
Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, M. Lotfi Boudjemaa, a présidé, samedi dernier, au siège de l’École supérieure de la magistrature (ESM) de Koléa, dans la wilaya de Tipasa, la cérémonie solennelle de sortie de la 29e promotion des élèves magistrats.
Baptisée au nom du défunt magistrat Mohamed Boucena, la cérémonie s’est déroulée en présence de hauts responsables de l’État ainsi que de représentants de diverses instances et institutions nationales. Cette nouvelle promotion compte 482 magistrats qui viennent d’achever un cursus rigoureux, ayant bénéficié d’une formation de haut niveau selon un programme académique complet englobant une solide formation théorique dispensée au sein de l’École et des stages pratiques effectués au niveau des juridictions, des institutions publiques et des corps rattachés au secteur de la justice.
Prenant la parole lors de cet événement, le garde des Sceaux a tenu à rappeler devant les diplômés « la noblesse des missions incombant aux magistrats pour rendre justice et protéger les droits et libertés, exigeant un respect strict des valeurs de la justice et de la déontologie de la magistrature ». M. Boudjemaa a souligné à ce propos que l’aboutissement de ce cursus constitue « l’un des fruits de la poursuite des efforts de réforme et de modernisation de la justice, dans le respect de la loi et conformément aux exigences de la conscience professionnelle du magistrat ».
Dans son analyse des enjeux actuels du secteur, le ministre a réitéré l’importance capitale de l’investissement dans le capital humain, insistant sur la nécessité de garantir une « formation de qualité aux magistrats, en tant que pierre angulaire du système judiciaire et véritable enjeu pour réussir le processus de réforme de la justice et sa modernisation ».
Évoquant le cadre stratégique de ces réalisations, M. Boudjemaa a rappelé que le président de la République, président du Conseil supérieur de la magistrature, M. Abdelmadjid Tebboune, a placé la formation des magistrats « au premier rang des priorités, convaincu que la réforme de la justice n’atteindra ses objectifs qu’en préparant un magistrat compétent sur le plan scientifique et moral, et qualifié sur le plan professionnel, dans le cadre d’une vision stratégique intégrée ».
Abordant le volet législatif et institutionnel, le garde des Sceaux a affirmé que la promulgation du statut de la magistrature il y a quatre mois constitue « une étape charnière dans le processus de modernisation du pouvoir judiciaire et le parachèvement du chantier de réforme de la justice, en application de la vision réformiste consacrée par la Constitution ».
Il a ainsi réaffirmé que l’ensemble des progrès accomplis sur le terrain « n’auraient pu se concrétiser sans le haut patronage et l’attention particulière accordés par le président de la République au secteur de la justice, ainsi que sa volonté constante de continuer à soutenir la magistrature ».
La cérémonie a été rythmée par la remise symbolique des diplômes et des distinctions aux lauréats majeurs de la promotion, en hommage à leur excellence académique et à leur persévérance. Dans un moment empreint de recueillement et de fidélité à la mémoire des cadres du secteur, le ministre a également présidé, aux côtés des invités d’honneur de l’ESM, une cérémonie d’hommage à la famille du défunt magistrat Mohamed Boucena, célébrant ainsi un parcours professionnel exemplaire dédié au service de la justice et du pays.
En injectant près de cinq cents nouveaux magistrats hautement qualifiés au sein des cours et tribunaux du pays, le secteur de la justice démontre que sa modernisation ne repose pas uniquement sur la digitalisation des procédures ou la rénovation des infrastructures. Elle s’incarne avant tout dans ces hommes et ces femmes investis de la mission sacrée de dire le droit, appelés à être les garants intransigeants de l’équité, de la conscience professionnelle et des libertés citoyennes.
G. Salah Eddine
