
L’agroalimentaire est l’une des industries majeures en Algérie, totalisant près de 15 milliards du PIB net de l’Algérie. Bien véhiculé par des acteurs majeurs compétents, elle se positionne aujourd’hui comme deuxieme économie en Algérie après les hydrocarbures. Sa particularité est qu’elle s’adresse directement au consommateur algérien, peu importe son statut ou sa catégorie sociale.
Alger16 a rencontré le responsable à la tête d’un des acteurs majeurs de cette industrie, le président-directeur général du groupe Agrodiv, Brahim Lazreg.
Nous partageons avec vous les échanges avec ce responsable visionnaire, à la tête de cette entreprise emblématique de l’industrie agroalimentaire.
Au cours de cet entretien, nous plongerons dans l’univers fascinant de cette entreprise et explorons ses projets d’avenir et sa vision pour le futur de l’industrie agroalimentaire en Algérie.
Entretien.
Entretien réalisé par G. Salah Eddine
Comment s’est présentée l’édition du salon international de l’industrie agroalimentaire Djazagro ?
Cette édition est meilleure que la précédente. Il y a une vraie évolution par rapport à la qualité des exposants, c’est très bénéfique pour les opérateurs économique algériens.
Qu’en est-il de la participation internationale qui s’élève à 69% du total des exposants ?
La participation étrangere est très importante. On a la possibilité et l’opportunité de discuter directement avec eux, d’avoir des échanges commerciaux et des partenariats dans le domaine agroalimentaire. Dans le cadre de nos missions et objectifs, l’opérateur algérien est vraiment entrain d’évoluer dans le domaine de l’agroalimentaire surtout avec la diversification de nos produits et un développement qui est extrêmement important ces dernières années en matière de richesse de l’offre de produits. On évolue de manière très harmonieuse dans la production de biens.
Justement pouvez-vous nous donner une explication plus large sur votre vision du secteur agroalimentaire en Algérie ?
Bien sûr. L’agroalimentaire est surement le plus grand marché en Algérie, et dans le monde dans une moindre mesure. Qui dit agroalimentaire dit une consommation accrue de produits. Généralement les plus consommés sont des produits de première nécessité. Les boissons sont également très prisées, les biscuits ont leur marché également. C’est un domaine très important pour l’ensemble de la vie socio-économique.
Pensez-vous que ce marché a évolué ces dernières années ?
Oui, il a évolué, énormément. En Algérie il évolue vraiment tres vite. On produit aujourd’hui en Algérie des biens qui étaient considéréd comme un luxe par le passé. On produit de la bonne farine, une très bonne semoule, des huiles et des boissons de très grande qualité. Ces produits sont disponibles à des prix très intéressants et compétitifs.
Quel est le produit dont vous êtes particulièrement fier ?
Le jus N’Gaous ! C’est une boisson de très bonne qualité, qui est très prisée et appréciée par énormément de consommateurs algériens et étrangers. La preuve, on exporte beaucoup ce produit. Nos huiles produites à Jijel sont également exportées.
Restons sur ce point. Quels sont les marchés étrangers que Agrodiv veut explorer ?
On est entrain d’exploiter des marchés au Etats-Unis, au Canada, en France au Royaume-Uni. En Afrique aussi, on commence à explorer sérieusement les marchés africains. Les pays limitrophes aussi, bien sûr…
Quels partenariats envisagez-vous de nouer durant le salon Djazagro et qui peuvent s’avérer intéressants pour le groupe Agrodiv dans le futur ?
Certains partenariats très intéressants peuvent être établis. On vient de parler avec un potentiel partenaire justement. C’est un opérateur étranger spécialisé dans la fabrication d’unités et d’équipements d’emballage. On le recevra plus formellement dans nos bureaux pour discuter et établir un partenariat gagnant-gagnant. On envisage à construire des machines de conditionnement agroalimentaire ici, en Algérie.
Vous venez de parler d’un partenaire spécialisés dans l’emballage et les équipements. Les organisateurs de cet événement ont confié à Alger16 que l’emballage a un intérêt majeur dans cette période même de la courbe du développement agroalimentaire en Algérie. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Bonne question, Vous savez l’emballage est important. Les spécialistes en marketing maintenaient mettant énormément en avant ce point. Avant, il y’avait ce qu’on appelle les quatre mixes du produit. Aujourd’hui on est en pleins dans la 5e dimension. La 5e dimension comprend une grande partie l’emballage. Dans un contexte de concurrence féroce, c’est l’emballage qui véhicule la vente d’un produit. En 2024 même si vous produisez un produit de qualité il ne se vendra pas Si l’emballage n’est pas bien confectionné s’il n’est pas attractif. Avant on parlait de l’emballage comme emballage, un moyen de protection et de contenance du produit. Aujourd’hui l’emballage c’est un produit externe. C’est l’image et la qualité du produit et l’entreprise qui le fabrique qui sont définis par cet emballage.
