Par Kheireddine B.
Le contrat signé par Sonatrach avec la société italienne Tecnimont pour la réalisation d’un complexe pétrochimique pour la production de linéaire alkyl benzène (LAB), permettra à l’Algérie dès l’entrée en production de cette usine, de ne plus importer cette matière première utilisée dans l’industrie des détergents et des nettoyants.

Le PDG de Sonatrach, Rachid Hachichi, a évoqué les retombées de cette usine sur l’économie nationale.
En effet, lors d’une conférence de presse tenue en marge de la cérémonie de signature du contrat au siège de Sonatrach, supervisée par le ministre de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, en présence de l’ambassadeur d’Italie en Algérie, Alberto Cutillo, ainsi que des hauts cadres de la compagnie nationale des hydrocarbures et de la société italienne Tecnimont Spa, le PDG de Sonatrach a déclaré que le projet du complexe pétrochimique pour la production de linéaire alkyl benzène sera opérationnel en 2027. Il a souligné que cette production répondra aux besoins nationaux en matière première pour la fabrication de détergents et de nettoyants industriels, permettant ainsi de satisfaire le marché intérieur et même d’envisager des exportations.
M. Hachichi s’est également réjoui de la conclusion de ce contrat avec Tecnimont Spa, affirmant que ce projet est en accord avec la politique du président Abdelmadjid Tebboune visant à valoriser les ressources en hydrocarbures pour répondre aux besoins nationaux, éviter les importations et renforcer l’industrie pétrochimique algérienne.
“Nous sommes très contents de ce contrat et nous allons le suivre de manière très rigoureuse pour le réaliser dans les délais requis, en respect du budget et de la qualité”, a déclaré M. Hachici, tout en assurant que ce projet “va contribuer à la création de plusieurs petites et moyennes entreprises pour la fabrication des détergents et des produits nettoyants et des milliers de postes d’emploi pendant et après la réalisation du complexe”. Dans ce sillage, le PDG de Sonatrach a souligné que le lancement de ce projet représente un nouveau jalon dans le cadre du programme d’investissement visant à développer une industrie pétrochimique robuste.
La réalisation du futur complexe, objet d’un contrat de 1,05 milliard de dollars dont 32% en dinars, est confiée en EPC à Tecnimont Spa et s’étalera sur 44 mois. M. Hachichi a précisé que le complexe aura une capacité de production de 100 000 tonnes par an et permettra la production locale d’un additif utilisé dans l’industrie des détergents et des nettoyants industriels, précédemment importé.
Selon M. Hachichi, cet investissement majeur contribuera à valoriser davantage les produits pétroliers (kérosène et benzène) disponibles à la raffinerie RA1K de Skikda, tout en impulsant un nouveau dynamisme à l’industrie des détergents et ses dérivés dans le pays. Il a également noté que Sonatrach a choisi une technologie permettant de produire du LAB biodégradable pour ce projet, ce qui reflète “la volonté du groupe de favoriser un développement industriel durable”. Ainsi, il a affirmé que le lancement de ce nouveau projet pétrochimique conforte Sonatrach “dans son rôle de locomotive de l’économie nationale et de leader du développement durable du pays dans ses dimensions économiques, sociales et environnementales”.
De son côté, le directeur central de l’engineering et de la gestion de projets, Mahdi Sallami, a indiqué que ce projet s’inscrit dans la stratégie de développement de Sonatrach visant à transformer les produits pétroliers pour une valorisation accrue, avec pour objectif de réduire les importations nationales qui atteignent environ 35 000 tonnes par an de LAB pur et dépassent les 40 000 tonnes de dérivés de LAB.
Alessandro Bernini, PDG du groupe Maire Tecnimont, a déclaré pour sa part que ce projet renforcera la coopération entre l’Italie et l’Algérie, le qualifiant de “très important” et confirmant la “forte compétitivité et la capacité de son groupe dans ce domaine”. Il a rappelé que la présence de son entreprise en Algérie a débuté en 2018. Et malgré les défis posés par la pandémie de Covid-19, elle a réussi à livrer un projet majeur à Sonatrach.
Le vice-président de Sonatrach chargé des finances, Djamel Atallah, a pour sa part indiqué que ce projet est crucial pour Sonatrach et structurant pour l’économie nationale, en droite ligne des objectifs gouvernementaux visant à valoriser les ressources nationales à forte valeur ajoutée et à réduire les importations.
Le directeur général par intérim de la BNA, Dine Benabdi, a mis en avant l’importance de la collaboration entre Sonatrach et la BNA pour financer ce projet à hauteur de 65%, soulignant que ce financement s’inscrit dans le cadre de l’accompagnement des sociétés nationales et privées conformément à la stratégie de la banque. Il a également noté que c’est le troisième type de financement accordé à Sonatrach, affirmant la disposition de la BNA à contribuer à la réalisation d’autres projets stratégiques du groupe.
