L’année 2023 a connu une relance des travaux du projet de doublement, de rénovation, de modernisation et d’électrification de la ligne ferroviaire minière de transport du phosphate de Bled El Hadba (Tébessa) traversant quatre wilayas de l’Est : Tébessa, Souk Ahras, Skikda et Annaba, sur 388 km.

Dans la wilaya de Tébessa, la portion de la ligne ferroviaire reliant Djebel El Onk à Oued Kebrit, sur une distance de 177 kilomètres jusqu’aux limites de la wilaya de Souk Ahras, progresse à un rythme significatif, atteignant un taux d’avancement des travaux de 83,6%, a souligné le wali de Tébessa, Saïd Khelil, dans une déclaration à l’APS. Le responsable local a assuré que les trois chantiers majeurs de ce projet structurant font l’objet d’un renforcement en cours, visant à finaliser les travaux restants et à permettre la réception de la ligne au cours du premier trimestre de l’année à venir.
Prévue pour entrer en phase opérationnelle en 2024, cette ligne revêt une importance capitale pour le développement économique de la wilaya. Elle facilitera le transport annuel de 10 millions de tonnes de phosphate depuis les mines de Djebel El Onk et Bled El Hadba, situées dans l’extrême Sud de Tébessa, vers les complexes et usines de traitement des wilayas de Tébessa, Souk Ahras et Skikda, avant leur exportation depuis le port d’Annaba.
La ligne ferroviaire sera équipée de 12 stations dédiées au transport de voyageurs, de marchandises et de produits miniers, selon M. Khelil.
Parallèlement, les travaux de modernisation, de doublement et de correction du tronçon entre Bouchegouf (Guelma) et le port de Annaba, s’étendant sur 54 kilomètres, sont étroitement surveillés par les autorités locales. Ce tronçon, l’un des quatre composants de la ligne minière de 388 kilomètres à l’est du pays, implique la réalisation d’ouvrages d’art majeurs, tels que trois grands ponts de 320 mètres, deux tunnels de 1.850 mètres de long, et 30 ponts routiers, supervisés par un conglomérat d’entreprises dirigées par le groupe public Cosider, selon les informations de l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (Anesrif).
L’implication active des autorités locales, la mobilisation des ressources nécessaires et la gestion proactive des éventuelles difficultés témoignent d’une détermination soutenue à faire avancer ces projets majeurs dans les délais impartis.
Le projet actuel connaît des étapes cruciales, notamment les opérations de libération du tracé et des passages, le transfert des divers réseaux, ainsi que l’ouverture de la galerie de passage du chemin de fer, s’étendant des frontières de la commune de Bouchegouf (Guelma) jusqu’à la limite de la commune de Chihani (wilaya d’El Tarf). Parallèlement, des opérations d’expropriation pour cause d’utilité publique et d’indemnisation des propriétaires de biens et d’exploitations agricoles sont également en cours.
Lors de la dernière visite sur le terrain, les représentants des entreprises de réalisation ont informé le wali que le passage au système de travail 3×8 heures serait bientôt mis en œuvre afin d’accélérer le rythme des travaux, en particulier au niveau des chantiers des tunnels et des ponts.
Des perspectives socioéconomiques prometteuses
Dans les prochaines étapes, le lancement du tronçon du projet est prévu dans les wilayas de Souk Ahras, Annaba et Skikda, marquant ainsi une avancée significative du projet à l’échelle régionale. Ces développements reflètent l’engagement soutenu des parties impliquées dans la réalisation efficace de cette infrastructure d’intérpet majeur. Au-delà du transport annuel de 10 millions de tonnes de phosphate de Bled El Hadba, ce projet revêt une importance stratégique en ouvrant des perspectives économiques prometteuses pour Tébessa et en renforçant le réseau de transport ferroviaire de voyageurs et de marchandises dans plusieurs wilayas de l’est du pays.
À terme, le projet est destiné à générer des revenus annuels substantiels, estimés à deux milliards de dollars, provenant de l’extraction du phosphate brut de la mine de Bled El Hadba, de son traitement, et de son exportation vers les marchés internationaux, dans le cadre d’un partenariat algéro-chinois.
Outre ses retombées économiques, cette ligne minière contribuera activement au développement des localités frontalières en créant plus de 14 000 emplois au profit des habitants des wilayas concernées. En parallèle, elle favorisera l’extension et la diversification des activités économiques et commerciales à l’échelle locale et nationale, insufflant ainsi un dynamisme économique notable dans la région.
