
Le Premier ministre, M. Sifi Ghrieb, a souligné, hier, lors de sa visite de travail à Bamako, la pleine volonté d’Alger de réactiver les mécanismes de coopération institutionnelle, conformément aux exigences actuelles.
Dans une allocution prononcée lors des discussions ayant réuni les membres des délégations des deux pays, le Premier ministre a assuré que cette visite d’amitié au Mali, effectuée sur instruction du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, constituait une nouvelle étape dans le parcours des relations historiques unissant les deux pays.
M. Ghrieb a expliqué que cette visite s’inscrivait dans le prolongement de celle effectuée en août dernier en Algérie par le Premier ministre, chef du gouvernement de la République du Mali, M. Abdoulaye Maïga. C’est, selon lui, son voyage du jour qui constitue « une nouvelle étape dans le long et riche parcours des relations historiques entre les deux nations ».
Le Premier ministre a indiqué que l’échange de visites de haut niveau entre les deux parties traduisait « la volonté politique ancrée et les décisions judicieuses » du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, et de son frère, le général d’armée Assimi Goïta, président de la Transition, chef de l’Etat du Mali, visant à « relancer et à renforcer les relations algéro-maliennes ».
Le Premier ministre a transmis, à cet égard, les salutations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, ainsi que « ses vœux sincères pour davantage de croissance et de prospérité dans un cadre de sécurité et de stabilité pour le Mali ». Ces relations historiques trouvent leurs racines dans « l’aube de l’histoire », selon le ministre.
Ces relations se sont renforcées, a estimé le ministre, « au cœur de notre lutte commune pour l’indépendance, se sont enracinées après le recouvrement de la souveraineté nationale ».
Et depuis, ces relations « sont demeurées fondées sur les principes de fraternité, de solidarité et de bon voisinage », a-t-il martelé.
Il a assuré sa pleine conviction que « les traditions de coopération ancrées entre l’Algérie et le Mali constituent un socle solide pour bâtir des partenariats futurs dans les domaines d’intérêt commun, au niveau bilatéral, tout en allant de l’avant dans les grands projets d’intégration régionale » à l’image de la Route transsaharienne et de la Dorsale transsaharienne à fibre optique. Le ministre a indiqué, à cette occasion, que cette réunion constituait une véritable opportunité de mener des « consultations approfondies sur les différents axes de la coopération bilatérale, partager les vues sur les défis communs auxquels est confrontée notre région, examiner les moyens d’unifier nos efforts conjoints pour y faire face ensemble et explorer de nouveaux domaines susceptibles d’enrichir notre coopération au bénéfice mutuel de nos deux peuples frères », a déclaré M. Ghrieb.
» Cette rencontre vise à déterminer les secteurs prioritaires et à tracer les contours d’une feuille de route commune nous permettant d’œuvrer de concert pour atteindre nos objectifs partagés et nous préparer aux prochaines échéances, avec à leur tête la visite de Son Excellence le Président, le Général d’armée Assimi Goïta, en Algérie », a ajouté le Premier ministre. Dans le volet institutionnel, M. Ghrieb a assuré « la pleine disponibilité de l’Algérie à entamer
la réactivation des mécanismes de coopération institutionnelle, à leur tête la Grande Commission mixte de coopération, dont la tenue offrira l’occasion d’actualiser et de
renforcer le cadre juridique régissant nos relations bilatérales, conformément aux exigences
de la nouvelle étape ».
Le Premier ministre a conclu en relevant que l’Algérie aspirait à « cristalliser une vision commune sur les dossiers d’importance pour l’Algérie et le Mali ».
Cette vision pourrait être soumise aux dirigeants des deux pays lors de la visite programmée du président Assimi Goïta en Algérie, tout en consolidant les efforts conjoints vers « un avantage de sécurité, de stabilité, de développement et de prospérité dans l’espace régional et continental ».
Au-delà de la portée symbolique de cette visite, Alger entend inscrire la relation avec Bamako dans une dynamique plus régulière et structurée, fondée sur le dialogue, la concertation et la consolidation des mécanismes bilatéraux. La prochaine visite du président Assimi Goïta en Algérie pourrait, dans ce cadre, constituer une nouvelle étape pour traduire cette volonté politique en engagements concrets et donner un nouvel élan à une coopération appelée à s’étendre aux différents domaines d’intérêt commun.
