Faiza Bendris. représentante du Fonds des Nations Unies pour la population « UNFPA » à Alger16: «il doit y avoir un plan d’action continu tout au long de l’année»

L’UNFPA est la principale organisation des Nations Unies qui s’occupe de l’amélioration des possibilités des femmes et des jeunes d’avoir accès à une vie sexuelle et reproductive saine, en particulier par l’accès à la planification familiale volontaire et à la maternité sans risque. Faiza Bendris, représentante de cet organisation a accepté de répondre à quelques questions de Alger16 lors d’une journée de sensibilisation organisé sur la violence contre les femmes et les filles. Elle nous a expliqué les points clés des médias et de ce domaine.

Entretien Réalisé par Ammour Ryad

En tant que responsable du Fonds des Nations Unies pour la population «UNFPA», comment évaluez-vous l’approche actuelle de la lutte contre les violences faites aux femmes, notamment en l’absence d’une couverture médiatique adéquate sur ce sujet ?
Oui, je suis Faiza Bendris, cheffe du bureau du Fonds des Nations Unies pour la Population ici en Algérie. Aujourd’hui, il est très important de soutenir encore davantage le rôle des médias. Nous savons que les médias traitent l’information lorsqu’il y a un problème, lorsqu’il y a un crime, lorsqu’il y a une femme victime, ou lorsqu’il y a un féminicide, mais ce n’est pas ce que nous voulons. Nous, nous voulons que les médias, que les journalistes, traitent l’information autrement. Et pour qu’ils puissent traiter l’information différemment, il faut qu’ils soient informés sur les mécanismes existants, sur toute la prise en charge qui existe, sur la loi aussi, qu’est-ce qu’elle dit, que disent les textes, quels sont les mécanismes mis en place. C’est pourquoi il est très important pour nous d’inviter des représentants des différentes institutions qui vont s’exprimer pour informer les médias sur les mécanismes existants et sur la manière dont les médias peuvent nous accompagner dans cette sensibilisation.

En matière de sensibilisation à la lutte contre la violence, quelles campagnes médiatiques, selon vous, ont eu le plus grand impact et se sont révélées les plus efficaces ?
Chaque campagne est importante. Cependant, il ne faut pas que ce soit uniquement lors d’une journée internationale, par exemple. Le 8 mars, on organise une campagne et tous les journalistes se tournent vers ce sujet. Puis, on passe à une autre journée internationale. C’est ainsi que se déroulent les campagnes. Mais il doit y avoir un plan d’action continu tout au long de l’année. Il ne faut pas se limiter à traiter ces sujets seulement lors d’une journée internationale, ou lorsqu’un événement survient, ou encore lorsqu’il y a un féminicide. Il est essentiel qu’il y ait un plan d’action. Pour cela, il est nécessaire que les journalistes – et pas seulement eux – soient accompagnés. C’est la raison pour laquelle, aujourd’hui, nous avons tenu à ce que les journalistes, qu’ils soient de la presse écrite par exemple, soient soutenus par leurs rédacteurs en chef. Nous avons également voulu que les médias lourds, comme la télévision, soient accompagnés par leurs directeurs. Pourquoi ? Parce que si le directeur est sensibilisé, si le directeur ou le rédacteur en chef saisit l’importance de cette action, il pourra pousser et former ses journalistes sur cette question.

La collaboration entre les médias et les associations ou organisations de défense des droits des femmes est-elle essentielle pour promouvoir l’égalité des sexes et sensibiliser l’opinion publique aux enjeux liés aux droits des femmes ?
Les associations et la société civile jouent également un rôle très important. On le sait très bien, c’est la raison pour laquelle nous avons aujourd’hui avec nous des représentants de la société civile qui vont faire une présentation. Car ce sont eux qui sont sur le terrain. Nous savons que les institutions ont un rôle majeur, tout comme les ministères, la police et la gendarmerie qui sont essentiels car ce sont eux qui reçoivent les signalements. Cependant, la société civile et les associations, ce sont eux qui sont au plus près des réalités sur le terrain et qui peuvent orienter les actions. Les médias, quant à eux, doivent aussi s’imprégner de l’expérience de la société civile et collaborer avec elle. Pour nous, journalistes, les médias et la presse écrite ont un rôle transversal, ils doivent être présents partout, en même temps. C’est là où réside le défi.

Quelles mesures concrètes les médias pourraient-ils adopter pour renforcer leur rôle dans la sensibilisation aux droits des femmes et à l’égalité des genres ? Comment peuvent-ils mieux collaborer avec les acteurs de la société civile et les institutions afin d’assurer une couverture plus efficace et plus responsable de ces enjeux ? »
Aujourd’hui, nous sommes ici pour vous écouter, pour que vous nous partagiez, selon votre travail et le rôle que vous jouez, quelle solution vous proposez. Comment voyez-vous l’amélioration de votre travail ? Faut-il mettre en place un plan d’action ? Est-il nécessaire d’élaborer une stratégie ? Devez-vous collaborer davantage avec le ministère de la Communication, avec d’autres secteurs ou avec la société civile ? Ce sont des recommandations que nous prendrons en compte dans notre travail.

Un dernier mot ou un conseille concernant ce sujet ?
Je voudrais dire que l’approche actuelle de la lutte contre les violences faites aux femmes nécessite un engagement continu et une collaboration renforcée entre les médias, les institutions et la société civile. Je mets en avant l’importance cruciale des médias dans la sensibilisation, non seulement lors des événements marquants ou des journées internationales, mais tout au long de l’année. L’objectif est de créer un plan d’action durable et une couverture médiatique continue, axée sur l’éducation et la formation des journalistes aux mécanismes de prise en charge des victimes, aux lois en vigueur, et aux actions des institutions impliquées.
Les médias, en tant qu’acteurs centraux dans la diffusion de l’information, doivent adopter une approche plus responsable et proactive. En collaborant étroitement avec les associations de défense des droits des femmes et les institutions publiques, ils peuvent jouer un rôle essentiel dans la lutte contre les violences faites aux femmes et promouvoir l’égalité des genres. Il est impératif de renforcer la formation des journalistes, d’élaborer des stratégies de communication efficaces et de développer des partenariats avec les acteurs clés du secteur pour une couverture médiatique plus éclairée et impactante. Ainsi, un travail collaboratif entre les différents acteurs, un suivi constant et une implication médiatique renforcée sont les clés d’une sensibilisation réussie et d’un changement durable dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

ALGER 16 DZ

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