
Lors de la rencontre tenue hier entre le président de la République, Abdelmadjid Tebboune et les opérateurs économiques, le président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), Kamel Moula, a réaffirmé, le rôle central des entreprises nationales dans la transformation de l’économie algérienne, appelant à consolider les acquis enregistrés ces dernières années.
Dans son allocution, Kamel Moula a d’abord souligné les changements structurels engagés dans l’économie nationale depuis la crise sanitaire mondiale, estimant que cette période avait marqué un tournant dans les orientations économiques du pays.
« La période post-Covid-19 a marqué le point de départ d’une profonde transformation structurelle. Une réalité confirmée par les institutions financières internationales, notamment le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale », a-t-il déclaré d’emblée.
Évoquant les perspectives de croissance, le président du CREA a mis en avant les performances attendues de l’économie algérienne, en indiquant que « le produit intérieur brut (PIB) réel maintient une dynamique remarquable, avec une croissance prévue de 3,8 %. Toutefois, selon nos propres prévisions, nous devrions atteindre un taux de 4 %. »
Pour Kamel Moula, cette dynamique repose sur les efforts conjoints des pouvoirs publics et des entreprises, dont la contribution demeure déterminante dans la diversification de l’économie nationale.
Il a ainsi affirmé que « ce sont les efforts conjoints de l’État et la mobilisation des entreprises qui ont permis de réaliser cette diversification économique, saluée par les institutions internationales. »
Le président du CREA a ensuite insisté sur la place des opérateurs économiques dans la concrétisation des objectifs de développement, soulignant la nécessité de renforcer les relations entre l’État et le secteur productif.
« Au sein du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), nous sommes profondément convaincus que les entreprises algériennes constituent le premier partenaire stratégique de l’État », a-t-il souligné.
Dans le même temps, Kamel Moula a rappelé que le développement du tissu entrepreneurial devait s’accompagner du respect des règles encadrant l’activité économique.
À ce propos, il a relevé que « certaines pratiques inacceptables ont été mises au jour. Bien qu’elles demeurent minoritaires, elles portent atteinte à l’image de la grande majorité des opérateurs économiques. Nous soutenons pleinement la lutte contre les pratiques illégales afin de préserver une concurrence loyale et de rassurer les opérateurs économiques intègres. »
Cette position traduit la volonté du CREA de concilier l’accompagnement des entreprises et l’assainissement de l’environnement économique, deux exigences essentielles pour renfoncer la confiance des investisseurs et favoriser une concurrence équitable.
La souveraineté économique comme priorité
Abordant les enseignements de la pandémie de Covid-19, Kamel Moula a rappelé l’importance de disposer de capacités nationales suffisantes pour répondre aux besoins essentiels de la population.
« La crise de la Covid-19 nous a enseigné une leçon fondamentale : un État qui dépend des autres pour nourrir sa population, la soigner ou lui fournir de l’énergie est un État vulnérable. La souveraineté alimentaire constitue ainsi le premier pilier de la réponse apportée par l’État et le secteur économique à cette crise. »
Dans cette perspective, le développement de la production nationale apparaît comme un levier essentiel pour consolider l’indépendance économique du pays.
Kamel Moula a ainsi appelé à poursuivre les efforts engagés et à s’appuyer sur les atouts dont dispose l’Algérie.
« Continuons ensemble à renforcer notre économie grâce à la force du travail et au génie de nos chefs d’entreprise et de nos travailleurs. Nous connaissons nos atouts : une croissance économique soutenue, une absence d’endettement extérieur et un tissu entrepreneurial devenu plus dynamique que jamais », a-t-il martelé.
Le président du CREA a conclut en réitérant sa confiance dans les perspectives de développement de l’économie nationale, tout en soulignant l’importance de préserver l’indépendance des décisions économiques et de poursuivre les réformes engagées.
« Au Conseil du renouveau économique algérien (CREA), c’est avec cette vision réaliste et courageuse que nous envisageons l’avenir. L’Algérie doit poursuivre sa marche en avant, souveraine dans ses décisions, attachée à son indépendance et résolument déterminée à atteindre la prospérité. »
À travers cette intervention, Kamel Moula a ainsi défendu une approche fondée sur la complémentarité entre l’action de l’État et l’initiative privée, avec pour ambition de consolider la diversification économique et de renforcer les capacités productives nationales.
G. Salah Eddine
