algérie-ue : dialogue et consultation pour une révision de l’accord d’association

Par G. Salah Eddine

L’Union européenne (UE) a demandé la réouverture du dialogue et des consultations avec l’Algérie pour revoir le système de licence d’importation restreignant les exportations européennes vers l’Algérie, indique un communiqué de cette institution.

Depuis l’implémentation en 2021 d’un système de licences d’importation destiné à stabiliser les réserves de devises et à contrôler le flux d’importations, l’Algérie a vu ses échanges commerciaux avec l’Union européenne subir un changement conséquent. Ces mesures ont eu des répercussions sur les importations de biens européens, qui ont énormément baissé, comme le confirment des données officielles de la Commission européenne.
Intervenant sur la chaine de télévision El-Iktisadiya El-Oula, l’expert en économie Houari Tifersi avait déclaré que « ces restrictions ont non seulement freiné les importations européennes vers l’Algérie, mais ont également entravé la concrétisation d’engagements clés pris dans le cadre de l’accord de partenariat signé en 2005 ».
Depuis la signature de l’accord, l’Algérie s’est efforcée de réguler ses importations afin de préserver son économie. Cependant, l’Union européenne « n’a pas respecté pleinement ses engagements en matière de transfert de technologie et d’investissements réels », regrette l’économiste.
Le président Abdelmadjid Tebboune avait précédemment remis en question l’équité de cet accord, plaidant pour sa révision.
Houari Tifersi a également critiqué l’incapacité de l’Union européenne à établir de véritables entreprises conjointes entre l’Algérie et l’UE. Il a expliqué que les objectifs fondamentaux, tels que le transfert technologique et l’attraction réelle de capitaux européens en Algérie, « n’ont pas été atteints ».
L’impact économique de ces restrictions sur l’UE est indéniable. La réduction soudaine des débouchés commerciaux a entraîné une diminution des revenus pour de nombreuses entreprises européennes, affectant directement leur rentabilité et leur capacité à maintenir des niveaux d’emploi stables. Les données officielles de la Commission européenne corroborent cette observation, révélant que les importations algériennes en provenance de l’UE se sont chiffrées à environ 4,9 milliards d’euros en 2023, comparativement aux 22,3 milliards d’euros en 2015.
En réponse aux pertes financières significatives subies par les entreprises européennes, l’Union européenne a lancé un appel pressant à la reprise du dialogue avec Alger. Une initiative qui vise à trouver des solutions concertées et équilibrées pour surmonter les différends actuels et à exploiter pleinement le potentiel économique des deux régions.
À l’heure où l’Algérie poursuit ses efforts pour diversifier son économie et promouvoir une croissance durable, la question des relations commerciales avec l’Union européenne demeure un enjeu crucial. L’appel au dialogue lancé par les instances européennes résonne comme une opportunité stratégique pour renforcer les liens bilatéraux et promouvoir une coopération mutuellement bénéfique dans les années à venir.

