L’Algérie a toujours plaidé pour l’autodétermination des Sahraouis: Quatre principes-clés pour résoudre le problème de la RASD

Par Chahid Lakeb

Le 3 octobre dernier, Staffan de Mistura, émissaire des Nations unies pour le Sahara Occidental, s’est rendu dans les camps de réfugiés sahraouis situés à Tindouf, en Algérie. Cette visite avait pour but de promouvoir le dialogue entre les diverses parties concernées par le conflit du Sahara Occidental, en particulier avec les dirigeants du Front Polisario.

Lors de sa rencontre avec les dirigeants sahraouis, M. de Mistura a souligné l’importance d’une solution pacifique et durable qui respecte les aspirations des Sahraouis. L’émissaire des Nations unies pour le Sahara Occidental s’est entretenu notamment avec le chef du Front Polisario, Brahim Ghali, et a réitéré sa position, à savoir permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination tel que garanti par les conventions internationales. La visite s’est poursuivie au siège du Croissant-Rouge sahraoui.
Cette entrevue est intervenue peu après la rencontre à New York de Staffan De Mistura avec Mohamed Ammar, coordinateur du Front Polisario pour la Minurso, le 30 septembre dernier. De Mistura a également tenu des réunions séparées à New York avec les ministres des Affaires étrangères du Maroc, de Mauritanie et d’Algérie. Cette visite s’inscrit dans le cadre de la préparation d’un briefing de l’émissaire des Nations unies pour le Sahara Occidental devant le Conseil de sécurité, ce 10 octobre.
L’émissaire du secrétaire général de l’ONU a exprimé son engagement à faciliter un processus de paix et à soutenir les efforts humanitaires dans les camps.
Début août, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’était dit vivement préoccupé par la dégradation de la situation au Sahara Occidental, dans un rapport demandé par l’Assemblée générale de l’ONU, où il appelait à éviter toute nouvelle escalade. La poursuite des hostilités et l’absence de cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario marquent un net recul dans la recherche d’une solution politique à ce différend de longue date.

Quatre principes-clés pour résoudre le problème du Sahara occidental
L’Algérie a toujours plaidé pour l’autodétermination des Sahraouis. Lors de la dernière réunion avec Staffan De Mistura, le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a énuméré les quatre principes fondamentaux pour résoudre la question du Sahara Occidental, réaffirmant l’engagement de l’Algérie en faveur de la décolonisation et des négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario.
Le premier principe souligne que la question du Sahara Occidental est une question de décolonisation, conformément à la doctrine des Nations unies. Le deuxième principe stipule qu’en matière de décolonisation, sa résolution dépend de l’exercice par le peuple sahraoui de son droit à l’autodétermination.
Le troisième principe affirme que le plan d’autonomie promu par le Maroc ne peut servir de solution à la question du Sahara Occidental, car il contredit le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
Enfin, le quatrième principe conclut que le conflit sahraoui ne peut être résolu que par des négociations directes entre les deux parties impliquées dans le conflit, à savoir le royaume du Maroc et le Front Polisario.

Les incohérences de la position marocaine
Dernièrement, Amar Bendjama, représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations unies, a exprimé de vives critiques envers le Maroc. Il a remis en cause l’absence de consultation publique concernant le projet de plan d’autonomie du Sahara Occidental, interrogé sur sa prétendue crédibilité. Ses commentaires sont intervenus à la suite du débat général de la 79e session de l’Assemblée générale de l’ONU. M. Bendjama a évoqué les efforts persistants du Maroc pour retarder le référendum sur l’autodétermination du peuple sahraoui, notamment en mettant en avant le projet d’autonomie. «Si ce plan est si convaincant, pourquoi ne le soumettez-vous pas à l’approbation du public ? Avez-vous peur de la volonté du peuple sahraoui ?» a-t-il demandé, soulignant ainsi la réticence du Maroc à faire valider sa proposition dans un cadre démocratique.
M. Bendjama a évoqué les incohérences de la position marocaine : «Si le Sahara Occidental appartient incontestablement au Maroc, pourquoi la Cour Internationale de justice ne l’a-t-elle pas reconnu ? Pourquoi le Maroc a-t-il accepté de partager ce territoire avec la Mauritanie ? Pourquoi persiste-t-il à éviter l’organisation d’un référendum libre et équitable pour le peuple sahraoui ?» Ces interrogations visaient à démontrer le manque de crédibilité de l’approche marocaine.

