
L’Algérie a exprimé, mardi dernier, son inquiétude face à la baisse des financements humanitaires, qui fragilise davantage les réfugiés à travers le monde, appelant la communauté internationale à maintenir ses engagements en matière de protection. Devant le Comité exécutif du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU à Genève, Idris Latreche, a particulièrement insisté sur la situation des réfugiés sahraouis et sur la nécessité de traiter les causes profondes de leur déplacement.
« Le monde a changé et nous sommes extrêmement inquiets de la forte baisse du financement humanitaire, qui impose des charges supplémentaires aux réfugiés, d’une manière qui équivaut à une forme de double punition », a déclaré le diplomate, mettant en garde contre les conséquences de la contraction des ressources consacrées à l’aide internationale. Dans ce contexte, il a plaidé pour la préservation des engagements découlant de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, rappelant que l’assistance internationale ne saurait être considérée comme une simple faveur. L’aide et la protection internationale « ne sont pas des actes de charité ». « Ce sont des droits fondamentaux auxquels les réfugiés ont pleinement droit, tant que les causes profondes qui les ont forcés à fuir ne sont toujours pas résolues », a-t-il soutenu.
Idris Latreche a souligné que « cette analyse trouve un écho profond dans la situation actuelle des réfugiés sahraouis». Il a estimé que tout regain d’intérêt pour leur sort « ne doit pas occulter le processus politique qui a la responsabilité de s’attaquer aux causes profondes de cette situation », appelant la communauté internationale à «maintenir et renforcer son soutien à ces personnes déplacées de force ». Le représentant algérien a insisté sur la nécessité de fonder toute action sur les réalités du terrain et sur le droit international. « Il ne s’agit pas de réfugiés fuyant des difficultés économiques, des conditions climatiques extrêmes ou des guerres civiles internes. Il s’agit de personnes déplacées d’un territoire non autonome, le Sahara occidental. Et il s’agit de personnes dont le droit inaliénable à l’autodétermination demeure au cœur même de leur situation», a-t-il affirmé.
À travers cette position, l’Algérie rappelle que la situation des réfugiés sahraouis ne peut être dissociée de la question du Sahara occidental et du droit de son peuple à l’autodétermination. Pour Alger, l’aide humanitaire doit répondre aux besoins immédiats sans détourner l’attention du processus politique nécessaire à une solution durable.
Le diplomate a également souligné la place centrale de la volonté des réfugiés dans toute démarche concernant leur avenir. « Dans les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf, la volonté des réfugiés a toujours été et demeure le principe directeur », a-t-il indiqué.
Il a relevé que ces camps sont « ouverts et transparents, accueillant en permanence plus de cinq entités des Nations unies et plus de vingt ONG internationales, ainsi que des visites régulières de donateurs et d’observateurs internationaux et différents mécanismes onusiens ».
L’intervention algérienne met ainsi en avant une double exigence : garantir aux réfugiés les moyens nécessaires à leur protection et maintenir la recherche de solutions politiques s’attaquant aux causes de leur exil.
Pour l’Algérie, la diminution des financements humanitaires ne doit ni compromettre les droits fondamentaux des réfugiés ni reléguer au second plan les causes de leur déplacement.
G. Salah Eddine
