7e sommet du GECF : L’Algérie a accueilli un rassemblement historique

Par Chahid Lakeb

Le 7e Sommet du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF) pour l’industrie mondiale de l’énergie a débuté à Alger jeudi dernier et a pris fin hier. Il a rassemblé les chefs d’État, des ministres et de hauts fonctionnaires des 12 pays membres – la Bolivie, l’Algérie, l’Égypte, la Guinée équatoriale, l’Iran, la Libye, le Nigeria, le Qatar, la Russie, Trinité-et-Tobago, les Émirats arabes unis et le Venezuela – ainsi que 7 pays observateurs : le Pérou, l’Irak, l’Angola, l’Azerbaïdjan, la Malaisie, la Mauritanie et le Mozambique.

L’évènement tant attendu de l’année a permis de discuter des principaux enjeux, défis et opportunités du marché du gaz à l’échelle mondiale, ouvrant la voie à des efforts de collaboration pour façonner l’avenir du paysage énergétique mondial.
Créé en 2001, le GECF jouit d’une position dominante sur les marchés mondiaux de l’énergie et parmi les organisations internationales de l’énergie. Le Forum représente plus de 70% des réserves mondiales de gaz, 40% de la production commercialisée et 47% des exportations mondiales de gaz. De plus, les pays membres du GECF représentent collectivement plus de la moitié (51 %) des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié (GNL).
Les relations équilibrées et la position respectée de l’Algérie sont considérées comme essentielles à l’élaboration de propositions qui servent les meilleurs intérêts de tous les membres, en visant la stabilité des marchés de l’énergie. Le Sommet n’est pas seulement un point de rencontre, mais une plateforme stratégique pour dessiner des cartes d’investissement dans le secteur gazier, tirant parti de la proximité de l’Algérie avec les marchés européens.
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a mis en avant les objectifs géostratégiques du Sommet, notamment dans le contexte des défis mondiaux actuels. L’accent mis par la session sur la transition d’une simple plateforme à un rassemblement régional souligne les efforts du Forum dans l’exercice d’une diplomatie fonctionnelle. Cette approche vise à maintenir la concertation et la coordination entre les pays producteurs, à préserver la valeur ajoutée du gaz et à défendre leurs intérêts dans un contexte de relations internationales fluctuantes. Les conflits et bouleversements en cours constituent un tournant décisif, ce qui confère au sommet de cette année une importance exceptionnelle. Le Sommet a permis aux États membres de discuter de la coopération conjointe des pays producteurs pour assurer la stabilité du marché mondial du gaz et des moyens de relever les défis. Deux questions fondamentales sont sur la table : comment le gaz peut favoriser la transition énergétique et comment restaurer la confiance entre les pays exportateurs et acheteurs pour assurer la stabilité du marché. Sous l’impulsion du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, honoré d’accueillir en Algérie les émissaires des pays riches en énergie à un important sommet visant à relever les défis urgents et à explorer de nouvelles voies de collaboration ainsi que d’intensifier les dialogues stratégiques qui traceront la voie vers un avenir énergétique durable, sûr et prospère. Le ministre de l’ Énergie Mohamed Arkab a mis tout en œuvre pour que les préparatifs du Sommet soient optimums en mobilisant des ressources et assurer des conditions optimales pour la réussite totale de l’événement, car ce sommet représente un moment charnière dans la formation du paysage énergétique mondial et en orchestrant une symphonie de dialogue et de coopération entre les délégués du monde entier.

