar s’inscrit dans le registre du drame familial. La série s’intéresse aux rapports de pouvoir au sein du foyer et aux tensions qui peuvent fragiliser l’équilibre familial.
Adaptée d’un format étranger et repensée pour refléter les réalités locales, la fiction privilégie une approche réaliste et progressive, centrée sur la psychologie des personnages. Réalisée par Damien Ounouri sur un scénario de Zoulikha Tahar, la série comprend 30 épisodes d’environ 40 minutes. Le casting réunit notamment Sarah Laâllama, Fizia Touggourti, Sali Bennacer, Ahmed Zitouni, Slimane Benraoui et Lina Kalassi. Les premiers épisodes ont enregistré des centaines de milliers de vues en ligne, avec des réactions positives soulignant la proximité du récit avec les réalités du quotidien.

Une saison riche en émotion et en diversité
Au final, la saison télévisuelle du Ramadan 2026 confirme la vitalité de la fiction algérienne. Les différentes productions ont su proposer des univers variés, mêlant divertissement, réflexion et émotion.
Drames sociaux, comédies familiales ou récits historiques ont chacun trouvé leur public, démontrant l’intérêt des téléspectateurs pour des histoires proches de leurs préoccupations ou ancrées dans leur mémoire collective. Au-delà des chiffres d’audience, ces séries ont surtout réussi à créer des moments de partage et de discussion durant les soirées de Ramadan. Une diversité de récits qui témoigne du dynamisme du paysage audiovisuel algérien et de sa capacité à raconter des histoires profondément humaines.
Ch. M.

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