De Sidi Abd al-Rahman al-Thaâlibi à Ahmed Ben Youssef al-Melliani : Le patrimoine scientifique et spirituel de savants algériens

Le Centre culturel de la Grande Mosquée d’Alger a organisé un colloque national intitulé : «Les grandes figures de l’Algérie : notre patrimoine à travers les parcours de nos illustres savants »., tenu hier au sein du Centre culturel de la Grande Mosquée d’Alger.

Placée sous le patronage de Monsieur le Recteur de la Grande Mosquée d’Alger, le Cheikh Mohamed El-Maamoun El-Kacimi El-Hassani, cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la double célébration de la Journée du savoir et du Mois du patrimoine. Le Centre culturel accueille ainsi les travaux d’un second colloque intitulé «Les grandes figures de l’Algérie : notre patrimoine à travers les parcours de nos illustres savants ».
Les travaux de ce colloque, organisés sous le thème « Lorsque le savoir est réduit à un seul angle… La science se perd : réhabiliter la dimension scientifique dans l’héritage des savants algériens », se sont déroulés en présence d’un large panel d’enseignants, de chercheurs et d’étudiants.
Le colloque a abordé la contribution du patrimoine scientifique et juridique de deux figures majeures, le savant Abd al-Rahman al-Thaâlibi et Ahmed Ben Youssef al-Melliani, dans la formation de la référence intellectuelle en Algérie. Il a également examiné les moyens de relire leurs parcours au-delà des stéréotypes, afin de mettre en valeur leur projet scientifique et leur méthodologie juridique, considérés comme des piliers de l’islam social et de l’enracinement du savoir.
Les échanges se sont articulés autour de plusieurs axes, notamment la problématique de la réduction dans la lecture des figures savantes et ses effets, la méthodologie de relecture du patrimoine entre vérification et équité, ainsi que l’étude de la dimension scientifique chez Abd al-Rahman al-Thaâlibi à travers sa pensée et sa production intellectuelle. Une lecture approfondie du parcours d’Ahmed Ben Youssef al-Rachdi al-Melliani a également été proposée, mettant en avant sa production scientifique et sa dimension juridique.
Le colloque a ainsi visé à réhabiliter la dimension scientifique dans le patrimoine des savants algériens, à déconstruire les lectures réductrices dans la mémoire collective, à proposer une approche scientifique équilibrée des deux figures, à mettre en lumière le rôle de l’école scientifique algérienne dans la construction de l’identité religieuse et culturelle, et à encourager la recherche académique et les études critiques autour du patrimoine national.

La place des savants algériens
Dans son allocution d’ouverture, Monsieur le Recteur de la Grande Mosquée d’Alger, le Cheikh Mohamed El-Maamoun El-Kacimi El-Hassani, a souligné la place historique et scientifique des savants algériens, ainsi que leur rôle dans la construction de la pensée et de la société à travers leurs contributions dans les domaines du fiqh, de l’exégèse, de la langue et de la réforme. Il a rappelé que l’école scientifique algérienne constituait un espace intégré, réunissant savoir et action, et ayant façonné un savant porteur d’un message réformateur ancré dans la réalité sociale.
Le recteur a également appelé à une relecture scientifique équilibrée du patrimoine des savants algériens, loin des stéréotypes réducteurs, en affirmant que la référence religieuse nationale est le fruit d’une accumulation historique profonde, construite par l’enseignement, la production intellectuelle et l’encadrement social, et non le produit de circonstances conjoncturelles.
Il a également mis en avant le rôle central des mosquées, des zaouïas et des institutions scientifiques dans l’ancrage d’une méthodologie équilibrée conciliant texte et compréhension, fiqh et finalités, savoir et utilité sociale. Il a rappelé que les savants algériens ont constitué une chaîne continue dans la construction de l’identité religieuse et intellectuelle du pays, contribuant à l’enracinement d’une conscience modérée et authentique.
Par ailleurs, il a évoqué des figures majeures telles que Abd al-Rahman al-Thaâlibi et Abou al-Abbas Ahmed Ben Youssef al-Melliani, appelant à approfondir l’étude de leurs contributions scientifiques et pédagogiques au-delà de leur seule dimension spirituelle. Il a également considéré ce colloque comme un espace de dialogue scientifique entre chercheurs et un levier pour renforcer les études critiques du patrimoine algérien. Dans le même esprit, il a plaidé pour l’intégration de cet héritage dans le système éducatif afin de renforcer le lien des générations avec leur histoire scientifique et de consolider leur identité. Il a souligné que la valorisation de ce patrimoine contribue à former un citoyen conscient, équilibré et capable d’interagir avec les mutations contemporaines.
Enfin, il a salué les efforts des institutions scientifiques et culturelles, notamment le Centre culturel de la Grande Mosquée d’Alger, pour l’organisation régulière de telles rencontres.

Plusieurs sessions de savoir au menu
Les travaux du colloque se sont ensuite poursuivis à travers plusieurs sessions scientifiques consacrées aux grandes figures de l’Algérie. La première session, dédiée à Abd al-Rahman al-Thaâlibi et présidée par le professeur Miftah Bekhouch, a donné lieu à des communications sur ses valeurs éducatives, scientifiques et éthiques à travers ses manuscrits, notamment Riyad al-Salihin et Tuhfat al-Muttaqin. Une autre intervention a mis en lumière la personnalité du savant et son rôle central dans les centres scientifiques algériens.
La deuxième session, consacrée à Ahmed Ben Youssef al-Rachdi al-Melliani et présidée par le professeur Elias Amrouche, a accueilli plusieurs communications portant sur sa place dans les sources de recherche et sur son univers spirituel et scientifique. Les intervenants ont retracé son parcours intellectuel et son influence soufie, soulignant le rôle de sa zaouïa comme institution scientifique et sociale ayant marqué l’histoire régionale.
Le colloque s’est clôturé par des échanges avec le public autour des thématiques abordées, avant la remise des certificats de participation aux intervenants et participants.
Ce colloque confirme ainsi la vitalité d’un patrimoine intellectuel encore profondément ancré dans la mémoire nationale et toujours porteur de clés de lecture pour le présent.
Entre transmission et réinterprétation, il rappelle que l’histoire du savoir en Algérie reste un chantier vivant, loin d’être refermé.
Amira Benhizia

ALGER 16 DZ

You May Like

Alger 16

Le quotidien du grand public

Édité par: Sarl bma.com

Adresse: 26 rue Mohamed El Ayachi Belouizdad

Adresse du journal: 5-7 Rue Sacré-coeur Alger Centre

E-mail:alger16bma@gmail.com

Numéro de téléphone: 021 64 69 37