Loubna Abdellaoui. Créatrice de contenu et autrice passionnée à Alger16 «l’écriture est une passionqui m’a accompagnée toutau long de mon parcours»

Lola dz est une créatrice de contenu et autrice passionnée, spécialisée dans l’horreur psychologique et le true crime. Diplômée en lettres modernes de la Sorbonne et en marketing digital, elle allie expertise littéraire et maîtrise des dynamiques numériques. Ses vidéos captivantes qui mêlent récit criminel et horreur, ont touché des millions de personnes en ligne. Son livre Dinator explore des thèmes profonds tels que l’identité et la mémoire à travers un suspense intense. Lola utilise ses récits pour inviter son public à confronter ses peurs et à réfléchir sur l’humain, tout en captivant son audience avec des histoires intrigantes et profondes.

Entretien réalisé par Cheklat Meriem

Pouvez-vous nous parler de votre parcours
et de vos études ?

Depuis toujours, mon parcours est animé par une passion pour la connaissance et la compréhension de l’humain. Après un bac+4 à l’École Normale Supérieure des Enseignants de Bouzareah, j’ai poursuivi mes études en lettres modernes à la Sorbonne, en France. C’est là que l’écriture est devenue bien plus qu’une passion, elle est devenue un moyen d’expression et de connexion avec le monde. En parallèle, mon intérêt pour le numérique m’a poussée à suivre un master en communication et marketing digital, où j’ai étudié les dynamiques des interactions sociales à travers les écrans. Ce virage vers le digital s’est révélé être une extension naturelle de mes études littéraires, où les mots deviennent des récits transposés dans le monde numérique. Chaque étape de mon parcours a été une quête pour mieux comprendre l’âme humaine à travers les récits qui façonnent nos vies. Que ce soit à travers les mots ou les interactions numériques, mon objectif reste de comprendre et de raconter le monde sous toutes ses formes.

Comment votre formation académique a-t-elle influencé votre carrière actuelle de créatrice de contenu ?
Ma formation académique m’a appris à aller au-delà des apparences, à explorer les sous-textes et à décoder les émotions profondes. L’horreur et particulièrement l’horreur psychologique, fait partie de ce processus. Alors que beaucoup la réduisent à une simple peur ou adrénaline, elle est en réalité bien plus complexe et c’est cette dimension que j’ai apprise à comprendre pour la partager. Les lettres modernes m’ont donné les outils pour raconter des histoires. Mon expérience en tant qu’enseignante m’a permis d’interagir avec un public inconnu et le marketing digital m’a offert une vision des mécanismes de diffusion et de l’impact des contenus. Grâce à cette formation variée, j’ai pu créer des récits d’horreur qui, tout en étant captivants, explorent profondément la psyché humaine, notamment à travers l’horreur psychologique.

Qu’est-ce qui vous a poussée à vous spécialiser dans les récits d’horreur, de suspense et de faits criminels ?
Pour moi, l’horreur est bien plus qu’un genre, c’est un miroir qui dévoile les vérités cachées de l’esprit humain, explorant nos peurs, nos désirs et nos secrets. Ce qui m’attire particulièrement, c’est l’horreur psychologique qui scrute les profondeurs de la psyché. Mon intérêt pour ce genre vient de ma fascination pour la nature humaine. Je me demande ce qui pousse certains à commettre l’irréparable, pourquoi certaines peurs affectent certaines personnes et d’autres non et ce qui mène à la criminalité. L’horreur, dans ce sens, est un outil pour mieux comprendre l’humanité, ses forces et ses fragilités. À travers le true crime et le suspense criminel, je cherche à poser des questions existentielles et à donner un sens au chaos.

Quelle est votre méthode pour rechercher et raconter des histoires captivantes ?
J’ai deux types de contenus. Pour les affaires criminelles, je m’appuie sur l’actualité et des articles fiables. Je commence par écrire un script en essayant de sourcer et de référencer au maximum pour garantir la crédibilité de mes informations. Ensuite, je passe au tournage de la vidéo et au montage. Pour les vidéos purement axées sur l’horreur ou le paranormal, c’est différent, je me base sur les récits de mon entourage. Ils me partagent leurs histoires, leurs expériences et je les retranscris à ma manière. Je raconte ces histoires en y ajoutant des effets sonores pour renforcer l’immersion.

