Conseil de sécurité : L’Algérie appelle à des mesures concrètes contre l’utilisation de la famine comme arme de guerre

L’Algérie a appelé, mardi, au Conseil de sécurité de l’ONU à l’adoption de mesures concrètes pour mettre fin à l’utilisation de la famine comme arme de guerre, tout en alertant sur l’ampleur des crises alimentaires qui ont frappé simultanément la bande de Ghaza et le Soudan en 2025.

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée au thème « L’alimentation sous le feu de la guerre : le rôle du Conseil de sécurité dans l’atténuation des crises alimentaires mondiales et locales », le représentant permanent adjoint de l’Algérie auprès des Nations unies, Mehdi Litim, a souligné la gravité de la situation et appelé la communauté internationale à agir.

Deux famines simultanées en 2025

Pour la première fois de son histoire, le Rapport mondial sur les crises alimentaires a fait état de deux famines simultanées ayant touché, en 2025, les populations de Ghaza et du Soudan, a indiqué M. Litim.

« La famine ne saurait en aucun cas être justifiée comme méthode de guerre », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de protéger les populations civiles et les infrastructures indispensables à leur survie.

Ghaza, une catastrophe humanitaire persistante

Concernant Ghaza, le diplomate algérien a décrit une situation humanitaire toujours « désastreuse ». Selon les dernières données du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), 1,4 million de personnes continuent de faire face à une insécurité alimentaire aiguë.

Il a dénoncé les conséquences de l’utilisation de la faim comme arme de guerre, soulignant que des enfants meurent de malnutrition alors que des camions chargés d’aide humanitaire restent bloqués à proximité.

Face à cette situation, l’Algérie a réitéré son appel en faveur d’un cessez-le-feu immédiat et d’un accès humanitaire sans restriction à l’enclave palestinienne.

Le Soudan face à une crise alimentaire majeure

Au Soudan, la situation est également alarmante. Le pays fait face à « l’une des plus graves situations d’urgence au monde en matière d’insécurité alimentaire aiguë », a relevé M. Litim.

Selon la dernière analyse de l’IPC, 19,5 millions de personnes, soit près de 41 % de la population soudanaise, sont confrontées à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë.

Plus préoccupant encore, 135.000 personnes se trouvent en phase 5, correspondant au stade de catastrophe et de famine, tandis que 825.000 enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère.

Le représentant algérien a dénoncé les entraves à l’accès humanitaire, les attaques contre les voies d’approvisionnement et la destruction des systèmes de production alimentaire, autant de facteurs qui empêchent l’aide d’atteindre les populations les plus vulnérables.

Alerte sur la baisse du financement humanitaire

L’Algérie a également exprimé sa préoccupation face à l’effondrement du financement international consacré au secteur alimentaire, désormais à son niveau le plus bas depuis une décennie.

M. Litim a rappelé que les parties aux conflits ont l’obligation de protéger les civils ainsi que les infrastructures essentielles à leur survie, notamment les systèmes de production alimentaire et d’approvisionnement en eau.

« Un accès humanitaire sans entrave est vital », a-t-il insisté, réaffirmant l’engagement de l’Algérie en faveur de la protection des populations et des infrastructures civiles.

Cinq mesures pour prévenir l’instrumentalisation de la faim

Face à l’ampleur des crises alimentaires liées aux conflits, l’Algérie a appelé à l’adoption de mesures concrètes, notamment la mise en place de mécanismes d’alerte précoce robustes permettant de détecter les attaques contre les infrastructures alimentaires et hydriques.

Elle préconise également la mobilisation des ressources nécessaires à la reconstruction des infrastructures vitales détruites ou endommagées par les conflits, ainsi que la garantie d’un accès sûr, rapide et sans entrave à l’aide humanitaire.

Alger demande, en outre, que les auteurs d’attaques contre les infrastructures civiles répondent de leurs actes et plaide pour l’établissement d’un régime de sanctions spécifique contre les parties qui violent la résolution 2417 du Conseil de sécurité et utilisent la famine comme arme de guerre.

Pour le respect du droit international humanitaire

L’Algérie a réaffirmé son engagement à travailler avec ses partenaires pour faire respecter le droit international humanitaire, protéger la dignité humaine et promouvoir une paix durable.

« La faim ne doit plus jamais être instrumentalisée contre l’humanité », a conclu le représentant algérien, appelant à une mobilisation internationale à la hauteur des crises qui frappent les populations civiles dans les zones de conflit.

ALGER 16 DZ

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