La future ligne ferroviaire vers Tamanrasset : Un levier stratégique pour le développement du Grand Sud

La future ligne ferroviaire devant relier Tamanrasset au nord du pays s’impose comme un chantier stratégique majeur, porteur d’une nouvelle dynamique économique et sociale et appelé à devenir un véritable levier de développement et d’investissement dans les régions du Sud. C’est le constat partagé par plusieurs experts, acteurs économiques et représentants de la société civile interrogés par l’Algérie Presse Service (APS). Au-delà de sa vocation première de transport, le projet est un outil d’intégration territoriale et de désenclavement, susceptible de transformer en profondeur les échanges, la mobilité et l’activité économique dans les régions traversées. Pour le Pr Rabah Kchiched, enseignant-chercheur à l’université d’Ouargla, cette nouvelle ligne représente un véritable vecteur d’intégration économique et de consolidation de la souveraineté logistique, de nature à insuffler une dynamique sans précédent à l’échelle du sud du pays. Selon lui, le transport ferroviaire constitue « l’artère de la croissance économique et de la cohésion sociale » et contribuera notamment au transport des ressources minières que recèle la région de l’Ahaggar. La réalisation de cette infrastructure devrait ainsi faciliter l’exploitation et l’acheminement des richesses naturelles du Sud tout en renforçant leur intégration dans l’économie nationale. Le projet s’inscrit, ajoute-t-il, dans la stratégie nationale d’attractivité territoriale visant à valoriser les potentialités économiques, agricoles et énergétiques des régions traversées. Il devrait également générer des milliers de postes d’emploi, aussi bien durant la phase de réalisation que lors de l’exploitation commerciale de la ligne.

Un projet stratégique
De son côté, le Pr Abdelhamid Kriker, doyen de la Faculté des sciences appliquées de l’université d’Ouargla, considère ce projet comme un acquis stratégique majeur pour les régions du Sud. Il souligne son rôle attendu dans la consolidation de la dynamique économique et sociale, la facilitation de la mobilité des personnes et des marchandises, ainsi que l’ouverture de nouvelles perspectives d’investissement. L’impact du projet ne devrait pas se limiter aux secteurs directement liés au transport. Il pourrait également profiter à l’activité universitaire et scientifique, en resserrant les liens entre les établissements universitaires et leur environnement économique et en facilitant les échanges entre les différentes régions. Dans le même esprit, l’ingénieure Manel Bouazza y voit un apport qualitatif décisif pour les infrastructures du Sud à travers l’amélioration des moyens de transport, la facilitation de la circulation des personnes et des biens et un accompagnement renforcé des projets de développement régional. Au-delà du désenclavement, la future ligne ouvre également des perspectives importantes sur le plan économique. Le Dr Rouane Bouhafs, enseignant à la Faculté des sciences économiques et des sciences de gestion de l’université de Ghardaïa, met en avant les larges opportunités que pourrait offrir le projet, notamment en matière de création d’emplois pour les jeunes et de renforcement des échanges économiques. Pour lui, cette infrastructure pourrait également contribuer à consolider l’ancrage africain de l’Algérie et à favoriser le développement des exportations hors hydrocarbures. En facilitant la circulation des marchandises depuis les régions du Sud vers le reste du pays, la ligne pourrait ainsi renforcer les connexions économiques avec les marchés nationaux et, à terme, avec l’espace africain.

Un acquis longtemps attendu par la population
À El-Meniaa, les acteurs économiques locaux perçoivent également ce projet comme un puissant catalyseur pour l’investissement, particulièrement dans le secteur agricole. La future ligne devrait faciliter le transport des produits vers les différentes wilayas du pays, relier les zones de production aux marchés nationaux et aux ports et renforcer ainsi les capacités de commercialisation et d’exportation. Elle devrait également simplifier l’acheminement des intrants, des équipements et des différents moyens nécessaires aux activités agricoles et industrielles, réduisant ainsi les contraintes logistiques qui peuvent peser sur les producteurs et les opérateurs économiques des régions du Sud. Sur le terrain, les citoyens expriment eux aussi leur satisfaction de voir ce projet se concrétiser, le considérant comme un acquis stratégique longtemps attendu. Ils saluent notamment les facilités qu’il devrait apporter en matière de transport des voyageurs et des marchandises, ainsi que sa contribution attendue à la redynamisation des mouvements commercial, économique et touristique dans la région. Mohamed Benmansour, représentant de la délégation de wilaya de la société civile à Ouargla, s’est félicité du projet, y voyant un véritable atout pour la population du Sud, notamment à travers l’amélioration des conditions de transport et le désenclavement des régions situées sur son tracé. De son côté, Abdelkader B., membre de l’association Chams à In-Salah, active dans le domaine de l’environnement et du développement durable, insiste sur l’importance de ce projet pour la réduction des coûts et l’ancrage industriel, mais également pour son impact environnemental. En limitant les émissions de carbone générées par le transport lourd routier et en réduisant la pression exercée sur le réseau routier, la ligne ferroviaire pourrait contribuer à mieux préserver les infrastructures routières et à renforcer leur durabilité. Le rail apparaît ainsi non seulement comme un outil de développement économique, mais également comme une solution susceptible d’accompagner les objectifs de transition et de préservation environnementale.
Un consensus se dégage ainsi entre experts, professionnels, acteurs économiques et citoyens du Sud algérien : la future ligne ferroviaire vers Tamanrasset est perçue comme bien plus qu’une infrastructure de transport. Elle apparaît comme un projet structurant capable de renforcer l’intégration territoriale, de faciliter la mobilité, de soutenir l’investissement, de créer des emplois et de valoriser les importantes potentialités agricoles, minières et économiques des régions traversées. À travers cette nouvelle connexion ferroviaire, c’est donc toute une dynamique de développement qui pourrait se dessiner dans le Sud avec l’ambition de rapprocher davantage les territoires, les populations et les pôles économiques du pays.
Zineb Bouzid

ALGER 16 DZ

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