G.Salah Eddine
Le Premier ministre reçu à Bamako par le président malien
Le Premier ministre, M. Sifi Ghrieb, a été reçu, hier à Bamako, par le président de la Transition, Chef de l’Etat du Mali, le Général d’Armée Assimi Goïta, dans le cadre de la visite d’amitié qu’il effectue au Mali. A cette occasion, M. Sifi Ghrieb a transmis les salutations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, à son frère le Président Assimi Goïta, lui faisant part de « l’attention particulière qu’il attache au renforcement des liens de fraternité et de bon voisinage entre les deux pays et à la promotion de la sécurité et de la stabilité dans la région ». De son côté, le Président Assimi Goïta a fait part de sa « grande estime » pour le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, soulignant sa « volonté sincère de poursuivre l’action commune en vue de porter les relations de coopération entre l’Algérie et le Mali aux plus hauts niveaux ». Il s’est en outre félicité de l’invitation qu’il a reçue du président de la République à effectuer une visite en Algérie, précisant qu’elle marquera « une étape charnière dans la consolidation de la nouvelle dynamique que connaissent les relations entre les deux pays ».
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Une visite aux enjeux sécuritaires et stratégiques
La visite officielle effectuée, hier au Mali, par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, n’a rien d’une simple étape diplomatique. Symbolique par le contexte dans lequel elle intervient, elle revêt également une dimension stratégique avec plusieurs dossiers majeurs au menu, dont certains touchent directement à la sécurité et à l’intégrité territoriale des deux pays. Invité par son homologue malien, le Premier ministre a été porteur d’une lettre du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, destinée au président de la transition malienne, le général Assimi Goïta. Il a également été chargé de lui transmettre une invitation renouvelée à effectuer une visite officielle en Algérie, signe de la volonté des deux pays de maintenir un dialogue direct au plus haut niveau. Au-delà des dossiers économiques, dont plusieurs ont déjà fait l’objet de discussions préliminaires entre les responsables des deux gouvernements, notamment lors de la dernière visite d’Abdoulaye Maïga à Alger, cette nouvelle étape est intervenue dans un contexte régional particulièrement tendu. Les développements récents autour des relations entre l’Algérie et les émirats arabes unis, ainsi que leurs répercussions dans le Sahel, ont donné à cette visite une portée politique et sécuritaire particulière. Pour Alger, les questions liées à l’ingérence étrangère, à la déstabilisation de la région et aux tentatives d’influence sur les équilibres du Sahel ont constitué des préoccupations majeures. Le Mali, confronté depuis plusieurs années à une situation sécuritaire complexe et à la menace terroriste, s’est retrouvé directement concerné par ces évolutions. Dans ce contexte, les discussions ont notamment porté sur le renforcement de la coopération militaire et sécuritaire entre les deux pays. La surveillance des frontières, le partage du renseignement, la formation des cadres militaires ou encore l’organisation d’exercices conjoints ont ainsi pu être évoqués comme des pistes d’approfondissement de cette coopération, avec l’objectif de mieux répondre aux menaces qui ont pesé sur l’espace sahélo-saharien. Le message porté récemment par Alger à partir de l’aéroport de Niamey, à proximité de la base 101, a également pris une résonance particulière dans le contexte de la visite. L’Algérie a ainsi réaffirmé qu’elle ne permettrait pas qu’une force étrangère intervienne dans sa profondeur stratégique ou porte atteinte à sa sécurité nationale sans réaction de sa part. Mais la relation entre Alger et Bamako ne s’est pas résumée au seul volet sécuritaire. Les autres membres de la délégation conduite par Sifi Ghrieb ont examiné avec leurs homologues maliens plusieurs dossiers économiques, notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’industrie et de l’agriculture. La coopération a également porté sur les domaines socio-culturels, avec une attention particulière accordée à l’enseignement supérieur et à la formation professionnelle. Sur ce terrain, l’Algérie a réaffirmé son soutien aux étudiants maliens, notamment à travers les bourses universitaires, dont le président Abdelmadjid Tebboune avait annoncé le maintien, ainsi que l’augmentation du nombre. Ainsi, entre impératifs sécuritaires, coopération économique et liens humains, la visite de Sifi Ghrieb à Bamako a constitué une nouvelle étape dans le rapprochement entre les deux pays. Dans un Sahel traversé par de profondes recompositions, Alger et Bamako ont affiché leur volonté de préserver un dialogue direct et de renforcer les mécanismes leur permettant de défendre leurs intérêts communs. G.S.E.