
Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, M. Chems-Eddine Hafiz, a affirmé samedi dernier, lors d’une émission diffusée sur les ondes de la Radio nationale, consacrée à la récente visite historique, première du genre en Algérie, du pape Léon XIV, que cette séquence marque un tournant symbolique majeur dans la manière dont le dialogue entre religions et nations peut désormais s’incarner dans des espaces de coopération apaisée.
Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, les fractures religieuses et les recompositions diplomatiques, la récente visite du Pape Léon XIV en Algérie s’impose déjà comme un moment charnière. Au-delà de son caractère symbolique, cet événement inédit, premier du genre, semble désormais s’inscrire dans une lecture plus large, à la croisée de la diplomatie religieuse, du dialogue interreligieux et des équilibres internationaux.
C’est dans cette perspective que le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, est revenu sur la portée de cette visite, affirmant que c’est un moment fort, porteur d’un message universel dépassant les cadres traditionnels de la diplomatie classique. Il a ainsi souligné que cette rencontre a été marquée par des valeurs fondamentales, à savoir la paix, la fraternité et le respect mutuel entre les peuples et les nations.
Cette visite a porté sur le discours de la paix, de la fraternité, du respect des peuples, du respect d’autrui et du respect des nations, ce qui a suscité autant de réactions politiques et médiatiques de par le monde, reconnaissant à l’Algérie, la qualité de pays vecteur et curseur de stabilité, d’apaisement et de sérénité.
Dans un monde où les tensions identitaires et religieuses se multiplient, l’Algérie apparaît ainsi, selon plusieurs observateurs, comme un acteur capable de proposer une approche alternative fondée sur le dialogue et la coexistence pacifique. Une orientation que le recteur de la Grande Mosquée de Paris a d’ailleurs explicitement soulignée en évoquant la portée symbolique des messages transmis lors de cette visite.
« Des leçons ont été données par l’Algérie en termes de symbolique, en termes de messages, même des messages subliminaux », a relevé le recteur de la Grande Mosquée de Paris, M. Chems-Eddine Hafiz, ajoutant « qu’en Algérie, on pourrait porter les messages de ces deux dates du 12 et 13 avril pour que le monde puisse développer une vraie stratégie du dialogue interreligieux, à la fois sur le plan diplomatique et géopolitique, et montrer que l’Algérie est le fer de lance d’une nouvelle dynamique internationale et une alternative qui serait bien perçue, puisque le pape lui-même s’inscrit dans cette dynamique ».
À travers cette analyse, M.Chems-Eddine Hafiz met en évidence une évolution notable du rôle de l’Algérie sur la scène internationale. Le pays ne se limite plus à une position d’observateur ou de médiateur ponctuel, mais tend à s’affirmer comme un acteur structurant dans la promotion du dialogue interreligieux et de la paix universelle.
Il a ainsi expliqué que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a placé l’Algérie dans la plus grande dimension du dialogue interreligieux pour la paix universelle à travers cet événement, traduisant une orientation diplomatique assumée fondée sur la promotion de la stabilité internationale.
Dans cette dynamique, l’intervention du pape à Djamaâ El Djazaïr revêt également une dimension particulière. Pour Chems-Eddine Hafiz, il est essentiel d’analyser le contenu de ce discours, qui dépasse largement le cadre religieux.
Evoquant l’envergure de l’évènement, M. Hafiz a appelé à revisiter le discours du pape lors de sa visite à Djamaâ El Djazaïr, notant que « le pape a une double dimension, à la fois politique, mais en même temps religieuse. Donc, quand il s’adresse au peuple algérien, il s’adresse aussi aux peuples du monde. C’est important de rappeler qu’aujourd’hui, cela se passe au moment où les relations internationales sont difficiles ».
Dans cette perspective, la visite du pape prend une dimension stratégique, en particulier dans un contexte marqué par la multiplication des conflits et des tensions internationales.
« Le message du pape Léon XIV en Algérie est à la fois important pour le concert des Nations, mais en même temps pour notre avenir. Que voulons-nous sur cette planète qui est la nôtre à tous ? Comment allons-nous vivre dans les années à venir? », s’est-il interrogé.
Une séquence historique aux implications géopolitiques
De son côté, Badis Khenissa, expert en relations internationales, a également souligné la portée majeure de cette visite, mettant en avant la convergence entre les discours du président de la République et du pape autour des notions de paix, de coexistence et du vivre-ensemble.
Selon lui, cette visite dépasse largement le cadre protocolaire habituel pour s’inscrire dans une véritable séquence historique susceptible d’influencer les équilibres internationaux.