La souverainté
L’objectif majeur du Sommet est de “façonner l’avenir énergétique en tant que défenseur mondial du gaz naturel” et de “soutenir les droits souverains des pays membres sur leurs ressources” selon les déclarations du ministre de l’Énergie, M.  Arkab. Des protocoles d’accord entre le GECF et les principales organisations internationales et régionales ont également été signés.
Le Sommet a permis d’examiner les méthodes permettant aux pays producteurs de suivre la transition mondiale vers des sources d’énergie durables, soulignant le rôle positif que joue le gaz naturel dans cette transition et la nécessité de protéger les marchés du gaz contre les interventions et les cadres réglementaires qui pourraient entraver les intérêts des uns et des autres, ce qui nuirait à la stabilité du marché à moyen et long terme.
Cet évènement majeur a débuté jeudi dernier par une réunion du groupe de travail ad hoc de haut niveau dédié à la préparation du 7e Sommet GECF. L’objectif était de rédiger la Déclaration d’Alger, soumise à l’examen de la réunion ministérielle extraordinaire.
Dans l’après-midi, le ministre de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, a présidé la cérémonie d’inauguration de l’Institut de recherche en gaz (GRI), dans le bâtiment B au siège du ministère de l’Énergie et des Mines, en présence du secrétaire général du Forum, Mohamed Hamel, du directeur général de l’Institut, Azzedine Adjeb, et des hauts responsables du secteur. Le GRI a été fondé en 2018 et a déjà tenu 15 réunions de son comité scientifique, tout en développant son projet inaugural sur le torchage de routine. Il a également organisé deux ateliers sur le torchage de routine et l’hydrogène. L’Institut de recherche sur le gaz vise à fournir un cadre pour la collaboration scientifique et technologique en stimulant l’échange d’informations, d’innovations, de bonnes pratiques et de formation, tout en facilitant le transfert et le développement de technologies tout au long de la chaîne de valeur du gaz. La création du GRI intervient à un moment où les marchés du gaz naturel connaissent une transformation importante en termes de demande pour cette énergie propre et vitale, en particulier avec de nombreux pays dans le monde désireux de protéger l’environnement et de réduire les émissions de carbone.
L’institut vise à élargir la coopération entre les pays membres du forum dans le domaine de la technologie et à établir un cadre pour la collaboration scientifique par le biais de l’échange d’informations, du soutien à l’innovation, du partage d’expériences et de compétences, ainsi que de la formation. En outre, il cherche à développer l’utilisation de la technologie pour élargir la base de ressources du gaz, améliorer son efficacité et assurer une meilleure exploitation et gestion de ces ressources afin d’améliorer la compétitivité entre les membres du forum sur les marchés mondiaux du gaz. L’un des principaux objectifs de l’institut sera de réduire les émissions de torchage et de travailler sur des mécanismes pour préserver l’environnement et atténuer les effets exacerbés des émissions de carbone dans le but de protéger l’environnement. De plus, l’institut s’efforcera de trouver des solutions technologiques efficaces et innovantes qui renforceront la position du gaz naturel dans le processus mondial de transition énergétique.