Nécessité d’élargir et de renforcer les investissements européens en Algérie


Le ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, Ali Aoun, avait affirmé, au mois de mai dernier, que la plupart des investissements européens directs en Algérie restaient limitée au secteur des hydrocarbures, d’où la nécessité de les élargir et de les renforcer pour réduire la disparité qui caractérise les échanges commerciaux entre les deux parties.
Une donférence a été organisée par la Délégation de l’Union européenne en Algérie, en collaboration avec l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), sur le thème « Explorer les nouvelles opportunités d’investissements et de nearshoring en Algérie », en présence du chef de la Délégation de l’UE en Algérie, l’ambassadeur Thomas Eckert, de la directrice générale des impôts, Amel Abdelatif, du directeur général des Douanes, le général-major Abdelhafid Bakhouche, du directeur de la Banque nationale de l’habitat, Ahmed Belayat, du président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), Kamel Moula, de représentants de plusieurs départements ministériels et de directeurs généraux d’organismes publiques et entreprises économiques.
S’exprimant à cette occasion, M. Aoun avait rappelé que l’Algérie, « qui a toujours été un partenaire fiable et sûr pour les pays européens, notamment dans le domaine de l’approvisionnement en gaz naturel, aspire à établir des relations de coopération et de partenariat qui répondent à nos aspirations mutuelles en matière de développement économique ». Il a ajouté que le thème de cette rencontre « s’inscrit dans la nouvelle vision économique de l’Algérie et constitue une opportunité pour formuler une approche commune en vue de renforcer la coopération entre l’Algérie et l’UE ».
Le ministre s’est dit convaincu que « le nouveau départ ne peut se réaliser qu’avec la participation de tous les acteurs, notamment les investisseurs et les hommes d’affaires des deux côtés », appelant à « intensifier les contacts et les rencontres pour établir des relations basées sur le principe gagnant-gagnant ».
« L’Algérie, sous la conduite du président Abdelmadjid Tebboune, a initié la concrétisation d’un saut qualitatif en matière de réformes économiques, notamment le cadre juridique relatif aux hydrocarbures, aux finances et à l’investissement », a en outre indiqué M. Aoun, ajoutant que cette coopération ne saurait être fructueuse que dans le contexte d’un environnement sûr et stable qui renforce la confiance des acteurs économiques et leur octroie les garanties et les mesures incitatives.
Au plan régional, le ministre avait rappelé que l’Algérie a adhéré à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), soulignant son ambition de devenir « une passerelle entre les deux continents africain et européen », notamment de par son positionnement géographique, ainsi que ses investissements dans les infrastructures (routes, zones industrielles, ports), en vue de faciliter les échanges commerciaux et l’accès des investisseurs aux marchés africains, ce qui est « un catalyseur supplémentaire, à même de lancer des investissements communs dans les domaines de l’industrie, de l’agriculture, du commerce et des services ».
L’Algérie vit une nouvelle ère et est engagée à jeter des passerelles de coopération avec l’UE en tant que partenaire historique, rappelant que l’accord de partenariat a érigé l’UE en premier partenaire de l’Algérie durant plusieurs années, et que le volume des échanges commerciaux entre l’Algérie et l’UE, s’est élevé à 46,5 milliards de dollars durant les 11 premiers mois de l’année 2023. De son côté, le président du CREA a indiqué que l’Algérie dispose d’atouts qui l’érigent « en une force économique régionale stable, à la faveur de la mutation profonde et globale du système économique », relevant « le passage opéré d’une économie de rente à une économie d’initiative et d’innovation, et de stabilité du système juridique et d’équité entre tous les investisseurs », ce qui est, selon lui, « un élément fondamental dans l’amélioration du climat des affaires ».
Quant au chef de cabinet du vice-président de la Commission européenne chargé du commerce et de l’investissement, M. Dombrovskis, il a affirmé que l’Algérie est « un pays-clé qui attire les investissements étrangers », soulignant la mise en place d’un plan définissant les activités qui attirent les investissements, pour collaborer avec les opérateurs étrangers en vue de les inciter à investir en Algérie.
Cette conférence était une opportunité pour les parties prenantes, privées et publiques, de procéder à un échange de vues sur le climat d’affaires et les investissements en Algérie, ainsi que sur le partenariat euro-algérien en la matière. Dans ce contexte, les participants ont examiné les opportunités d’investissement et de nearshoring européennes, desquelles l’économie algérienne peut tirer profit, ainsi que les perspectives d’intégration économique euro-algérienne et l’expansion vers le continent africain.
Cette conférence s’inscrit dans le cadre d’exécution du programme de coopération entre le ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger avec l’UE à travers le projet de « Partenariat euro-algérien pour l’investissement durable » lancé en 2023 aux fins de promouvoir le partenariat économique entre les deux parties à travers la promotion des investissements étrangers directs et les projets de nearshoring européen.

ALGER 16 DZ

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