Avez-vous une histoire ou un sujet qui vousa particulièrement marquée? Pourquoi ?
Une histoire qui m’a profondément marquée est celle de Richard Ramirez, le tueur en série surnommé le Night Stalker. Ce criminel américain pénétrait dans les maisons par les fenêtres et tuait ses victimes de manière brutale, tout en ayant une dimension satanique qui rendait ses actes encore plus terrifiants. Ce qui m’a frappée, c’est la proximité qu’il avait avec ses victimes, envahissant leurs espaces les plus intimes, ce qui crée une peur omniprésente, celle de l’insécurité absolue. Cette sensation peut devenir si oppressante qu’elle perturbe le sommeil. C’est pourquoi je vois mes récits comme ayant une dimension préventive. En racontant de telles histoires, je cherche à sensibiliser les gens à la vigilance, à leur rappeler de fermer leurs fenêtres et de prendre des précautions. Mes récits ne se limitent pas à effrayer, ils visent aussi à avertir.

Qu’est-ce qui vous a motivée à écrire “Dinator” ?
Depuis toujours, l’écriture est une passion qui m’a accompagnée tout au long de mon parcours. En tant qu’étudiante à l’École Normale Supérieure des Enseignants, je passais mon temps à écrire des nouvelles et des récits, que je soumettais ensuite à mes professeurs pour engager des débats passionnants. On me disait souvent que j’avais une belle plume et une imagination débordante. Ma passion pour la lecture était tout aussi intense. Avec mon budget hebdomadaire, une grande partie partait dans l’achat de livres, que je dévorais littéralement. Cette obsession pour les mots m’a naturellement conduite à écrire sur les réseaux sociaux, mêlant mon amour de l’écriture à ma fascination pour l’horreur et le true crime. Dinator est l’aboutissement de cette évolution. Je voulais aller au-delà des formats courts pour explorer des thèmes profonds et complexes, comme l’identité, la mémoire et la douleur. L’idée du livre est née d’une question simple mais troublante, que ferions-nous si nous perdions tous nos souvenirs ? Ce livre invite les lecteurs à plonger dans leurs propres ténèbres, à confronter leurs peurs et à explorer des émotions qu’ils n’ont peut-être jamais osé affronter

Pouvez-vous nous donner un aperçu du thème et des messages principaux du livre ?
Dinator raconte l’histoire de Dina, une femme qui se réveille seule dans une forêt sombre, blessée et amnésique. À travers son parcours, le lecteur explore des thèmes comme la perte, la quête de vérité et les monstres intérieurs. Je ne veux pas trop en révéler, car c’est un livre très mystérieux et la construction de l’intrigue, notamment la fin, est totalement inattendue. J’en suis particulièrement fière. Ce récit s’adresse aux amateurs de mystère et d’horreur, qui y trouveront leur compte. Dinator est avant tout une histoire d’horreur psychologique qui interroge notre humanité, ce qui nous définit et les choix que nous faisons face à l’inconnu. L’idée centrale du livre est que l’horreur véritable réside souvent en nous-mêmes et chaque lecteur pourra en tirer une interprétation unique.

Avez-vous rencontré des défis en passant de créatrice de contenu à autrice ? Si oui, lesquels ?
Paradoxalement, le passage de créatrice de contenu à autrice ne m’a pas posé de véritable défi, car j’ai toujours jonglé entre les deux. D’un côté, j’écrivais, et de l’autre, je racontais des histoires. Ce qui m’a étonnée, c’est que j’ai trouvé l’écriture d’un livre plus facile que la création de contenu. Lorsque je raconte des histoires d’horreur ou de true crime, je me sens responsable de présenter des faits réels ou des récits de personnes, ce qui me contraint à rester fidèle à la vérité. Cette obligation limite parfois ma créativité, car je dois m’adapter aux faits. En revanche, écrire un livre m’a permis d’être complètement libre, d’explorer mon propre univers et de laisser
libre cours à mes idées sans aucune contrainte.