C’est une question un peu indiscrète mais dites-nous comment vous voyez l’image d’Agrodiv dans le marché algériens?
Agrodiv détient 20% du marché national c’est une évolution de 2%. On est vraiment entrain d’évoluer encore plus. On est passé de 6000 employés à plus de 9000. Nos produits sont consommés et le consommateur croit en nos produits. C’est donc une image positive.
Pouvez-vous nous parler de vos projets ?
On récupère et on relance les activités d’usines fermées. Le complexe de Jijel en est un exemple. Là-bas il y a une unité d’huiles d’olives, une unité de gelée de fraise parce que la région produit de très bonnes fraises, des confitures de fraises seront donc produites.Jijel produit également de très bonnes olive,s on a donc installé une unité d’huile d’olive dans la région qui produira une huile d’olive de qualité mondiale. Les unités que Agrodiv est en train de relancer consolident l’économie de chaque région du pays. Elles répondent aux préoccupations socio-économiques de la région.
Votre groupe contribue également à la sécurité alimentaire, D’autres projets à long terme ?
Tout à fait. Cela rejoint ce que je disais. Nous contribuons à la sécurité alimentaire et l’autonomie en matière de produits de première nécessité. Nous allons installer une usine de levure. Cet investissement entre dans le cadre des orientations des pouvoirs publics en matière de sécurité alimentaire. Nous sommes en train de développer l’aménagement de terres au niveau du Sud. Nous avons obtenu 16 000 hectares de terres agricoles dans la wilaya d’Adrar. Il y a deux mois, nous avons démarré un projet en réalisant un forage. Nous avons de l’eau en quantité et qualité qu’il faut et nous allons travailler l’amont agricole pour nos usines es en Algérie. Nous contribuons de manière directe à la politique et aux orientations des pouvoirs publics en matière d’autonomie et de sécurité alimentaire.
Certains autres grands acteurs du secteur nous ont confié que par rapport à 10 ans en arrière, les pouvoirs publics soutient davantage les entreprises agroalimentaires. Quel est votre commentaire ?
C’est vrai, les pouvoirs publics sont passés à une étape supérieure ces derneirs temps dans le cadre de la sécurité alimentaire du pays. Par exemple, aujourd’hui, la majorité des ménages consomment du pain de boulanger. Ces boulangers ne trouvent pas une levure locale et pas chere Les pouvoirs publics ont pensé à cela. Il est hors de question qu’on ne produise pas de levure, c’est l’idée des pouvoirs publics. Cette fabrication va être confortée par l’installation d’une usine qui nous permettra d’atteindre une autonomie dans ce domaine.
La politique des pouvoirs publics s’est orientée vers le développement de la production de l’amont agricole également pour réduire drastiquement les importations de blé. Je pense qu’on est sur la bonne voie.
Pensez-vous qu’un jour on sortira définitivement de l’importation pour que celle-ci devienne juste un plus et non une obligation ?
On a tous les moyens de le faire. Nous avons un grand pays, un territoire de plus de deux millions de kilometres carrés. Nous avons de l’eau, nous avons l’énergie. Nous avons surtout les compétences aujourd’hui. Nous avons les moyens de sortir de cette situation d’importateur. Nous avons la possibilité de nous sortir de cette situation et de la transformer même en situation d’autonomie et d’exportateur dans tous les domaines. J’en suis sincèrement convaincu.
Un dernier mot M. Lazreg ?
Oui avec plaisir.Tout d’abord je souhaite sincèrement la pleine réussite à votre média. Je vois en vous des jeunes sérieux qui s’intéressent aux problèmes socio-économiques de l’Algérie. Cela nous encourage vraiment et nous donne beaucoup d’espoir pour ce pays qu’on aime énormément. Avec des jeunes comme vous on a les moyens d’aller de l’avant sur pratiquement tous les plans. La preuve, vous êtes aujourd’hui la à discuter avec nous pour vous enquérir de l’évolution économique du marché agroalimentaire et cela démontre que nous avons ces gens s des enjeux économiques, politiques et sociaux de ce pays. Nous espérons que tout va évoluer d’une meilleure manière car l’Etat est là, il est en train de tout faire pour la prospérité de ce peuple qu’on chérit.
Un avenir radieux attend l’Algérie ?
Loin de nous la langue de bois, on est en train de faire énormément de bonnes choses. Un avenir radieux pour l’Algérie est un défi que nous allons d’une manière ou d’une autre relever avec des gens sérieux comme vous. On est àpour vous encadrer, vous accompagner et vous-êtes la pour faire de même, L’Algérie peut voir un horizon radieux.
Merci pour cette collaboration et pour avoir accepté de répondre aux questions d’Alger16…
La plaisir est d’autant plus partagé. Vous êtes variment les bienvenus quand vous le voulez.
N. B. : l’entretien a été réalisé avant la clôture du salon Djazagro