Réunion des ministres
Dans son allocution d’ouverture, vendredi dernier, le ministre de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, a insisté sur l’importance du gaz naturel comme source d’énergie incontournable et a appuyé sur le fait que le GECF avait du poids sur le marché mondial. Après la cérémonie d’ouverture, les ministres se sont réunis à huits clos pour examiner des points inscrits à l’ordre du jour. Lors de leurs interventions, les ministres des pays membres ont mis en avant l’importance de la question énergétique et leur volonté de parvenir à un consensus au sein du GECF pour faire de ce sommet un véritable succès.
Au milieu des discussions sur les changements géopolitiques et les impératifs climatiques, M. Arkab est demeuré inébranlable dans son plaidoyer en faveur de mécanismes de tarification justes et équitables. Il a souligné la nécessité d’un dialogue continu entre les producteurs et les consommateurs, afin d’assurer un bénéfice mutuel dans la poursuite de la sécurité énergétique.
Le ministre de l’Energie a indiqué que la coopération entre les entreprises productrices est le sujet le plus important de l’ordre du jour qui comprend également des discussions sur la garantie de la sécurité énergétique mondiale, la sécurisation de l’offre et de la demande, le service de l’intérêt commun à travers des contrats commerciaux à long terme et le renforcement des projets conjoints d’investissement et de financement. Alors que la réunion ministérielle touchait à sa fin, un sentiment d’optimisme a envahi l’air. Les délégués sont repartis avec un sens renouvelé de l’objectif, renforcé par l’engagement indéfectible du ministre Arkab à orienter le Forum vers un avenir durable.
Et la réunion s’est achevée par l’adoption du projet de Déclaration d’Alger et son renvoi au sommet des dirigeants pour approbation finale, ainsi que l‘approbation de la demande d’adhésion du Sénégal en tant que membre observateur du forum des pays exportateurs de gaz GECF, effective à partir du mois d’avril. Et pour couronner le tout, Sonatrach a été récompensée du prix du GECF en reconnaissance de ses réalisations majeures dans l’industrie et le développement du gaz liquéfié et des gisements grâce à l’utilisation de technologies de pointe.
Le Forum des pays exportateurs de gaz a présenté en avant-première la 8e édition du rapport Global Gas Outlook 2050. La présentation a commencé par une courte vidéo présentant le rapport et mettant en évidence ses principales idées. Ce rapport donne un aperçu de l’avenir du gaz naturel jusqu’en 2050, a rapporté le site web du GECF. Le gaz naturel devrait continuer à jouer un rôle important dans le bouquet énergétique mondial jusqu’en 2050 et au-delà, selon les dernières projections du GECF.
En tant que rapport annuel-phare mondialement reconnu, le Global Gas Outlook 2050 met en lumière l’évolution des tendances du marché de l’énergie, fournit des prévisions et des analyses essentielles à long terme et transmet les décisions d’élaboration des politiques et d’investissement.
Le Sommet d’Alger a également marqué des avancées notables en matière d’adhésion et de coopération entre les pays exportateurs de gaz. L’ajout de la République du Sénégal au GECF signifie une reconnaissance croissante de l’importance stratégique du gaz dans la transition énergétique. Parallèlement, le président du Mozambique, Filipe Jacinto Nyusi, a exprimé son admiration pour l’expertise du Qatar en matière d’exploration et d’exportation de gaz, annonçant un avenir de coopération et d’échange de connaissances renforcés. L’intention du Mozambique de devenir membre à part entière du GECF souligne encore davantage l’influence croissante du Forum et l’objectif collectif de relever les défis auxquels est confrontée l’industrie gazière.
Lors de son allocution, samedi dernier, à l’ouverture des travaux du Sommet, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé que le travail de tous les membres pour promouvoir la coopération et le dialogue afin de démontrer le rôle positif que le gaz jouera dans le développement durable et la consultation pour la stabilité du marché dans le but de servir les intérêts des producteurs et des consommateurs.

La Déclaration d’Alger adoptée à l’unanimité
Alors que se termine le 7e Sommet du GECF, l’adoption de la Déclaration d’Alger a été unanime. Les résultats et les discussions du Sommet vont permettre de façonner l’avenir des marchés mondiaux du gaz.
L’accent mis par le forum sur la coopération, les investissements stratégiques et l’adaptation aux changements géopolitiques reflète une approche unifiée visant à assurer la stabilité énergétique et à faire progresser les intérêts des pays exportateurs de gaz. Le paysage changeant de l’énergie mondiale, marqué par l’augmentation du nombre de membres et des initiatives stratégiques du forum, marque une étape décisive vers un avenir plus collaboratif et plus résilient.
Dans le contexte du riche héritage de l’Algérie en tant que membre pionnier du Forum, le ministre de l’Énergie, sous l’égide du président Tebboune, a articulé une vision de la résilience et du progrès. Il a salué les contributions de l’Algérie à l’industrie du gaz naturel, vantant l’expertise d’entités telles que Sonatrach et Sonelgaz dans les efforts d’exploration, de développement et de transport.
L’Algérie a une grande expérience dans le domaine des hydrocarbures, notamment dans la prospection, l’exploitation et l’exportation de gaz et elle a mis tout en œuvre lors de ce Sommet pour que l’industrie gazière joue un rôle constructif et essentiel dans le développement durable et l’éradication de la pauvreté, tout en contribuant à une transition énergétique juste, ordonnée et inclusive, notamment en améliorant l’efficacité et en développant et en déployant des technologies de pointe. Et cela passe par la poursuite des investissements dans l’exploitation du gaz naturel pour répondre à la demande future et assurer la stabilité du marché mondial.
Dans les annales de l’histoire, le rôle de l’Algérie en tant que catalyseur du changement dans l’arène énergétique mondiale sera gravé en lettres d’or, témoignant du pouvoir de la collaboration et de l’action collective pour façonner un avenir meilleur. Et à la barre se tient le président de la République, Abdelmajid Tebboune, un leader visionnaire dont la détermination inébranlable va propulser le monde vers un avenir durable pour tous.

ALGER 16 DZ

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