La sélection féminine algérienne de football au Mondial : Une première historique

De la naissance de la sélection féminine algérienne à la qualification historique pour la Coupe du monde-2027, près de trois décennies d’attente, de combat et de progression.

L’histoire de la sélection féminine algérienne de football vient de franchir un cap majeur. Après près de trois décennies d’existence, les «Vertes» ont décroché, pour la première fois de leur histoire, une qualification pour la phase finale de la Coupe du monde. Une première qui restera comme l’un des plus grands accomplissements du football féminin algérien.
Cette qualification pour le Mondial-2027 au Brésil constitue l’aboutissement d’un long processus entamé à la fin des années 1990, lorsque le football féminin algérien cherchait encore à se structurer et à s’imposer dans un paysage sportif largement dominé par le football masculin.

1998, naissance d’une sélection
La sélection nationale féminine algérienne voit officiellement le jour en 1998, dans un contexte où la pratique du football féminin demeure encore embryonnaire dans le pays. Parmi les pionnières figure Naïma Laouadi, qui a joué un rôle important dans les débuts de la discipline et de l’équipe nationale. Ces premières joueuses ont contribué à poser les fondations d’une sélection appelée à évoluer progressivement sur la scène continentale.
Les débuts sont difficiles. Les moyens sont limités, la pratique féminine reste à développer et la sélection peine naturellement à rivaliser avec les nations africaines déjà installées au plus haut niveau.
Mais une première génération ouvre la voie.

2004, première apparition à la CAN
Six ans après sa création, l’Algérie découvre pour la première fois la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations féminine, en 2004. Cette participation marque une étape essentielle. Pour la première fois, les Algériennes se retrouvent au rendez-vous continental aux côtés des grandes nations africaines. L’apprentissage est difficile, mais cette première présence permet à la sélection de s’inscrire durablement dans le paysage du football féminin africain. L’Algérie participe ensuite aux éditions de 2006, 2010, 2014 et 2018. Mais pendant longtemps, la CAN reste un plafond de verre : les Vertes ne parviennent pas à franchir la phase de groupes. À plusieurs reprises, la sélection montre des qualités et signe des performances encourageantes, sans parvenir à prolonger son aventure dans la compétition.

Une longue période entre espoirs et déceptions
Au fil des années, le football féminin algérien connaît des périodes de progression mais également des interruptions et des absences de la scène continentale.
La sélection manque notamment plusieurs éditions de la CAN avant de retrouver progressivement une certaine régularité.
Cette période est pourtant fondamentale. Elle permet à plusieurs générations de joueuses d’accumuler de l’expérience, tandis que le football féminin continue de se développer en Algérie.
Les joueuses qui portent aujourd’hui le maillot national bénéficient ainsi du travail effectué par celles qui les ont précédées.
Car derrière cette première qualification mondiale se trouve une histoire faite de plusieurs générations.

Premier tournant : atteindre enfin les quarts de finale
Il faudra attendre l’édition 2024, disputée au Maroc en 2025, pour voir les Vertes franchir pour la première fois un obstacle qui leur résistait depuis leurs débuts. L’Algérie atteint alors les quarts de finale de la CAN, une première dans son histoire.
Cette performance représente bien plus qu’un simple résultat sportif. Après plusieurs participations à la compétition continentale sans parvenir à sortir de la phase de groupes, la sélection démontre qu’elle est désormais capable de rivaliser avec les meilleures équipes africaines. Un nouveau statut commence alors à se dessiner. L’Algérie n’est plus seulement une équipe en construction. Elle devient une sélection capable de viser plus haut.

Une ambition nouvelle avec Farid Benstiti
Cette progression s’inscrit également dans le travail réalisé sous la direction de Farid Benstiti. Le sélectionneur national contribue à installer une nouvelle dynamique autour des Vertes, avec un groupe mêlant expérience et jeunesse, et une ambition clairement affichée sur la scène africaine. La qualification pour la CAN-2026 confirme cette évolution. L’équipe algérienne aborde alors la compétition avec un objectif différent : ne plus simplement participer, mais franchir de nouveaux paliers.

2026, l’année du grand saut
La CAN-2026 marque finalement l’entrée du football féminin algérien dans une nouvelle dimension. En atteignant les demi-finales, l’Algérie obtient surtout ce qu’aucune génération précédente n’avait réussi à décrocher : une qualification pour la Coupe du monde féminine. Le rendez-vous est fixé au Brésil en 2027. Pour la première fois, le drapeau algérien figurera parmi les nations engagées dans la plus prestigieuse compétition mondiale du football féminin. Cette qualification est d’autant plus symbolique qu’elle intervient après un parcours de près de trente ans.

Une première qui appartient à toutes les générations
Cette qualification mondiale ne doit donc pas être considérée comme le seul accomplissement d’une génération.
Elle appartient aussi aux pionnières qui ont porté les premières le maillot national, aux joueuses qui ont participé aux premières CAN, à celles qui ont connu les éliminations précoces, aux générations qui ont entretenu la flamme malgré les difficultés et à celles qui ont finalement réussi à franchir les obstacles. Chaque époque a apporté sa pierre à l’édifice. Les pionnières ont créé la sélection. Les générations suivantes l’ont installée dans le football africain. Celles des dernières années ont franchi les premiers grands paliers.Et la génération actuelle vient d’ouvrir la porte du football mondial.

Le monde, enfin
Près de trente ans après la création de la sélection féminine algérienne, les «Vertes» ont donc atteint un territoire encore inexploré.
L’Algérie disputera, en 2027, sa toute première Coupe du monde féminine.
Cette qualification constitue une première historique pour le football féminin national, mais aussi le symbole d’une évolution profonde : celle d’une discipline longtemps considérée comme marginale et qui s’est progressivement imposée jusqu’à atteindre la plus grande scène internationale.
Des premiers pas de 1998 au Mondial brésilien de 2027, l’histoire des Vertes est celle d’une longue conquête.
Une conquête commencée par quelques pionnières, poursuivie par plusieurs générations et couronnée aujourd’hui par une première mondiale : l’Algérie est enfin au Mondial.

Les félicitations du president de la République
Cette qualification historique a également suscité une vague de félicitations en Algérie. À leur tête, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, qui a toujours tenu à saluer les performances des sportifs algériens, toutes disciplines confondues, et à encourager celles et ceux qui portent les couleurs nationales sur les scènes continentale et internationale.
À chaque victoire, à chaque exploit, le chef de l’État a régulièrement tenu à adresser ses félicitations aux athlètes et aux équipes nationales, mettant en avant leurs efforts, leur détermination et leur capacité à représenter dignement l’Algérie. Ces marques de reconnaissance s’accompagnent également, à l’occasion des grands succès, de cérémonies en l’honneur des champions et des championnes, autant de gestes qui témoignent de l’importance accordée au sport et à ses représentants.
La qualification historique des «Vertes» pour la Coupe du monde-2027 s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Elle constitue une immense fierté pour le football féminin algérien et pour tout le pays.
Des premières pionnières de 1998 à la génération qui vient d’ouvrir les portes du Mondial, le chemin aura été long. Le soutien et les encouragements dont bénéficient aujourd’hui les sportives algériennes constituent aussi un signal fort pour les nouvelles générations appelées à prendre le relais.
À travers cette qualification, les Vertes n’ont pas seulement écrit une nouvelle page de leur propre histoire : elles ont ouvert un nouveau chapitre pour le sport féminin algérien. Et au bout de près de trois décennies d’attente, le rêve mondial est enfin devenu réalité.
Alger 16

ALGER 16 DZ

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