
Le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Abdelmalek Tacherift, accompagné du recteur de Djamaâ El Djazaïr, Mohamed Maâmoune Al-Kacimi Al-Hoceini, a inauguré lundi dernier une conférence à Djamaâ El Djazaïr à l’occasion du 64e anniversaire de la Fête de la Victoire (19 mars 1962), centrée sur le thème «Gloires éternelles et victoires renouvelées ».
Le Musée national des moudjahidine, en coordination avec le Musée de la civilisation islamique de Djamaâ El-Djazaïr, a organisé cette conférence, rassemblant des moudjahidine, enseignants, chercheurs, étudiants, intellectuels et journalistes.
Lors de son allocution, M. Tacherift a rappelé que la célébration de la Fête de la Victoire ne se limite pas à un hommage au passé, mais constitue un moment historique mobilisateur, source de détermination pour relever les défis du présent et poursuivre la renaissance nationale. Il a souligné que l’Algérie triomphante, sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune, continue de consolider ses acquis et d’inscrire ses succès dans un progrès durable, mettant le bien-être des citoyens au cœur de ses priorités.
Le ministre a également mis en avant le rôle clé de l’Armée nationale populaire (ANP), héritière légitime de l’Armée de libération nationale (ALN), garante de la sécurité nationale et de la souveraineté de l’État.
Pour sa part, le recteur de Djamaâ El-Djazaïr a insisté sur l’importance de préserver la mémoire nationale et de transmettre aux jeunes générations les leçons de la Révolution. « Dans un monde turbulent, marqué par la mondialisation, il est essentiel que la fierté des Algériens pour leurs accomplissements historiques devienne un outil éducatif et culturel permanent, un prolongement du serment des martyrs », a-t-il affirmé.
La conférence a débuté par la projection d’un documentaire sur l’anniversaire, suivie du témoignage du moudjahid Chérif Ouchia et des exposés de professeurs spécialisés, qui ont rappelé l’importance de cette étape historique et le rôle des négociations d’Évian dans la consolidation de l’indépendance.
Par la suite, des professeurs spécialisés ont donné des exposés soulignant l’importance de cette étape historique qui a célébré les triomphes du peuple algérien contre la colonisation, ainsi que la perspicacité du négociateur algérien lors des discussions d’Evian.
Cet hommage souligne que la Fête de la Victoire demeure un pilier de la mémoire nationale et un levier pour inspirer les générations actuelles et futures dans la construction d’une Algérie fière et résiliente.
Abir Menasria
La lumière de la liberté
L’Algérie célèbre aujourd’hui une date importante et cruciale. La déclaration du cessez-le-feu entre l’Algérie et la France, marquant le début des négociations, constitue un grand accomplissement pour le peuple algérien. Il a été convenu que cet accord entrerait en vigueur dans tout le pays à partir du lundi 19 mars 1962 à midi.
Après 132 ans d’usurpation de la souveraineté d’un État entier, de son histoire, de sa géographie, de son peuple et de ses traditions, avec ses femmes et ses hommes soumis à la répression, à l’humiliation et à l’injustice par la France, il est désormais clair qu’aucun régime injuste ne dure éternellement. Comme toute chose a une fin, les signes de la chute de l’oppresseur cruel se sont manifestés dans notre chère Algérie.
Le soleil de la liberté a brillé ce jour béni, symbole de l’approche de l’indépendance, lorsque le cessez-le-feu entre le Gouvernement provisoire et la France est entré en vigueur, après la signature des Accords d’Évian le 18 mars 1962. Ces accords ont marqué la fin des opérations militaires et de la lutte armée sur le sol algérien, ouvrant ainsi un nouveau chapitre de liberté et de souveraineté nationale.
L’accès à ce jour historique a été un chemin ardu, pour lequel l’Algérie a payé le prix des martyrs dans une révolution unique à travers l’histoire des peuples.
