
L’innovation et les start-up se sont imposées comme l’un des grands axes de l’IATF, reflétant la volonté de l’Algérie de s’inscrire dans la dynamique africaine du progrès technologique. À cette occasion, Alger 16 a eu l’honneur de rencontrer M. Nadir Azizi, directeur général de l’ANDVERDT, pour évoquer la valorisation de la recherche et les opportunités offertes aux jeunes entrepreneurs.
Entretien réalisé par G. Salah Eddine
Alger16 : Vous participez à la Foire du commerce intra-africaine (IATF). Quel est l’objectif de la présence de l’Agence nationale de la valorisation des résultats de la recherche et du développement technologique (ANDVERDT) à cet événement ?
Nadir Aziz : Notre mission principale est de valoriser les résultats issus des projets de recherche scientifique, d’assurer le transfert technologique et de promouvoir les brevets, ainsi que les idées innovantes. Ici, à l’IATF, nous mettons en avant les projets de recherche arrivés à maturité, afin de les faire découvrir à de potentiels partenaires africains. Ces projets répondent à différentes problématiques et proposent des solutions innovantes. L’un de nos objectifs est également de favoriser la connectivité et le networking entre chercheurs africains et chercheurs algériens.
Avez-vous déjà établi des contacts concrets avec d’autres chercheurs africains dans ce cadre ?
Oui, nous avons déjà eu des discussions avec des chercheurs de plusieurs pays comme le Nigeria, le Kenya et l’Afrique du Sud. L’idée est de développer des projets communs entre l’Algérie et d’autres universités africaines, en mettant en avant nos axes stratégiques, tels que la sécurité alimentaire, la sécurité sanitaire et la sécurité énergétique. Ces trois dimensions placent le citoyen au centre des préoccupations et nous essayons de bâtir des ponts de coopération entre universités, incubateurs, institutions publiques et privées, afin de favoriser l’externalisation des projets innovants sur le marché africain.
Concrètement, avez-vous également établi des liens avec des partenaires industriels ou des multinationales ?
Effectivement, nous avons eu des contacts avec des groupes et des filiales multinationales, notamment au Nigeria, dans le cadre de projets liés à l’environnement et à la recherche appliquée. Ces discussions portent sur le transfert écologique de solutions issues de nos centres de recherche. Nous impliquons aussi les start-up, invitées à présenter leurs produits innovants dans nos espaces, afin de leur offrir de réelles perspectives de développement, aussi bien en Algérie qu’à l’échelle africaine.
Justement, la Foire africaine du commerce représente-t-elle une opportunité pour les start-up algériennes ?
Absolument. Quand je parle de start-up, je parle de scalabilité et de pénétration de nouveaux marchés africains, qui sont porteurs et pleins de besoins. Les start-up algériennes ont un avantage comparatif : la proximité géographique, qui réduit les coûts logistiques et facilite le suivi opérationnel. En participant à ce type d’événement, elles peuvent démarcher de nouveaux clients, partager leurs expériences avec d’autres start-up africaines et multiplier les opportunités d’exportation de produits et services innovants. L’IATF constitue ainsi une véritable plateforme de projets communs et d’échanges stratégiques.
Quels sont les principaux défis rencontrés par les jeunes entrepreneurs et les start-up que vous accompagnez ?
Plus que des difficultés, je parlerai de points à améliorer. L’accès aux financements reste un enjeu majeur, tout comme la nécessité de renforcer les campagnes d’accompagnement et de formation à la création d’entreprises. Il est également essentiel de développer des réseaux entre start-up pour qu’elles puissent échanger et coopérer davantage. Enfin, chaque start-up doit apprendre à construire sa propre campagne de communication et de marketing digital afin de mieux se positionner sur le marché.
Avez-vous identifié au sein de l’IATF une nouvelle génération d’entrepreneurs capables d’apporter des solutions concrètes aux défis africains ?
Oui, sans aucun doute. Nous voyons émerger de nombreuses solutions qui répondent non seulement aux besoins nationaux, mais aussi continentaux et même internationaux. Il y a un potentiel énorme chez nos jeunes chercheurs et porteurs de projets. L’avenir est clairement à cette jeunesse algérienne, innovante et dynamique, qui propose des solutions compétitives, qu’il s’agisse de produits ou de services.
Enfin, quel rôle attribuez-vous à l’Algérie en tant qu’hôte de cette édition de l’IATF, notamment dans le soutien à son écosystème de start-up ?
L’Algérie est aujourd’hui un pôle d’innovation d’excellence. Nous disposons d’un écosystème structuré et reconnu, comme le montrent les différents classements internationaux. Nous avons un vivier de brevets, de marques industrielles déposées et d’institutions telles que l’INAPI ou l’OUI qui permettent de protéger nos inventions à l’échelle internationale via le système PCT. Ce potentiel existe déjà, il est là aujourd’hui, et il constitue la preuve que notre futur repose sur l’innovation et l’ingéniosité de nos chercheurs et entrepreneurs.
G. S. E.
