Par Chahid Lakeb
Promesse tenue : l’ambassadeur algérien, Amar Bendjama, sous l’égide du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait promis lors du dernier vote, en avril dernier, du Conseil de sécurité, de soumettre à nouveau une demande d’adhésion de la Palestine à l’ONU dans un avenir proche. C’est chose faite.

Vendredi 10 mai 2024, le texte adopté par l’Assemblée générale, composée de 193 membres, où aucune nation n’a de droit de veto, recommande que le Conseil de sécurité réexamine favorablement la question de l’adhésion de la Palestine, conformément à l’article 4 de la Charte des Nations unies concernant l’adhésion et à l’avis consultatif émis par la Cour internationale de justice (CIJ) en 1948.
Le projet de texte, coparrainé par l’Algérie entre autres, reconnaît que la Palestine est qualifiée pour devenir membre à part entière de l’ONU et recommande que le Conseil de sécurité reconsidère la question, après qu’elle ait été bloquée par un veto américain le mois dernier. L’Algérie et plusieurs États membres ont été les plus actifs dans la mobilisation du soutien à l’adhésion palestinienne.
Cette résolution des Nations unies en faveur de l’adhésion de la Palestine a été adoptée avec un soutien écrasant et a accordé de nouveaux privilèges à l’Autorité palestinienne en sa qualité actuelle d’État observateur non membre. Elle a remporté une majorité écrasante de 143 voix en sa faveur. Vingt-cinq pays se sont abstenus et neuf pays ont voté contre le texte : la Tchéquie, la Hongrie, l’Argentine, la Micronésie, Nauru, Palaos, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, Israël et les États-Unis.
Le texte comprend également une annexe qui, à titre exceptionnel et sans créer de précédent, énumère les changements importants apportés au statut de l’État de Palestine lors des réunions et conférences de l’Assemblée générale, y compris son ordre dans la liste des orateurs et la disposition des sièges. Les changements de statut auxquels la Palestine aura droit sont de siéger parmi les États membres par ordre alphabétique ; de faire des déclarations au nom d’un groupe ; de soumettre des propositions et des amendements et les présenter ; de coparrainer des propositions et des amendements, y compris au nom d’un groupe ; de proposer des points à inscrire à l’ordre du jour provisoire des sessions ordinaires ou extraordinaires et le droit de demander l’inscription de points supplémentaires ou additionnels à l’ordre du jour des sessions ordinaires ou extraordinaires ; de droit des membres de la délégation de l’État de Palestine d’être élus membres du bureau de la plénière et des grandes commissions de l’Assemblée générale ; ainsi qu’une participation pleine et effective aux conférences des Nations unies et aux conférences et réunions internationales convoquées sous les auspices de l’Assemblée générale ou, le cas échéant, sous les auspices d’autres organes des Nations unies.
Un triomphe
Ces mesures n’ont pas seulement une importance historique, mais signalent un changement dans le poids diplomatique palestinienne au sein de l’ensemble du système des Nations unies. Cette victoire représente bien plus qu’un simple triomphe sur le papier, c’est une affirmation de l’identité nationale et des droits légitimes du peuple palestinien, souvent contestés et niés au fil des décennies de conflit et d’occupation.
Le vote de vendredi dernier est le premier pas sur la voie d’une paix durable au Moyen-Orient, quelle que soit la façon dont la situation est considérée. C’est un grand moment, et les diplomates à l’intérieur de l’ONU se sentaient tendus cette semaine, notamment alors que les discussions se déroulaient dans le contexte de l’incursion terrestre imminente à Rafah.
Fort soutien aux palestiniens
Avec l’émotion à son comble vendredi dernier, plus de 100 représentants ont demandé à parler de la résolution, la plupart soulignant un fort soutien à un État palestinien, quel que soit leur vote.
Le statut de membre de plein droit est attribué seulement si le Conseil de sécurité puis les deux tiers de l’Assemblée générale l’approuvent. Un nouveau vote au Conseil de sécurité devrait intervenir dans les prochains jours…
Dans ses remarques avant le vote, l’ambassadeur palestinien, Riyad Mansour, a évoqué avec passion le sort des Palestiniens dans la bande de Ghaza déchirée par la guerre. “Au moment où nous parlons, 1,4 millions de Palestiniens à Rafah se demandent s’ils survivront aujourd’hui”, a-t-il déclaré, faisant référence aux menaces israéliennes d’une attaque majeure sur la ville densément peuplée du sud de Ghaza.
Il a également remercié et mis en avant les multiples déclarations du président Tebboune sur la position de l’Algérie et son attachement à la cause palestinienne et reconnait la pression permanente de l’Algérie, pour que la Palestine devienne un État membre de l’ONU, plutôt que son statut actuel d’État observateur non membre.
De plus, Riyad Mansour a précisé qu’actuellement, le drapeau flotte haut et fièrement en Palestine et, dans le monde entier, il est devenu un symbole pour tous ceux qui croient en la liberté et est juste gouverné par tous ceux qui ne peuvent plus rester les bras croisés face à une injustice aussi totale.
Depuis son accession à la Présidence, en 2019, Abdelmadjid Tebboune a fait de la cause palestinienne une priorité majeure de sa politique étrangère, démontrant ainsi un engagement ferme envers la justice et la solidarité internationale. Le président Tebboune a réaffirmé à maintes reprises le soutien indéfectible de l’Algérie au droit du peuple palestinien à l’autodétermination et à la création d’un État palestinien souverain. Le chef de l’Etat l’a déclaré haut et fort lors de son discours à l’ONU en septembre 2023, car la reconnaissance de l’Etat de Palestine en tant que membre à part entière des Nations unies constitue un pas très important. C’est une question de principe et de justice historique, de plus c’est aussi une manière de donner une chance à un retour au calme dans cette région déchirée par la guerre.
Un effort diplomatique aussi significatif permettrait de lever l’ambiguïté qui a entaché l’ensemble du processus de paix depuis ses débuts, remettrait la diplomatie sur les rails et forcerait les parties au conflit, ainsi que les principaux acteurs internationaux, à assumer leurs responsabilités. Le président Tebboune soutient que cela accélérera la reconnaissance d’un État palestinien en vertu du droit international en vue d’une solution à deux États que l’ONU soutient depuis longtemps.
Le président Tebboune a fait de la cause palestinienne son cheval de bataille, affirmant ainsi le rôle de l’Algérie en tant que défenseur ardent de la justice et de la solidarité internationale. Son engagement envers la Palestine illustre l’attachement de l’Algérie aux principes de dignité, de liberté et de respect des droits de l’Homme à travers le monde.
