
Rien ne va plus à l’USM El Harrach. Deux défaites de suite, stade saccagé, lourdes sanctions en vue de la Ligue, président démissionnaire, équipe démobilisée, staff technique horrifié…
Les banlieusards seraient-ils frappés par la malédiction de fin de saison ?
En effet, l’USM El Harrach n’est pas à sa première désillusion, tout près du but qu’est l’accession. Cette saison ressemble étrangement à l’exercice dernier qui a vu le club subir des rebondissements qui ont fini par anéantir tant d’espoirs de revoir les Jaune et Noir à nouveau parmi l’élite. Certes, rien n’est encore perdu, surtout avec les play-offs en vue, mais la suite est loin de s’organiser dans la sérénité voulue qui aiderait à réaliser ce vœu nourri par tout un peuple. La dernière défaite concédée le week-end dernier contre l’ASM Oran à domicile a fait plus que troubler la quiétude de l’équipe, des fans, mais aussi de la direction du club. Le président, Salim Rebah, a annoncé de la manière la plus catégorique sa démission devant les médias. «Je suis officiellement démissionnaire. Que ceux qui sont derrière toute cette machination viennent reprendre le club. Malgré tout, l’USMH est toujours 2e et on est toujours qualifiés pour les play-offs. On a travaillé dans des conditions très difficiles et on a fait tout ce qu’on pouvait, on a subi de terribles pressions, mais qu’on arrive à nous menacer chez nous ou sur notre lieu de travail, ça devient insupportable», a déclaré Salim Rebah. «C’est une défaite vraiment amère et on ne s’attendait pas à perdre ce match à domicile. Mais ils savaient déjà que quel que soit le résultat de ce match, on était démissionnaire. Les gens induits dans le tort ne le savent peut-être pas mais que tout le monde sache que l’USMH est interdit de sponsors et le compte bancaire du club est bloqué. On a dépensé tout de notre argent depuis le mois d’octobre. Et quand une subvention minime nous parvient, des créanciers la guettent avec des attestations de saisine. Personne n’acceptera de travailler dans ces conditions. Et ma décision de démissionner est irrévocable», tranchera le boss harrachi juste après les graves incidents qui ont marqué la rencontre de l’ASMO qui a vu le stade des Eucalyptus dévasté.
En attendant le détail des sanctions de la Ligue, il va sans dire que l’équipe ne sera plus autorisée à jouer sur ce terrain désormais fermé pour restauration. Il faudra donc songer à un stade de substitution et ce sera certainement à huis clos que l’USMH aura à recevoir ses derniers adversaires dans cette ligne droite au bout de laquelle pointe le dernier clap du championnat. Un souci de plus pour le staff technique, à sa tête le tout nouveau débarqué Liamine Boughrara qui peinera certainement à d’abord se rassurer, mais aussi à remobiliser les troupes en l’absence de la direction démissionnaire, mais aussi face à la crise financière, source de tous les malheurs qui affectent le club. L’USMH a pourtant une belle carte à jouer. Avec un prochain match à sa portée contre un relégable, la JS Tixeraïne. Une victoire pourrait bien ramener un petit apaisement, en attendant mieux. Des voix commencent en tout cas à s’élever dans ce sens, notamment celle de Tarek Ghoul, le coordinateur de l’équipe, qui dit clairement son souhait de voir le président démissionnaire revenir sur sa décision. «On ne peut que comprendre une telle réaction face aux événements qui secouent le club, mais j’espère que la décision de Rebahi ne sera que momentanée», a-t-il confié dans son entourage. Et c’est la grande question qui reste posée, pour le moment. Salim Rebahi consentira-t-il à reconsidérer sa décision de démissionner ? Ce n’est pas exclu, laissent suggérer des voix proches du président démissionnaire.
Djaffar C.
