Humble, populaire et surtout apprécié pour son professionnalisme et sa simplicité, le talentueux Nabil Asli a su donner vie à des personnages complexes et ambigus. Homme de théâtre, comédien, il est également réalisateur et metteur en scène. L’AS (son nom dans Batha) a su conquérir le cœur des Algériens au fil des années et des rôles qu’il a brillamment interprétés. Nabil Asli a accepté de répondre aux questions d’Alger16 dans un entretien où il se dévoile, évoque ses expériences ainsi que ses projets.
Entretien réalisé par Ryad Ammour

Batha a clôturé ses derniers épisodes et sa dernière saison. Comment jugez-vous cette production ?
Pour le jugement, à vrai dire, c’est pas à nous de juger le produit ; c’est au public de le faire. Il est le premier à juger. On a eu des échos positifs, on très content du résultat. Pour nous, c’est pas en forme de jugement mais plutôt une analyse. On fait notre constat artistiquement, techniquement, et pour cette année, on trouve qu’on a évité les erreurs qu’on a fait dans la première saison. Avec cette analyse on trouve y eu beaucoup de points positifs où un grand travail a été réalisé par rapport à la technique, à l’histoire… il y a des résultats.
Il faut savoir qu’avant de commencer cette saison, on a eu une discussion avec tous les départements pour pousser le bouchon le plus haut possible, sur tous les plans, à savoir, le scénario, jeu, technique, musique, production, réalisation. Au final, je pense que le défi a été relevé, il y a une réussite. Tout le monde a fait de son mieux pour obtenir satisfaction ; à l’écran on constate l’amélioration sur plusieurs plans.
On a appris qu’il n’y aura pas de Batha 3. Quelles sont les raisons ?
Pourquoi ne pas faire Batha 3, pour plusieurs raisons. Quand on a commencé Batha, on l’a souvent répété, c’était un texte pour une seule saison. Après avoir constaté le résultat de la première saison, on s’est dit que ce serait bien de faire vivre encore une fois ce personnage, ça valait le coup !
Le défi était comment véhiculer cette histoire. On sait tous que les téléspectateurs sont au courant de la fin de la première saison, le défi était de faire oublier la première histoire et de trouver de belles choses à raconter, le comique, le rythme… On a bossé sur ça, sur l’émotion et la profondeur des personnages. Aujourd’hui, on ne trouve pas une forte raison pour une troisième saison, c’est compliqué…
Batha c’est un processus. On cherche toujours à offrir d’autres propositions artistiques. On aurait pu aussi continuer avec Dakious et faire les 5e et 6e saisons. On s’est arrêtés à la 4e pour passer à Batha. On a toujours les mêmes principes : faire une nouvelle proposition artistique, différente de Dekious et de Batha. Cela demande un grand travail, le sérieux et le temps surtout. Inch’Allah on en sera capables.
Pour vous, quelle est la meilleure saison : Batha 1 ou Batha ?
Entre la première et la deuxième saison, je ne sais pas, franchement. Comment expliquer… chaque saison a eu ses défis et ses enjeux.
Pour la première saison, c’était comment les gens vont accepter ce nouveau concept, ces personnages. Pour la deuxième, c’était comment confirmer la réussite de la précédente saison. On veut toujours montrer que c’est tout un travail et pas un coup de chance. Le réalisateur, le producteur. nassim et moi pensons que la deuxième saison est plus aboutie. Pas à 100% c’est évident, il y a toujours des points faibles. Elle est plus riche en scénario, en jeu, en technique, en réalisation, en production et c’est aussi le but. Quant à moi, j’aime les deux saisons.
Verra t-on prochainement Nabil Asli dans un drama ou un long métrage ?
Pour le drama, je ne sais pas, j’aimerais bien, pas tout de suite, plutôt demain, cela dépend de l’expérience, du rôle. Le cinéma, oui, j’ai joué dans quatre films qui ne sont pas encore sortis. J’ai joué des rôles différents, avec des réalisateurs différents, des histoires différentes. Le premier film, de Lotfi Bouchouchi, intitulé La Gare, est une comédie. Le second, Meursault, contre-enquête de Malek Ben Smail, est une adaptation du romand de Kamel Daoud où j’interprête le personnage de Kamel Daoud, journaliste et chroniqueur. Le troisième de Chakib Ben Diab est un thriller, où j’ai incarné le rôle d’un inspecteur de police. Dans le quatrième film, de Merzak Allouache intitulé Premier rang, je joue le rôle d’un plagiste.
Un projet en cours pour le ramadan prochain ?
Pour le ramadan prochain, il y a des projets, il y a toujours des propositions artistiques. Seulement il faut trouver le temps pour l’écrire, le produire. Il faut du temps pour trancher. On ne prend pas de décisions seuls, il y a les producteurs et un staff derrière. Il faut aussi savoir que cela demande beaucoup de réflexion, un choix.
Il y a toujours des idées, inch’Allah. Comme on est exigeants, on préfère faire les choses doucement et surtout bien. Il n’y a pas de secret pour réaliser un truc bien, il suffit de bien l’écrire, bien préparer. La première pierre est le scénario et c’est ce qui prend du temps. D’ici là on verra !
Le dernier mot vous revient…
Merci à vous, vous m’avez donné une opportunité. Merci à tous les lecteurs qui vont lire cet entretien. Je remercie aussi les journalistes qui ont suivi notre production, avec de belles
analyses. Toute l’équipe de Batha, Nassim, mon frère, mon ami, on écrit toujours ensemble, tous les acteurs, réalisateur Walid, Redouane le producteur. Je remercie surtout le public, sans lui on ne peut faire grand-chose, il nous a soutenus, aidés, suivis et, surtout, il a aimé ce qu’on a fait. Je leur dis Saha ramdankoum et Saha aidkoum. Rendez-vous pour d’autre produits et d’autres “folies” artistiques en espérant rester fidèle à ce public.
Ryad Ammour
