Synthèse Fatiha M.
Lors du 75e anniversaire de l’ONU, en 2020, les États membres avaient demandé au Secrétaire général de présenter un rapport et des recommandations pour répondre aux défis mondiaux et relancer le multilatéralisme. Après différentes consultations, le rapport «Notre programme commun» a été présenté en septembre 2021, et l’ONU proposait de tenir un « Sommet mondial de l’avenir » en 2024.

Après le Sommet sur les Objectifs de développement durable (ODD) tenu en septembre 2023, le Sommet de l’avenir est prévu pour les 22 et 23 septembre 2024. Les chefs d’État et de gouvernement qui y sont invités devraient adopter un «pacte pour l’avenir» orienté vers l’action et mettant en avant la solidarité mondiale envers les générations actuelles et futures.
La Charte des Nations unies et la Déclaration universelle des droits de l’Homme sont les bases de travail pour orienter la réalisation d’un «programme commun pour agir pour les générations futures». Ce «programme commun» s’articule avec le Programme de développement durable à l’horizon 2030 (les 17 ODD) qu’il vise à accélérer, tout en tenant compte de nouveaux contextes comme les conséquences de la crise sanitaire, les crises sociales et les guerres. Le Programme 2030 est un plan d’action pour l’humanité, la planète, la prospérité et la paix, qui vise à réaliser les droits humains pour tous et l’égalité des genres. Intégrés et indissociables, les objectifs concilient les trois dimensions du développement durable : économique, sociale et environnementale.
La femme, élément crucial du développement
Le «programme commun» affirme d’ores et déjà que « la plus grande ressource de l’humanité est sa capacité d’action collective, pourtant amputée de moitié depuis longtemps du fait des discriminations visant les femmes. Il ne peut y avoir de vrai contrat social sans la participation active et égale des femmes et des filles. Quand les femmes dirigent et participent aux décisions sur un pied d’égalité avec les hommes, quand leur intégration économique est assurée, c’est l’humanité tout entière, hommes et femmes confondus, qui en profite».
Les États membres sont appelé à prendre cinq mesures, toutes liées les unes aux autres et porteuses de transformations :
assurer la réalisation pleine et entière de l’égalité des droits, notamment en abrogeant toutes les lois discriminatoires visant les femmes (cible 5.1 des ODD) ;
promouvoir la parité hommes-femmes dans tous les domaines et à tous les niveaux de décision, y compris par des quotas et des mesures spéciales ;
faciliter l’inclusion économique des femmes, notamment en investissant massivement dans l’économie des services à la personne, en assurant l’égalité des salaires et en apportant un plus grand soutien aux entrepreneuses ;
prendre mieux en compte la voix des jeunes femmes ; arrêter, à titre prioritaire, un plan d’intervention d’urgence destiné à hâter l’éradication de la violence à l’égard des femmes et des filles, auquel le système des Nations unies apportera son appui et qui s’accompagnera d’une campagne mondiale visant à éliminer toute norme sociale qui tolère, excuse ou occulte ce type de violence, conformément à la cible des ODD. Ce plan s’inscrira dans le cadre de l’action multipartite menée en vue de réduire sensiblement toutes les formes de violence dans le monde.
Le Sommet de l’avenir sera une occasion unique de restaurer une confiance érodée et de démontrer que la coopération internationale permet de relever de manière efficace les défis de notre époque ainsi que ceux qui se sont fait jour ces dernières années ou qui pourraient encore se profiler à l’horizon. A cette fin, un document final orienté vers l’action, appelé «Pacte pour l’avenir», sera adopté. Il sera négocié et approuvé par les pays avant et pendant le Sommet.
Une lueur d’espoir
L’extrême pauvreté et la faim gagnent du terrain. Les émissions mondiales ont atteint leur niveau le plus élevé dans l’histoire de l’humanité, tout comme les déplacements de populations. Les menaces telles que les changements climatiques, les conflits, l’insécurité alimentaire, les armes de destruction massive, les pandémies et les crises sanitaires ainsi que les risques liés aux nouvelles technologies ne cessent de croître. Le système actuel de gouvernance multilatérale, conçu en des temps plus simples et plus lents, n’est pas adapté au monde d’aujourd’hui, qui est complexe, interconnecté et en constante évolution.
Pour les Nations unies, le Sommet de l’avenir «est l’occasion de tracer une meilleure voie ». Il offre une occasion de renforcer la coopération sur des questions essentielles, de combler les lacunes que présente la gouvernance mondiale, de réaffirmer les engagements existants (notamment vis-à-vis des ODD de 2030 et de la Charte des Nations unies) et enfin de progresser vers un système multilatéral revitalisé, plus à même d’avoir une incidence positive sur la vie des gens.
