Le député de LFI, Abdelkader Lahmar, fustige Retailleau

Lors d’une intervention à la radio Iftikya FM, dimanche dernier, le député de La France Insoumise (LFI), Abdelkader Lahmar, a vivement réagi à la sortie de Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur du gouvernement Bayrou, concernant la diplomatie avec l’Algérie.
Pour M. Lahmar, la prise de position de Retailleau, «bien plus présente que celle du ministère des Affaires étrangères», témoigne d’une confusion des rôles, oubliant peut-être que ce dernier occupait encore des fonctions au ministère de l’Intérieur. M. Lahmar n’a pas manqué de mettre en avant la récurrence de ce mélange des genres dans l’actuelle composition gouvernementale. Une situation qui, selon lui, pourrait conduire à une chute imminente du gouvernement Bayrou, notamment en raison de la politique sociale menée, jugée insuffisante et mal orientée.
Le député de gauche a estimé que les tensions croissantes dans les relations franco-algériennes s’apparentaient à « une obsession » délibérée, fondée sur «un calcul machiavélique pour séduire l’électorat de l’extrême droite».
Selon lui, cette stratégie, motivée par des considérations purement électorales, «nuit malheureusement à l’intérêt de la France». Il a ensuite affirmé qu’il était tout à fait possible de construire «des relations équilibrées et apaisées» entre les deux nations, tout en appelant le ministre de l’Intérieur à se concentrer sur «les véritables défis» auxquels la France est confrontée.
M. Lahmar a rappelé l’histoire des relations tendues entre les deux pays, exacerbées ces dernières années sous la présidence d’Emmanuel Macron. Il a notamment critiqué l’attitude de Bruno Retailleau, qualifiant ce dernier de «ministre des Affaires étrangères en lieu et place de son propre rôle», et évoqué un «basculement» d’Emmanuel Macron, désormais plus enclin à céder aux discours populistes, racistes et nostalgiques de «l’Algérie française».
De plus, le député a mis en lumière la dimension électorale de ce virage politique, en rappelant que le Président français, après de mauvais résultats aux législatives, semblait chercher à récupérer les voix de l’extrême droite, notamment en s’alignant davantage avec les discours du Rassemblement national. À cet égard, l’orateur a aussi évoqué le discours d’Emmanuel Macron en 2017, lorsqu’il avait exprimé l’espoir d’une reconnaissance de la responsabilité historique des crimes de la colonisation. Une position symbolique, certes, mais significative, et qui aurait pu constituer un point de départ pour une véritable démarche de réconciliation.

Les dérives électoralistes de Macron et la gestion déséquilibrée des richesses
Abdelkader Lahmar a poursuivi ses observations incisives sur la politique intérieure de l’Exécutif français, mettant en lumière le désaveu progressif d’Emmanuel Macron vis-à-vis de ses engagements historiques envers l’Algérie.
Se référant à la visite de 2022, lors de laquelle le président français, aux côtés de son homologue Abdelmadjid Tebboune, avait institué une commission mixte d’historiens pour œuvrer à une réconciliation des mémoires, le député LFI a déploré l’absence de tout progrès concret depuis lors. «Aujourd’hui, il a complètement basculé vers une posture électoraliste interne», a-t-il observé avec amertume, mettant en avant l’abandon de toute perspective historique pour des considérations purement politiciennes.
Dans son analyse, le député considère ce virage comme symptomatique de l’incapacité croissante du gouvernement à gouverner efficacement. L’intervenant a rappelé que, sous la présidence de Macron, plusieurs gouvernements ont déjà succombé à une gestion désastreuse.
«Il est désormais évident qu’un gouvernement risque de chuter, pris dans les contradictions internes et l’incapacité à élaborer un budget», a-t-il affirmé, mettant en lumière la fragilité structurelle du pouvoir exécutif.

La gestion inégalitaire des richesses
M. Lahmar a également critiqué de manière acerbe la politique sociale mise en place par l’exécutif, dénonçant une répartition des richesses profondément inégalitaire. «La politique fiscale menée par ce gouvernement profite avant tout aux plus riches, avec des lois de finances qui se traduisent par d’importants cadeaux fiscaux aux grandes entreprises et aux fortunes les plus élevées», a-t-il indiqué. Il a insisté sur le fait que cette dynamique sert avant tout une classe bourgeoise privilégiée, alors même qu’elle marginalise les plus vulnérables.
Ainsi, pour M. Lahmar, le déclin du gouvernement Macron semble inévitable, une évolution qu’il attribue à la déconnexion de l’Exécutif avec les attentes populaires et à son incapacité à répondre aux exigences sociales du pays.
Au final, la question qui se pose est de savoir si ce basculement vers l’électoralisme et le populisme suffira à sauver un pouvoir déjà mis à mal par l’incapacité à gouverner efficacement.
G. S. E.

ALGER 16 DZ

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