
Nora Ben Zerari, dont le vrai nom est Nora Bennacer, est une actrice algérienne de renom originaire de la wilaya de Souk-Ahras. Elle possède plus de 32 ans d’expérience dans le théâtre, le cinéma et la télévision. Nora s’est distinguée par ses rôles variés, en particulier dans les œuvres comiques et sociales, où elle a su, par sa présence artistique, laisser une empreinte claire sur la scène algérienne. Le quotidien Alger 16 a eu l’honneur de rencontrer l’artiste, qui a parlé de ses dernières réalisations et de ses projets à venir.
Entretien réalisé par Amira Benhizia
ALGER 16 : Madame Nora, parlez-nous de l’événement “Iftar avec les stars”. Madame Hafida Briki nous a réunis. Qu’en pensez-vous ?
Nora Ben Zerari : Honnêtement, après une saison chargée en travaux et la fatigue du jeu d’acteur, je ne suis sortie de chez moi pendant le mois de Ramadan qu’une seule fois, et c’était pour une émission télévisée. Cet événement a donc été une occasion de sortir de la maison et de retrouver les collègues que nous n’avions pas vus depuis longtemps.
De telles manifestations sont importantes pour la promotion du riche patrimoine algérien. Elles offrent également une opportunité de mettre en valeur nos coutumes et traditions auprès des étrangers. L’acteur est le meilleur ambassadeur de son pays et a pour rôle de promouvoir tout ce qui concerne sa patrie.
Vous êtes apparue pendant le Ramadan 2026 dans plusieurs projets, mais El Mouhadjer a rencontré le plus grand succès et engouement. Que pensez-vous de votre expérience dans cette série ?
En effet, j’ai travaillé avec Reda City 16 plusieurs fois, notamment dans la série Liam et Sayed El Arjal, et si Dieu le veut, je travaillerais encore avec lui à l’avenir. Ce fut une expérience merveilleuse, tant du côté des techniciens que des acteurs : nous formions tous une seule famille.
Il y avait une grande harmonie entre les acteurs. Dans notre domaine, un bon acteur a tendance à garder ses astuces pour que sa scène soit meilleure, mais dans notre série, l’esprit de collaboration était présent. On voyait les grands acteurs expérimentés aider les autres : si l’un de nous pleurait, nous pleurions tous avec lui, et s’il riait, nous riions tous avec lui.
Pendant le tournage, vous êtes-vous dit que la série connaîtrait un tel succès ?
Pour ma part, je m’attendais au succès, car Reda City 16 est très sérieux lorsqu’il est aux commandes. Avant de commencer un projet, il effectue toujours une étude approfondie et les préparations durent des mois. Ce n’est pas de ceux qui travaillent en un mois sans préparation.
Ce projet a commencé à être préparé depuis le Ramadan dernier, lorsque la série Sayed El Arjal était diffusée. À ce moment-là, l’idée de El Mouhadjer existait déjà, et ils ont commencé à développer le scénario, qui est signé Manel Messaoudi. Ensuite, le casting a débuté pour choisir les artistes tout au long de l’été, car ils cherchaient la crème de la crème.
Justement, un mot par rapport au casting d’El Mouhadjer ?
Oui. Il faut savoir que certaines personnes ont été auditionnées mais écartées et d’autres ont été choisies. Le choix était difficile, car Reda a travaillé dur pour sélectionner des visages qui méritent et qui satisferont le public. Selon moi, chaque acteur dans El Mouhadjer a très bien travaillé et a donné le meilleur de lui-même.
Le réalisateur, Idriss Benchernine, était également incroyablement créatif. C’est une personne qui sait exactement ce qu’elle fait. Quant à Reda, il était totalement impliqué dans son travail et l’a maîtrisé. Tous ces efforts expliquent le merveilleux résultat que vous avez vu.
Les avis ont toujours été partagés concernant l’entrée des créateurs de contenu et des influenceurs dans le domaine du jeu d’acteur. Comment voyez-vous le fait qu’un influenceur ou un créateur de contenu joue aux côtés d’un grand artiste expérimenté dans ce domaine ?
Je ne suis pas contre cela, c’est une porte ouverte à tout le monde. Je serais contre uniquement si l’on faisait entrer des personnes qui n’ont aucune connaissance du domaine. Il faut les former et les entraîner avant de les intégrer.
C’est exactement ce que Reda City 16 a fait. Depuis le mois de juin, il les a entraînés, a fait appel à un coach pour eux et même le réalisateur Idriss les a formés en continu afin qu’ils atteignent le niveau requis.
Un mot sur Anya Hamimed et Hanaa Mansour, deux vedettes de la série ?
Je les adore ! Ce sont mes filles. Je les félicite en tant qu’actrices capables et bien élevées ; elles représentent l’avenir de l’Algérie, celui qui portera le flambeau après nous. Je leur prédis un avenir brillant. Elles auront un futur réussi et éclatant, car elles sont sensées et savent écouter les critiques et les conseils. Une personne qui sait écouter les conseils réussit dans sa vie.
Votre personnage à vous était très atypique. Dites-nous, comment Nora Ben Zerari a vécu le rôle de « Touta » ?
J’ai reçu le scénario, il y a quelque temps, et je l’ai lu. Le rôle m’a beaucoup plu, surtout que j’aime varier les rôles et ne pas me limiter à un seul. La preuve en sont mes différents rôles, notamment dans Hassla, une série comique écrite par Rabah Slimani et réalisée par Sofiane Hargous, ainsi que dans la série comique Digordi, écrite et réalisée par Amin Boumediene.
Le rôle de Touta m’était cher et proche de mon cœur. Je l’ai aimé avant même de l’interpréter et j’ai travaillé dur pour le rendre vivant. La grande harmonie entre les acteurs a rendu le travail encore plus facile, surtout entre moi et M. Tayeb Ben Naïja, qui jouait le rôle de mon mari, ainsi que mes « filles » Anya et Hanaa.
Reda City 16 veillait à nous réunir constamment pour que nous nous habituions les uns aux autres et que nous nous adaptions rapidement ensemble.
Dites-nous, avez-vous regardé d’autres séries ce Ramadan, hormis celles dans lesquelles vous avez joué ?
Honnêtement, je n’ai vu que quelques scènes ici et là, juste pour encourager mes collègues, que je salue d’ailleurs depuis Alger16. Ils ont fait un bon travail, pas mal du tout. Il y a quelques imperfections que je ne peux pas vraiment préciser, car les conditions de tournage étaient très difficiles. Nous avons travaillé dans toutes sortes de conditions : froid de l’hiver, chaleur, jour et nuit.
Je les félicite tous pour leur travail, qu’ils soient réalisateurs, producteurs, techniciens ou acteurs. Nous avons pris plaisir à tous les projets qui ont été réalisés. Et cela prouve que le drame et la comédie ont évolué en Algérie et que nous possédons désormais un groupe de bons acteurs, ainsi que de bons réalisateurs prometteurs.
Un dernier mot pour vos fans et nos lecteurs ?
Oui, je leur dis Aïd Moubarak ! Que Dieu protège notre pays et préserve les bonnes personnes où qu’elles soient.
A. Benhizia