
Le coach du RC Kouba, Mohamed Manaâ, affiche une satisfaction mesurée, malgré le sans-faute jusque-là réussi par son équipe. Leader avec quatre victoires en autant de matchs joués, le RCK confirme bien son ambition pour l’accession, particulièrement après cette raclée (4 – 0) infligée, jeudi dernier, à l’USM El Harrach. Mais Manaâ refuse de s’enflammer.
En conférence d’après-match, il n’a pas manqué de rappeler que le plus dur sera de maintenir cette dynamique. «Tout d’abord, on doit remercier Dieu pour cette victoire, mais je ne dois pas omettre le mérite des joueurs, que ce soit ceux qui ont commencé la partie, ou ceux qui ont fait leur entrée. Aussi, tous les staffs du club, qu’ils soient administratif, technique ou médical, et bien sûr, une note à part à nos supporters qui nous soutiennent, c’est eux tous qui font notre force», dira-t-il d’entrée avec beaucoup d’humilité. «Maintenant, pour évoquer ce derby, moi je préfère parler d’une rencontre fraternelle, car il s’agit d’une rencontre entre membres d’une même famille quasiment, d’un même quartier. Et comme je l’avais déclaré lors du match contre le NA Hussein Dey, je ne peux que renouveler mon respect à l’équipe de l’USM El Harrach aussi, et mon souhait avant tout était de livrer une partie vraiment fraternelle avec du beau football. Dieu merci, je pense que le public a bien profité, et on se réjouit bien sûr d’avoir gagné. Mais je dirais que les deux équipes n’ont pas démérité. Et j’espère qu’on sera encore meilleures lors des journées à venir», a enchaîné Mohamed Manaâ avec optimisme.
«NOTRE FORCE, C’EST LA DISCIPLINE DU GROUPE»
Pour lui, cette victoire boostera plus son groupe car, a priori, «ce n’était pas évident pour nous d’enchaîner avec deux derbys de suite en l’espace de quatre jours. Et notre équipe ne pouvait récupérer complètement du match contre le NAHD», a-t-il fait remarquer. «Notre force est qu’on dispose d’un groupe qui écoute. Et là, c’est le résultat d’une concentration de tout le long de la semaine qui a précédé la préparation de cette rencontre et non pas seulement durant le match», expliquera encore le coach du Raed. En évoquant les détails de la préparation, Manaâ avoue qu’il a «surtout beaucoup travaillé sur des vidéos, et les joueurs assimilent bien nos orientations. Notre réussite, on la doit surtout à la discipline du groupe, et Dieu merci depuis notre début, on n’a enregistré aucun écart de la part des joueurs ni même pas d’absence de complaisance. Et quand quelqu’un doit être remplacé, comme pour Berrabah qui nous a manqué encore aujourd’hui, celui qui est aligné donne tout ce qu’il peut, et c’est ça l’esprit de groupe. Voilà donc, au risque de me répéter, notre grande force est le collectif qui est soudé. Chacun fait son travail dans son créneau, les joueurs sur le terrain, et il y a ce douzième homme qui est notre public qui croit en ce groupe et le soutient. Mon grand souhait est qu’on continue dans cette dynamique». Manaâ mise donc beaucoup sur le maintien de la cohésion et de la solidarité du groupe pour mener le navire à bon port, en fin de saison. Prié de placer un mot sur l’adversaire, l’USM El Harrach, l’entraîneur du RCK s’est voulu plutôt réservé. «Je n’aime pas diminuer de l’adversaire qui a de bons techniciens sur le banc, des joueurs tout aussi bons sur le terrain. D’ailleurs, El Harrach aurait pu nous marquer, notamment dans les dernières minutes de la première mi-temps, surtout sur quelques balles arrêtées qu’ils ont eu. Mais je dirais qu’on a bien défendu aussi et on a confirmé notre volonté de vaincre en deuxième période qu’on a bien gérée. Maintenant, je ne peux que souhaiter le meilleur à tout le monde dans la suite du parcours».
«IL NE FAUT PAS S’ENFLAMMER, IL RESTE ENCORE 26 MATCHS à JOUER»
Ne redoute-t-il pas une pression grandissante des supporters, au fil des matchs ? «Entraîner, c’est mon métier. J’étais un ancien joueur, maintenant, j’entraîne depuis plus de 35 ans et, chez moi, la pression, je la prends toujours du côté positif et personne ne peut me presser négativement. Je tacherai de transmettre cet état d’esprit à mon staff et à toute l’équipe, en travaillant toujours davantage pour nous améliorer chaque match plus», rétorque Mohamed Manaâ. Ce dernier finira son intervention en appelant à la retenue, et invite les Koubéens à ne pas crier victoire avant l’heure, en dépit de ce début très prometteur de leur équipe. «Il ne faut pas s’enflammer non plus, on n’a encore joué que quatre matchs. Certes, on a fait jusque-là un quatre sur quatre, mais il reste encore vingt-six matchs à jouer. Et il faut toujours se rappeler qu’amorcer une ascension n’est certes pas facile, mais le plus dur est de se maintenir en haut», a-t-il conclu.
Djaffar C.
