
Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a reçu hier à Alger une délégation du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine, conduite par l’ambassadeur de la République du Bénin, dont le pays assure la présidence du Conseil pour le mois de septembre, a indiqué un communiqué.
Cette visite intervient dans le cadre de la 10e édition du Mois de l’amnistie en Afrique, organisée les 14 et 15 septembre en Algérie sous le thème « Promouvoir l’initiative. Faire taire les armes et renforcer la paix durable grâce au partage d’expériences en matière de contrôle des armes légères et de petit calibre (ALPC) et d’actions de déminage ».
À cette occasion, Ahmed Attaf a salué la présence de la délégation du CPS, réaffirmant l’attachement constant de l’Algérie à poursuivre sa contribution active aux efforts continentaux visant à consolider la paix, la sécurité et la stabilité en Afrique.
Le chef de la diplomatie algérienne a, dans ce cadre, insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de l’Union africaine dédiés à la prévention et au règlement des conflits et des crises. Il a notamment plaidé pour une approche globale et anticipative s’attaquant aux causes profondes des crises, tout en favorisant l’émergence de solutions africaines aux problèmes africains.
Ahmed Attaf a également mis en garde contre les interventions étrangères susceptibles d’aggraver les situations de crise et de contribuer à l’armement des parties en conflit, réaffirmant ainsi l’importance d’une approche fondée sur la responsabilité collective des pays africains dans la préservation de la paix et de la sécurité du continent.
Lutter contre la prolifération des armes
De son côté, l’ambassadeur du Bénin en Éthiopie et représentant permanent auprès de l’Union africaine, Hervé Dadjedji Djokpe, a exprimé, au nom des membres du CPS, sa « profonde gratitude » à l’Algérie pour avoir accueilli cette importante manifestation continentale. Le diplomate béninois a souligné la portée de cette initiative, qui vise notamment à consolider les valeurs de tolérance et de coexistence pacifique en Afrique, à travers l’encouragement à la remise volontaire des armes détenues illégalement et la promotion du dialogue et de la réconciliation comme alternatives à la violence.
La question de la circulation illicite des armes légères et de petit calibre constitue, en effet, un enjeu majeur pour la stabilité du continent, notamment dans les régions confrontées aux conflits armés, à l’instabilité et à la montée des groupes criminels et terroristes. Dans ce contexte, le contrôle des armes et le renforcement des mécanismes de prévention apparaissent comme des leviers essentiels pour soutenir les efforts de pacification engagés par l’Union africaine.
La rencontre a également permis de mettre en avant l’importance des opérations de déminage, notamment pour éliminer les mines héritées de la période coloniale, qui continuent de représenter une menace pour les populations et de freiner le développement de plusieurs régions du continent.
En clôture de la rencontre, Ahmed Attaf a souhaité aux membres de la délégation un agréable séjour en Algérie, tout en formant le vœu de voir les travaux de cette 10e édition aboutir à des résultats concrets, notamment en matière de réduction de la prolifération des armes et d’intensification des efforts visant à débarrasser définitivement l’Afrique des mines héritées de la période coloniale.
Au-delà des échanges tenus à Alger, cette 10e édition du Mois de l’amnistie en Afrique rappelle l’importance d’une mobilisation collective pour faire reculer la circulation illicite des armes et les menaces qui en découlent. Pour l’Algérie, l’enjeu demeure également de renforcer une approche africaine de la paix, fondée sur la prévention des conflits, le règlement pacifique des crises et la préservation durable de la stabilité du continent.
G. Salah Eddine
