Ecoles privées : Une concurrence lucrative

PAR FATIHA M.

Depuis l’indépendance, l’enseignement est gratuit dans les trois paliers de l’école publique. Cependant, vu la surcharge des classes et le système de la «double vacation» particulièrement dans le palier primaire, nombre de parents préfèrent opter pour l’enseignement privé où leurs enfants sont pris en charge durant toute la journée par un personnel qualifié, alors que les écoles publiques ne gardent pas les enfants en dehors des cours.

Les écoles privées assurent que les classes accueillent au maximum une vingtaine d’élèves, sont dotées de cantines et de terrains de sport. En théorie, les taux de réussite y sont plus élevés que dans le public. Seul dénominateur commun aux écoles privées : le cout élevé de la scolarisation.
Jusqu’à la révision de la législation régissant les groupes scolaires privés, de nombreuses écoles s’étaient focalisées sur le programme français, et les élèves passaient les examens (brevet et baccalauréat) en candidats libres. L’ordonnance n°05-07 du 23 août 2005 est venue fixer les règles générales régissant l’enseignement dans les établissements privés, qui sont désormais contraints «d’appliquer les programmes officiels d’enseignement en vigueur dans les établissements publics d’éducation et d’enseignement relevant du ministère de l’Éducation nationale». «Outre les programmes officiels d’enseignement, l’établissement privé (…) peut dispenser des activités optionnelles éducatives et culturelles, après autorisation du ministre de l’Éducation nationale». L’établissement privé d’éducation et d’enseignement doit «préparer ses élèves à participer aux examens officiels organisés par le ministère de l’Education nationale».
Depuis 2008, «l’ouverture des établissements privés d’éducation et d’enseignement est subordonnée à l’agrément du ministre chargé de l’éducation nationale conformément à la loi et selon un cahier des charges, des procédures et des conditions fixés par voie réglementaire.» L’article 8 de cette ordonnance précise en outre qu’«hormis l’enseignement des langues étrangères, l’enseignement dans les établissements privés d’éducation et d’enseignement est assuré obligatoirement en langue arabe dans toutes les disciplines et à tous les niveaux».
Pour leur part, les établissements scolaires étrangers sont soumis à «un accord bilatéral ratifié» et «ne peuvent pas accueillir des élèves de nationalité algérienne sauf s’ils dispensent un enseignement conforme aux programmes d’enseignement officiels arrêtés par le ministère de l’éducation nationale».

Les groupes scolaires
De nombreux groupes scolaires – Nedame à Dar El Beida, Salim à Rouiba, Nouvel Horizon à Ben Aknoun, 123 Soleil à Garidi… – accueillent les élèves de tous les paliers, de la maternelle jusqu’au lycée. Les structures d’accueil sont confortables et l’enfant n’est pas autorisé à sortir de 8h à 17h.
Un enseignement plurilingue est prodigué dès les petites classes de maternelle. Certains de ces groupes scolaires accueillent les enfants handicapés (autistes, malentendants…) qui sont pris en charge par un personnel qualifié (orthophonistes, psychologues…) Ces établissements mettent en avant des structures accueillantes, des classes de 10 à 20 élèves, des installations sportives, la restauration (demi-pension possible). Les tarifs oscillent entre 180 000 et 260 000 dinars pour 10 mois de scolarité.

Les établissements étrangers

L’école internationale américaine (American International School of Algiers) se trouve à Ben Aknoun. De droit privé, elle a ouvert ses portes le 23 août 2016 et est gérée par l’ambassade des Etats-Unis. Elle propose un programme académique pour les élèves anglophones allant de la maternelle jusqu’à la septième année, enseigné par des instituteurs américains. Elle n’accepte que des élèves des classes de maternelle jusqu’à la sixième. Les tarifs oscillent entre 250 000 et 750 000 dinars par an.
Créée en 2003, l’école saoudienne d’Alger accueille les enfants saoudiens et binationaux du primaire au collège. L’enseignement y est conforme au programme saoudien.
La petite école d’Hydra, gérée par la mission laïque française, accueille les enfants d’expatriés français et d’autres nationalités. Elle fonctionne sous un statut particulier : il s’agit d’une école d’entreprise à 500 euros/mois, gérée par la Mission laïque qui s’est entendue avec l’ambassade de France et l’État algérien pour n’accueillir que des enfants expatriés ou nationaux qui ont une résidence en France et dont les parents travaillent sous contrat dans une entreprise française temporairement en Algérie. Il n’y a pas d’enseignement de la langue arabe dans cet établissement.
Le site Max-Marchand à Dely Ibrahim ouvre ses portes aux enfants français en maternelle, en école primaire et jusqu’au collège. Les élèves sont ensuite orientés vers le Lycée international Alexandre-Dumas (LIAD), qui dispose d’annexes à Oran et Annaba.

Les crèches

Nombre de mamans qui travaillent n’éprouvent pas de difficulté à confier leur bébé à une grand-mère ou à une nourrice. Mais lorsque leur enfant atteint 3 à 4 ans, sa socialisation s’impose à travers la cohabitation avec d’autres enfants. C’est là que le parcours du combattant commence pour les parents car trouver une place en crèche n’est pas facile.
Bien que la création de crèches soit soumise à des normes, dans la réalité, beaucoup de structures d’accueil de la petite enfance ne les respectent pas. C’est tout simplement devenu un commerce en constante augmentation, profitant de la détresse des familles pour accueillir les enfants dans des conditions pas toujours convenables. Les crèches se multiplient dans des endroits des plus improbables, occupant des appartements parfois exigus où les enfants sont confinés. L’appellation «jardin d’enfants» n’est vraiment plus d’actualité, à quelques exceptions près. D’autres carences sont relevées, à l’image de l’incompétence du personnel, de l’absence de structure sanitaire, de la qualité médiocre des repas… Pourtant, un cahier des charges établit les normes pédagogiques, d’espace, de volume d’air, d’hygiène auquel les promoteurs de ce type de structure d’accueil doivent se soumettre.
En outre, l’enfant placé dans une crèche doit bénéficier d’un enseignement pédagogique et éducatif pour développer ses capacités et ses facultés mentales. Un programme, dit «préscolaire» doit être prodigué.
Mais beaucoup de parents n’ont pas d’autre choix, ils sont contraints de payer le prix fort pour assurer une place à leur enfant. Un dilemme pour les mamans, qui réfléchissent à deux fois quand on leur demande entre 5 000 et 12 000 dinars par mois pour une place en crèche… Cette année, l’établissement de gestion des crèches publiques Presco propose seulement 3 400 places en crèche, un chiffre bien loin de satisfaire les nombreuses demandes.
F. M.

ALGER 16 DZ

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