Hacène Arab. membre de la commission culturelle du SILA à Alger16 «Le SILA est plus que jamais populaire»

Alors que le Salon International du Livre d’Alger (SILA) a ouvert ses portes au public depuis jeudi dernier, l’événement s’annonce comme un carrefour vibrant de culture, de mémoire et d’engagement. Pour mieux comprendre l’ampleur de cet événement et ses perspectives, Alger16 a eu l’honneur d’échanger avec Hacène Arab, membre de la commission culturelle du SILA. Dans cet entretien, M. Arab nous plonge dans les coulisses de la préparation de cette édition spéciale, partageant les nouvelles initiatives, les moments forts et l’importance de ce salon comme plateforme d’échanges entre auteurs, lecteurs et éditeurs. Engagé dans la promotion de la littérature algérienne et des valeurs universelles, il nous explique comment le SILA cherche à rendre hommage aux causes d’émancipation qui résonnent bien au-delà des frontières algériennes, faisant écho aux luttes de peuples pour leur liberté et leur identité.

Entretien Réalisé par G. Salah Eddine

Le SILA intervient cette année dans un moment particulier, celui de la célébration du 70E anniversaire du déclenchement de la glorieuse révolution, on suppose que vous avez préparé un programme par rapport à cela ?
Cette année, le SILA intervient dans un contexte particulier : la célébration du 70e anniversaire du déclenchement de la guerre de libération nationale le 1er novembre 1954. Un programme riche et varié a été ainsi envisagé et minutieusement préparé pour marquer et commémorer ce moment fondateur de notre histoire. Plusieurs conférences seront animées par des historiens de renom, des universitaires, des acteurs de la révolution ainsi que des amis de l’Algérie. Chaque conférence doit constituer une occasion pour évoquer les différents aspects les plus marquants de notre glorieuse révolution qui est, faut-il le souligner, considérée comme la plus grande révolution du 20ème siècle. Il sera également question de revenir sur son impact sur le continent africain, les pays du Sud ainsi que sur tous les peuples épris de liberté, comme la Palestine, à qui nous avons réservé un programme d’une importance particulière, incluant des conférences pour rappeler la lutte du peuple palestinien pour sa libération ainsi que les massacres actuellement perpétrés à Gaza par l’entité sioniste. De plus, l’Espace Africain, qui prévoit comme chaque année la tenue de plusieurs rencontres. Parmi lesquelles, celle réservée aux frères sahraouis, encore sous la domination coloniale marocaine qui luttent pour leur droit à l’autodétermination. Cet espace doit accueillir également plusieurs panels d’experts qui évoqueront la littérature et le patrimoine africain. Dans ce cadre précis, une rencontre spéciale a été prévue pour souligner l’importance de la littérature mauritanienne.

Quels sont les principaux défis auxquels le SILA est confronté pour promouvoir la lecture auprès des jeunes générations, et quelles stratégies de communication sont mises en place pour les attirer ?
Cette année, avec l’instauration du prix « Kitabi el Awal » par Madame la ministre de la culture, Dr Soraya Mouloudji, le SILA s’inscrit résolument dans une démarche de soutien et de valorisation de la littérature jeunesse, visant à encourager les jeunes à écrire et à lire. Cette nouvelle génération d’auteurs est précieuse, et il est essentiel de les accompagner pour qu’ils explorent les nouvelles perspectives de la littérature. Nous observons aujourd’hui un renouveau constant de la littérature algérienne, qu’elle soit en français, en arabe, en tamazight ou même en anglais.

Le SILA a-t-il pour ambition de mettre en lumière des auteurs algériens moins connus ou émergents ?
Le SILA ne fait aucune distinction entre les auteurs algériens. Ses portes sont grandes ouvertes à tous, je dis bien tous, les écrivains algériens.

Dans un contexte mondial où le numérique prend de plus en plus de place, comment le SILA intègre-t-il les innovations technologiques pour enrichir l’expérience des visiteurs et soutenir l’industrie du livre en Algérie ?
Le numérique prend de plus en plus d’importance et le SILA suit de près ces évolutions. Chaque année, nous nous efforçons de nous adapter aux innovations, notamment dans les domaines de l’information et de la communication pour offrir une expérience enrichie et interactive aux visiteurs : une application SILA est lancée cette année pour être au plus près de ses très nombreux visiteurs.

Pouvez-vous nous en dire plus sur la présence internationale au SILA cette année et Comment le salon compte-t-il favoriser les échanges culturels et littéraires avec les auteurs et éditeurs étrangers ?
Il convient de rappeler que le SILA reste l’un des salons du livre les plus importants en Afrique, dans le Monde Arabe et dans toute région méditerranéenne. Il s’agit d’une manifestation culturelle incontournable. Cette année ne fait pas exception, avec plus de 1020 exposants venant de 40 pays, parmi lesquels 725 éditeurs étrangers.

Le Qatar a la part du lion de cette participation, un commentaire ?
Comme chaque année, le Qatar frère participe largement au SILA et cette fois-ci, il est l’invité d’honneur. Ces dernières années, les frères Qataris ont adoptée une stratégie remarquable pour promouvoir la littérature et sa production, notamment à travers des initiatives telles que le prix « Qatara » et d’autres prix. Il est d’ailleurs important de souligner que trois jeunes auteurs algériens ont été lauréats de ce prestigieux prix cette année, ce qui renforce l’importance de la présence du Qatar en tant qu’invité d’honneur de cette édition.

Quelles initiatives sont prises par le SILA pour permettre aux publics moins favorisés d’accéder à la culture et aux ouvrages présentés au salon ?
Comme chaque année, les livres sont exonérés d’impôts. Il est vrai que certains considèrent les livres chers sur le marché, mais lorsqu’on connaît le prix des matières premières, comme le papier, on comprend pourquoi ces prix peuvent être élevés. Au SILA, toutefois, des efforts sont faits comme chaque édition pour permettre aux lecteurs d’acquérir des ouvrages à des prix raisonnables.

Une grande foule est présente pour cette édition. Selon vous, qu’est-ce qui explique la popularité du SILA ?
Le SILA est plus que jamais populaire ; c’est un événement marquant dans le domaine culturel en Algérie, au niveau régional et sur le plan international. Nous assistons, comme l’année dernière, à une affluence record notamment le week-end dernier. En dépit du nombre important des participants et notamment l’affluence remarquable des visiteurs, sa réussite s’explique aussi incontestablement par le soutien indéfectible de Mme La Ministre de la Culture, Dr Soraya Mouloudji, l’habileté, la clairvoyance et le sens managérial du Commissaire du SILA, M. Mohamed Iguerb, ainsi que le dynamisme et l’application de toutes les équipes chargées de son organisation à tous les niveaux.

Un dernier mot ?
Je souhaite que le SILA, en tant que fête du livre et carrefour culturel qui réunie chaque année tous les algériens dans la convivialité, cette année comme les années précédentes d’ailleurs, réponde aux attentes…

G. S. E.

ALGER 16 DZ

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