Comment vos abonnés ont-ils réagi à la sortie de votre livre ?
Les réactions ont été explosives, au-delà de mes attentes. Je n’avais absolument pas anticipé une telle vague. Les messages affluaient, entre appels, écrits et commentaires. Mes vidéos atteignaient entre 4 et 5 millions de vues, avec 2 000 à 3 000 commentaires par vidéo. C’était complètement fou. Ce qui m’a le plus touchée, c’est que, même avant de lire mon livre, les gens me disaient : « On n’a pas encore lu ton livre, mais on sait qu’il est incroyable, car c’est toi qui l’as écrit, et on connaît ton investissement. » Cette confiance aveugle qu’ils m’accordent me touche profondément. Leur réaction a été incroyable et je leur en suis infiniment reconnaissante. Alhamdoulilah.

Avez-vous des projets futurs que vous souhaiteriez partager avec nous ?
Oui, effectivement, j’ai plusieurs projets en tête. Je travaille actuellement sur un deuxième livre et, en parallèle, je développe des collaborations pour adapter certains de mes récits en formats audiovisuels, comme des séries ou des courts-métrages. Mon ambition est de pousser encore plus loin les frontières entre l’horreur, la psychologie et l’art narratif, pour créer des récits qui continuent à captiver et à questionner.

Quel impact souhaitez-vous avoir sur votre public à travers vos récits et votre travail ?
Je pense que c’est une question cruciale, du moins pour moi. Mon désir est que mon public ressente quelque chose de profond, qu’il soit confronté à des questions qu’il n’ose pas toujours aborder. Mon objectif ultime est d’ouvrir un dialogue sur des thèmes comme la peur, le doute et ce qui fait de nous des êtres humains. Si mes récits parviennent à faire voir la vie sous un autre angle à ne serait-ce qu’une personne, alors je considérerai cela comme une réussite significative. Je veux que mes lecteurs comprennent que mon livre n’est pas simplement un récit d’horreur, mais qu’il mérite d’être lu avec attention pour en saisir tout le message. Et je suis convaincue que, s’ils en perçoivent véritablement le sens et se posent les bonnes questions, il pourra les toucher profondément et positivement. Enfin, je l’espère.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent se lancer dans la création de contenu ou l’écriture ?
Je leur dirais : trouvez ce qui vous passionne profondément et osez le partager, même si cela semble étrange ou risqué. C’est justement dans ces moments-là que réside la vraie beauté. Le monde n’a pas besoin de copies, mais d’authenticité. Ce n’est pas parce que quelqu’un a réussi à faire quelque chose que vous devez suivre le même chemin. Il est essentiel d’explorer des façons originales d’aborder un sujet et d’y apporter votre propre touche. Alors, travaillez dur, soyez curieux et croyez en votre vision.

Vous avez réalisé une tournée des wilayas. Comment cela s’est-il passé, et comment les gens vous ont-ils accueillie ?
La tournée de Wilaya a été une expérience incroyablement émouvante. L’accueil chaleureux des gens m’a profondément touchée. Certains étaient tellement émus qu’ils en pleuraient en me rencontrant, et cette chaleur humaine restera toujours dans mon cœur. Après le salon du livre, où des gens étaient venus spécialement pour me rencontrer, il était important pour moi de partir à leur rencontre, dans leurs villes, au cœur de mon pays. Cette expérience m’a rappelé l’impact de mon travail et la responsabilité qui en découle. Ils me transmettent leur amour et leur soutien, et en retour, je veux leur offrir les meilleures histoires possibles. Je suis infiniment reconnaissante pour cette tournée qui m’a rappelé pourquoi je fais ce que je fais. Merci.

ALGER 16 DZ

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