
Capitaliser sur l’expérience acquise dans le secteur électrique pour conquérir de nouveaux marchés. C’est l’ambition affichée par le groupe Sonelgaz, mardi dernier à Alger, lors de la deuxième édition du Salon international de l’électricité et des énergies renouvelables, « Kahraba Expo 2026 ».
L’enjeu dépasse désormais la seule maîtrise des infrastructures énergétiques nationales. Fort de son expérience dans la production, le transport et la distribution de l’électricité, Sonelgaz entend accompagner les opérateurs algériens dans leur accès aux marchés extérieurs, en particulier africains, où les besoins en infrastructures et en équipements énergétiques ouvrent des perspectives de partenariat.
Dans l’allocution d’ouverture, lue en son nom par le directeur général par intérim du groupe, Nabil Kafi, le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a mis l’accent sur la nécessité de transformer les capacités techniques du groupe public en un véritable levier de développement économique et de coopération régionale.
Le ministre a rappelé les priorités du secteur, soulignant que « l’enjeu aujourd’hui ne se limite pas à la généralisation de l’accès à l’énergie, mais s’étend à la garantie de la continuité de l’approvisionnement, à l’amélioration de la qualité du service public et au développement de la fiabilité du système électrique».
Cette exigence constitue le socle sur lequel l’Algérie entend bâtir son expansion à l’international. La consolidation du service public de l’électricité, l’amélioration des performances du réseau et la réponse à une demande nationale croissante doivent aller de pair avec la valorisation des compétences acquises par les entreprises du secteur.
Pour Mourad Adjal, l’ouverture des marchés régionaux aux entreprises algériennes représente un prolongement naturel des investissements consentis dans le secteur énergétique. Il s’agit de mobiliser cette expérience pour diversifier les débouchés des entreprises nationales, soutenir leur croissance et renforcer leur contribution à la diversification de l’économie.
Dans cette perspective, Sonelgaz dispose d’un savoir-faire couvrant plusieurs étapes de la réalisation des projets énergétiques, depuis les études d’ingénierie jusqu’à la mise en service des installations, en passant par la maintenance, la formation et l’assistance technique. Une offre intégrée susceptible de répondre aux besoins de pays partenaires confrontés à des défis d’approvisionnement et de développement de leurs capacités électriques.
Le groupe public a déjà engagé cette dynamique sur le continent. Au Niger, une centrale électrique de 40 mégawatts réalisée par Sonelgaz International a été inaugurée à Niamey, en juin dernier. Au Tchad, un projet de centrale de même capacité a également franchi une étape concrète avec le lancement des travaux préparatoires à sa réalisation, matérialisé par la pose de la première pierre, en juin 2026.
Ces projets illustrent la contribution des compétences algériennes au développement des infrastructures énergétiques africaines. Ils donnent aussi une dimension concrète à la coopération Sud-Sud, en associant expertise technique, réalisation d’équipements et renforcement des capacités des pays partenaires.
Dans cette stratégie, Sonelgaz International occupe une place centrale. Sa mission consiste à valoriser les capacités du groupe, à développer des partenariats à l’étranger et à faciliter les démarches des opérateurs algériens désireux de se positionner sur de nouveaux marchés.
L’objectif est de dépasser les initiatives isolées pour faire émerger une démarche plus coordonnée dans laquelle les entreprises nationales peuvent s’appuyer sur l’expérience, le réseau de relations et les références techniques d’un acteur déjà implanté dans plusieurs projets internationaux.
À cet égard, le ministre a affirmé que le groupe Sonelgaz entend devenir « un catalyseur pour l’accès des entreprises algériennes aux marchés énergétiques régionaux, en mettant à profit son expérience accumulée, son réseau de relations et ses partenariats, et en ouvrant de nouvelles perspectives aux produits, aux services et aux compétences nationales, notamment dans l’espace africain ».
Cette orientation répond à un enjeu économique majeur : faire en sorte que les investissements réalisés dans le secteur énergétique profitent également au tissu industriel national.
Répondre aux besoins futurs
Cette stratégie d’expansion intervient parallèlement à un autre défi : la transformation du système énergétique national. La progression de la demande impose de poursuivre le développement des capacités de production, d’améliorer la fiabilité des infrastructures et de maintenir la qualité du service public.
Dans le même temps, la transition énergétique appelle une diversification progressive des sources de production, un développement accru des énergies renouvelables et un renforcement des compétences industrielles et technologiques nationales. Pour l’Algérie, il s’agit de préparer les évolutions du secteur tout en préservant les capacités nécessaires à la sécurité de l’approvisionnement.
La deuxième édition de « Kahraba Expo 2026 », organisée du 13 au 15 octobre, au Palais des expositions des Pins-Maritimes à Alger, s’inscrit dans cette dynamique. Avec la participation de 45 exposants, le Salon constitue un espace de rencontre pour les acteurs de l’électricité et des énergies renouvelables, ainsi qu’une vitrine pour les capacités industrielles et technologiques du secteur national.
L’ouverture officielle a été assurée par Nabil Kafi, représentant le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, aux côtés d’Ahmed Tabache, président du Cluster industriel électrique d’Algérie (CIEL), en présence de responsables du secteur et d’ambassadeurs accrédités en Algérie.
Pour Sonelgaz, le défi est désormais de transformer les références techniques acquises en Algérie et sur le continent en un courant durable de contrats et de partenariats. G. Salah Eddine