Soutien à l’autodétermination sahraouie
Le diplomate algérien a réaffirmé que le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui est reconnu par le droit international ainsi que par les résolutions de l’ONU et du Conseil de sécurité. Il a rappelé la présence de la Mission des Nations unies pour l’autodétermination au Sahara Occidental (Minurso) qui, malgré son mandat, n’a pas pu organiser le référendum en raison d’obstructions attribuées au Maroc.
Porte-parole du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, M. Bendjama a réitéré le soutien indéfectible de l’Algérie à une solution politique, par le biais de négociations entre le Maroc et le Front Polisario, représentant légitime du peuple sahraoui. Le diplomate algérien a précisé que l’Algérie soutiendrait tout accord respectant le droit à l’autodétermination des Sahraouis.
La communauté internationale continue de suivre de près cette situation, alors que le statu quo semble perdurer malgré les appels à la négociation. M. De Mistura espère que cette mission contribuera à un dialogue constructif et à la réconciliation des différentes parties.
L’Algérie, en tant que pays hôte des réfugiés sahraouis, joue un rôle central dans le soutien aux droits des Sahraouis à l’autodétermination. La présence de De Mistura dans cette région témoigne de la reconnaissance internationale des préoccupations des populations sahraouies et de leur aspiration à un avenir pacifique et autonome. Cette visite représente également une opportunité pour l’Algérie de réaffirmer son engagement en faveur de la décolonisation du Sahara Occidental, un enjeu qui trouve un écho au sein de l’Union africaine et des Nations unies.
En soutenant le Front Polisario, l’Algérie promeut une solution fondée sur le respect du droit international et des droits de l’Homme, éléments essentiels pour garantir la paix et la stabilité dans la région.
La visite de l’émissaire des Nations unies renforce la nécessité d’une médiation internationale active et d’une reconnaissance des droits des Sahraouis, tout en mettant en lumière le rôle crucial de l’Algérie dans cette dynamique. Cela ouvre la voie à des discussions constructives qui pourraient aboutir à une résolution juste et équitable du conflit.

L’Engagement Inébranlable de l’Algérie en Faveur des Peuples Opprimés
L’Algérie, depuis son indépendance en 1962, s’est toujours positionnée comme un fervent défenseur des droits des peuples opprimés et colonisés à travers le monde. Cette politique est profondément ancrée dans son histoire et son identité nationale, marquées par une lutte acharnée contre le colonialisme. Aujourd’hui, cet engagement se manifeste particulièrement dans la solidarité envers le peuple sahraoui, qui aspire à son autodétermination. L’Algérie a été un bastion de soutien aux mouvements de décolonisation en Afrique et au-delà. Son expérience en matière de lutte pour la liberté lui confère une légitimité particulière pour plaider en faveur des droits des peuples colonisés.
Le gouvernement algérien, dans ce cadre, considère la cause sahraouie non seulement comme un enjeu régional, mais également comme une question de justice universelle.
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, met un point d’honneur à illustrer l’Algérie sur la scène internationale par son engagement actif dans les discussions portant sur le Sahara Occidental. Le pays a toujours plaidé pour un référendum libre et équitable, permettant au peuple sahraoui de décider de son avenir. À travers ses représentants aux Nations unies et dans d’autres instances internationales, l’Algérie continue de dénoncer les violations des droits humains au Sahara Occidental et de soutenir les efforts du Front Polisario, qui revendique la souveraineté du peuple sahraoui.
L’Algérie appelle également à l’unité parmi les pays africains pour soutenir la lutte sahraouie, affirmant que la décolonisation du Sahara Occidental est essentielle pour la stabilité et la paix dans la région. Cet appel à la solidarité régionale vise à renforcer les liens entre les États africains et à promouvoir un cadre commun de défense des droits des peuples à l’autodétermination.

L’Algérie a un rôle central à jouer
La visite de l’émissaire de l’ONU dans les camps de réfugiés sahraouis à Tindouf revêt une importance cruciale tant sur le plan humanitaire que géopolitique. Pour l’Algérie, qui a historiquement soutenu le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, cette visite est une occasion de réaffirmer son engagement envers la cause sahraouie tout en mettant en avant sa position sur la scène internationale. En tant que pays hôte des camps, l’Algérie a un rôle central à jouer dans la recherche de solutions durables pour cette crise humanitaire, et la présence de l’émissaire de l’ONU peut catalyser un dialogue constructif autour des enjeux régionaux.
L’Algérie est résolue à défendre les droits des peuples opprimés et colonisés, avec une attention particulière pour le peuple sahraoui dans sa lutte pour la liberté et la justice. Son engagement se manifeste à travers des actions diplomatiques, politiques et sociales, renforçant son rôle de leader dans la lutte pour l’autodétermination. Dans un monde où les aspirations à la liberté et à la justice continuent de se heurter à des résistances, l’Algérie se tient fermement aux côtés des peuples en quête de leur droit à décider de leur destin.

ALGER 16 DZ

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