Le Front de libération nationale (FLN) s’est distingué par une approche claire, équilibrant les actions militaires à l’intérieur du pays et les activités politiques et diplomatiques. Il a veillé à maintenir ouvertes les voies de communication, y compris les contacts secrets répétés entre 1956 et 1959, bien qu’ils n’aient pas donné de résultats significatifs en raison de la mauvaise foi du colonisateur et de ses tentatives pour amener les dirigeants de la révolution à accepter d’abord le cessez-le-feu, puis à entrer en négociations.
Cependant, les dirigeants de la révolution algérienne ont fait preuve d’une intelligence exceptionnelle grâce à leurs victoires militaires, leur succès dans la mise en lumière de la question algérienne à l’international et leur capacité à déjouer les manœuvres de De Gaulle, telles que « l’échelle des braves », « la troisième force », le « projet de Constantine » et le « plan Charles ».
Ces succès ont contraint le FLN à pousser la France, et particulièrement De Gaulle, à entamer des négociations officielles avec le Gouvernement provisoire, comme en témoigne le discours prononcé par De Gaulle le 14 juin 1960.
Le 25 juin 1960, le Gouvernement provisoire a chargé Messieurs Mohamed Seddik Benyahia et Ahmed Boumendjel de mener des pourparlers avec la France dans la ville de Moulins. Ces négociations, qui ont duré quatre jours, ont échoué en raison de l’insistance des Français sur un cessez-le-feu sans engagement de véritables négociations.
Cependant, les événements ultérieurs, tels que les manifestations du 11 Décembre, ont contraint le gouvernement de De Gaulle à revenir à la table des négociations, cette fois à l’initiative de la Suisse, représentée par Olivier Long.
Les négociations d’Évian devaient initialement débuter le 7 avril 1961, mais plusieurs événements ont entraîné leur report, dont une tentative d’assassinat de De Gaulle par des généraux opposés à l’indépendance de l’Algérie et la création de l’Organisation de l’armée secrète française (OAS).
Enfin, le 20 mai 1961, à Évian, les deux parties se sont rencontrées lors de sessions qui n’ont pas abouti à des résultats, en raison de l’insistance de la France à séparer le Sahara et à imposer la double nationalité aux Français d’Algérie.
Le Gouvernement provisoire n’a entamé ses contacts qu’après avoir obtenu la reconnaissance par Charles de Gaulle, le 5 septembre 1961, de la souveraineté de l’Algérie sur son Sahara.
Après les négociations qui se sont déroulées à Le Ross entre le 11 et le 19 février 1962 et l’approbation par le Conseil national de la Révolution algérienne du projet de négociations, celles-ci sont entrées dans leur phase finale à la date officielle du 8 août 1961.
Le Gouvernement provisoire a exprimé son désir de reprendre officiellement les négociations à Évian, en France, où Krim Belkacem, Saâd Dahlab, Mohamed Seddik Benyahia, Lakhdar Bentobal, M’hamed Yazid, Ammar Benouda, Réda Malek et Seghir Mostefaï ont rencontré la délégation française dirigée par Louis Joxe, lors d’une dernière série de pourparlers s’étendant du 7 au 18 mars.
Cette série s’est conclue par la signature des accords d’Évian et la mise en œuvre du cessez-le-feu le 19 mars 1962.
Cependant, les Algériens n’ont pas pu célébrer ce jour historique par crainte des attaques de l’OAS, et la joie de l’indépendance a été reportée jusqu’au 5 juillet 1962, date de l’annonce officielle de l’indépendance de l’Algérie.
Cette journée est également celle de commémoration et de réflexion sur la mémoire des victimes civiles et militaires tombées sur le champ de bataille, afin que l’Algérie vive libre et indépendante et que son peuple vive dans la fierté et la dignité.
En vertu de la loi du 6 décembre 2012, le 19 mars a été désigné comme Journée nationale de commémoration et de réflexion sur la mémoire des victimes civiles et militaires, afin que l’Algérie vive libre et que son peuple conserve sa dignité.
Il est de notre devoir aujourd’hui de transmettre notre histoire aux générations futures afin qu’elles n’oublient pas les sacrifices de nos martyrs, qui ont donné leur vie pour recouvrer l’indépendance dont nous jouissons aujourd’hui… Gloire et éternité à nos martyrs héroïques.
Amira Benhizia
