
Tarik Bouarara, un artiste polyvalent, qui excelle en tant que comédien, scénariste et professeur de théâtre. Avec une passion pour la scène qui remonte à ses années de lycée, il a su transformer son talent en une carrière riche et prometteuse.
Entretien réalisé par Cheklat Meriem
Comment avez-vous découvert votre passion pour le théâtre et le cinéma ? Quel a été le déclic qui vous a poussé à en faire votre métier ?
J’ai toujours eu un certain talent pour la scène, mais c’est vraiment au lycée que j’ai pris conscience de ma passion. Un jour, on m’a demandé d’écrire un petit sketch, et j’ai accepté avec un mélange d’excitation et de nervosité. Lorsque j’ai présenté ce sketch, j’ai été surpris de voir à quel point le public riait. Cela m’a vraiment marqué et m’a encouragé à continuer.
Par la suite, j’ai formé une petite troupe avec des amis de classe, et nous avons commencé à créer des sketchs et des numéros ensemble. Certains de mes camarades ont abandonné, mais d’autres ont persévéré, et nous avons continué à travailler ensemble. Je me souviens que pour nos pièces, je volais souvent des draps et des vêtements à ma mère, ce qui la mettait en colère, mais j’étais déterminé à créer des costumes et des décors. C’est ainsi que ma passion pour le théâtre a pris racine, et j’ai compris que je voulais en faire non seulement une passion, mais aussi ma profession.
Vous êtes à la fois comédien, scénariste et professeur de théâtre. Comment parvenez-vous à jongler entre ces différentes facettes de votre carrière ?
Je suis avant tout comédien de formation, mais j’ai toujours eu une passion pour l’écriture. Depuis mon enfance, j’ai écrit des histoires, et cette passion m’a naturellement conduit vers le métier de scénariste. Pour moi, jongler entre ces différentes facettes n’est pas fatigant ; au contraire, cela me stimule. J’aime enseigner et transmettre mes connaissances.
Lorsque j’étais à l’école d’art dramatique, j’ai souvent eu l’occasion de donner des cours à la place de professeurs absents. Cela m’a permis de comprendre l’importance de la transmission des savoirs. Enseigner n’est pas donné à tout le monde, mais j’ai trouvé ma méthode pour le faire, et j’apprécie énormément cette interaction avec les élèves.
Y a-t-il un rôle ou un projet qui a marqué un tournant dans votre parcours artistique ?
Pour être honnête, je n’ai pas encore eu l’opportunité de jouer un rôle qui m’a véritablement marqué en tant que comédien. Chaque projet est une expérience enrichissante, mais je suis toujours en quête de ce personnage qui pourrait vraiment me définir et marquer un tournant dans ma carrière. Peut-être qu’un jour, cela viendra, Inch’Allah.
Quels sont les défis majeurs auxquels un acteur en Algérie est confronté aujourd’hui ?
Les défis pour un artiste en Algérie sont nombreux et variés. Un comédien doit constamment s’affirmer et se battre pour sa place dans un milieu souvent difficile. Il doit non seulement défendre sa profession, mais aussi croire en son avenir et en ses rêves. Bien que cela soit un défi universel pour les artistes, la situation en Algérie présente des obstacles supplémentaires qui rendent la lutte encore plus ardue.
Vous avez évolué dans le monde du théâtre avant de vous faire un nom à la télévision. Quelle est, selon vous, la principale différence entre jouer sur scène et jouer devant une caméra ?
Le théâtre et le cinéma sont deux mondes très différents. Sur scène, l’interaction directe avec le public est essentielle. Chaque représentation est unique, car elle dépend de la réaction du public. En revanche, jouer devant une caméra nécessite une approche différente, où l’on doit souvent se concentrer sur des détails plus subtils, car l’émotion est captée par l’objectif. Les deux disciplines ont leurs propres défis et plaisirs.
Vous faites partie du casting de «Sid Rjel», une série très attendue. Pouvez-vous nous parler de votre rôle et de ce qui vous a attiré dans ce projet ?
Dans «Sid Rjel», mon rôle est assez différent de ce que le public a l’habitude de me voir jouer. Je joue un personnage complexe, un bandit au cœur tendre, dont la principale motivation est de protéger les enfants. Ce rôle dramatique m’a attiré parce qu’il offre une profondeur émotionnelle que je n’avais pas encore explorée. C’est un défi que je suis heureux de relever.
Le Ramadan est une période où les séries algériennes sont très suivies. Ressentez-vous une pression particulière en jouant dans une production diffusée durant cette période ?
Évidemment, jouer dans une série diffusée pendant le Ramadan apporte son lot de pression, surtout avec les attentes du public. Dans le cadre de «Sid Rjel», j’ai également joué le rôle de coach pour certains comédiens, ce qui a ajouté une dimension supplémentaire à mon engagement dans le projet. J’ai aussi eu l’occasion d’arranger certains dialogues et de créer des situations dans le script, ce qui m’a permis de m’impliquer encore plus.
Comment s’est passée votre collaboration avec l’équipe de «Sid Rjel» ? Y a-t-il une anecdote de tournage qui vous a marqué ?
La collaboration avec l’équipe de «Sid Rje» a été très positive. Les membres de l’équipe étaient incroyablement coopératifs, bien que le rythme de travail ait été intense. Nous avons souvent tourné jusqu’à 18 heures par jour, parfois même 24 heures d’affilée. C’était épuisant, mais voir le résultat final et l’enthousiasme du public a été gratifiant. Une anecdote mémorable était un moment de camaraderie où, malgré la fatigue, nous avons tous ri ensemble après une scène particulièrement difficile.
Quels sont vos prochains projets ? Peut-on s’attendre à vous voir dans de nouvelles productions après «Sid Rjel»?
Je travaille actuellement sur plusieurs projets, tant au cinéma qu’à la télévision, ainsi qu’au théâtre. Il y a des idées qui commencent à prendre forme, et Inch’Allah, dès que tout sera prêt, je serai ravi de partager ces nouvelles productions avec le public.
Vous avez une expérience en tant que scénariste. Avez-vous des projets d’écriture en cours ou aimeriez-vous un jour réaliser votre propre film ou série ?
Actuellement, j’ai plusieurs scripts en cours que j’aimerais terminer. L’écriture est une passion pour moi, et je rêve de réaliser un jour mon propre film ou une série. J’espère pouvoir concrétiser ces projets dans un avenir proche et partager mes visions avec le public.
Le paysage audiovisuel algérien évolue rapidement. Quelles améliorations seraient nécessaires, selon vous, pour faire avancer l’industrie du cinéma et des séries en Algérie ?
L’industrie audiovisuelle en Algérie évolue à un rythme prometteur. Je constate une nette amélioration de la qualité des images et des sons par rapport aux années précédentes. Cependant, il reste du chemin à parcourir, notamment en ce qui concerne les sujets abordés et le développement des talents. Nous sommes sur une nouvelle vague, et je suis optimiste quant à l’avenir.
Quel conseil donneriez-vous aux jeunes acteurs et scénaristes algériens qui souhaitent percer dans ce métier ?
Mon conseil aux jeunes comédiens et scénaristes est de ne jamais abandonner. Ce métier est exigeant et il faut beaucoup de travail et de persévérance pour réussir. La gloire ne vient pas du jour au lendemain. Il est essentiel de rester déterminé et de continuer à se former. Plus le chemin est difficile, plus il est gratifiant de voir ses efforts porter leurs fruits.
Ch. M.