« Au-delà d’une séquence diplomatique, c’est une séquence historique qu’il faut effectivement capitaliser. Le choix de l’Algérie comme premier lieu de ce périple en Afrique n’est pas anodin », a-t-il relevé, ajoutant qu' »un Etat comme l’Algérie, une grande civilisation, offre une force, une force positive, une force politique, une force citoyenne, une force géopolitique au service de l’humain ».
Cette lecture géopolitique de l’événement renforce l’idée selon laquelle l’Algérie s’impose progressivement comme un acteur central dans la promotion d’une diplomatie de paix, fondée sur l’histoire, la culture et les valeurs universelles.
L’expert a également évoqué la portée symbolique de la visite du pape sur les terres ayant vu naître saint Augustin, ainsi que l’héritage de l’Emir Abdelkader, deux figures majeures ayant marqué l’histoire du dialogue interreligieux et de la coexistence entre les peuples.
Evoquant la visite du pape sur les lieux qui ont vu naître et évoluer saint Augustin, le même expert a rappelé également l’œuvre de l’Emir Abdelkader, « deux figures qui ont transcendé le dialogue universel et interreligieux », ajoutant que « ce qui se fait aujourd’hui, ce qui s’est fait dans cette étape, affirme que l’Algérie, pays de positions franches, louables, vertueuses, mais surtout sage et raisonnée, a démontré au monde entier qu’aujourd’hui, il s’agit d’une consécration, c’est une reconnaissance, notamment d’un Etat religieux, d’un Etat moral qui est le Vatican, mais aussi de la planète pour dire que l’on peut en faire un tremplin pour apporter un apaisement, une certaine sérénité dans un monde en trouble ».
Une haine viscérale des médias français
Dans la continuité des analyses consacrées à la portée internationale de la récente séquence diplomatique, une émission a également élargi le débat à un autre terrain sensible : celui du traitement médiatique de l’événement à l’échelle mondiale et plus particulièrement en France. L’émission qui est revenue sur la couverture médiatique de l’évènement à l’échelle mondiale s’est penchée sur le traitement hystérique de certains médias français qui s’exprimaient avec une haine viscérale. Dans ce climat de tension médiatique, plusieurs intervenants ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une dérive du discours public, marqué par des excès de langage et une absence de recul analytique.
D’ailleurs, on a vu quelques arguments sur des plateaux-télé où on frôle le ridicule, on frôle vraiment la psychiatrie. « Donc, on voit bien que c’est le fruit, encore une fois, d’une vision archaïque. Or, l’Algérie, aujourd’hui, rayonne à travers ses actions et à travers ce type de jalon diplomatique, n’en déplaise à ces mauvaises langues, n’en déplaise à cette toxicité, notamment répandue en France », ont relevé les participants à cette émission qui ont hautement salué la réactivité médiatique professionnelle des quatre coins du monde.
Au-delà de cette polémique médiatique, les intervenants ont surtout insisté sur ce qu’ils perçoivent comme une dynamique positive et structurante autour de l’image de l’Algérie sur la scène internationale. Une image construite, selon eux, sur la stabilité institutionnelle, la cohésion nationale et une stratégie diplomatique assumée.
« Encore une fois, l’Algérie, debout par la force de ses institutions, de l’unité de son peuple, de la vision de son Président, de sa valeureuse armée, sa colonne vertébrale, écrit son histoire et construit son avenir. Un avenir d’abord de l’Algérie, un avenir aussi collectif avec les puissances amies », a-t-on conclu.
Dans cette lecture, la séquence dépasse largement le simple cadre médiatique : elle devient un révélateur des tensions narratives autour de la place de l’Algérie dans le monde contemporain, entre perceptions extérieures critiques et affirmation d’un discours national de souveraineté et de projection internationale.
Une nouvelle dynamique diplomatique
Ainsi, cette visite est un tournant diplomatique majeur pour l’Algérie. Elle consacre non seulement son rôle historique dans la promotion du dialogue interreligieux, mais ouvre également la voie à une nouvelle dynamique internationale fondée sur la paix, la tolérance et la coopération entre les peuples.
Dans un monde marqué par l’incertitude et les fractures, cette séquence diplomatique pourrait bien constituer le début d’une nouvelle approche des relations internationales, où la dimension morale et spirituelle retrouve une place centrale dans la construction de la paix mondiale. Car au-delà du symbole, cette visite pose une question fondamentale pour l’avenir : celle du rôle que peuvent jouer les nations porteuses d’histoire et de valeurs dans la construction d’un monde plus stable. Et à en croire les réactions internationales, l’Algérie semble désormais prête à assumer pleinement cette responsabilité.
G. S. E.
