Par Fatiha M.
La naissance du Prophète de l’islam, Mohamed (QSSSL), est célébrée depuis au le VIIIe siècle. Bien que certains «exégètes» considèrent cette célébration comme inappropriée ou blâmable (bid’â seyi’a), l’avènement de mouvements réformateurs dans la première moitié du XXe siècle met en cause ce consensus autour du bien-fondé et de la licéité de cette célébration.

Dans la plupart des pays musulmans, le jour du Mawlid Ennabaoui est férié. En Arabie Saoudite cependant, le ministère des Affaires religieuses considère cette fête comme «étrangère à l’islam» et comme une innovation d’origine non religieuse, bien que sa célébration ne soit pas interdite.
En Algérie, en ce jour férié, l’encens embaume. Les familles se réunissent autour d’un grand repas à la tombée de la nuit. Un peu plus tard dans la soirée, les jeunes, munis de fusées, feux d’artifice et pétards, sortent s’amuser jusqu’à l’aube. Dans les maisons où les bougies scintillent, la soirée se prolonge autour d’un thé accompagné de «tamina», cette pâtisserie traditionnelle faite de semoule grillée, de beurre et de miel, servie au moment d’une naissance. Bien que le henné ait un sens symbolique ou mystique positif et non un sens religieux, dans certaines familles, c’est aussi l’occasion d’en enduire les paumes des mains des enfants en signe de joie. Pour les jeunes filles, ce sont les tatouages au qui sont de mise depuis quelques années.
Dans la région de Cherchell, la veille du Mawlid Ennabaoui est marqué par des processions de fidèles qui sillonnent les quartiers, bougies en main, scandant des chants (mada’ih) à la gloire du Prophète Mohamed (QSSSL).
En cette soirée sacrée, dans toutes les villes d’Algérie retentissent les explosions de pétards, feux d’artifice et autres engins pyrotechniques officiellement interdits jusque tard dans la nuit. Des instants singuliers durant lesquels les plus jeunes sont tantôt apeurés, tantôt émerveillés.
Particularités de la fête dans le Sud algérien
Le Mawlid Ennabaoui est célébré de façon unique dans le Sud algérien. Les traditions ancestrales sont mieux conservées et le plus observées. La célébration du Mawlid draine des visiteurs de toutes les régions du pays. Dans les villages disséminés dans l’immensité du désert, dans les ksour qui jalonnent la vallée de la Saoura, on célèbre la naissance du Prophète. Chaque localité a ses rituels et les mosquées et les zaouïas vibrent de ferveur et de communion.
A Djanet, une semaine durant, les cérémonies religieuses à la gloire du Prophète se multiplient et les pèlerins font preuve d’une grande piété. A Timimoun, on célèbre le S’boû du Mawlid Ennabaoui, fête classée en 2011 au patrimoine mondial immatériel de l’humanité par l’Unesco.Dans trois régions de la wilaya d’Adrar – Touat, Gourara et Tidikelt – on célèbre le Sboû du Mawlid Ennabaoui. Des troupes folkloriques donnent un cachet exceptionnel à ces festivités à travers des chants et danses typiques. C’est un spectacle folklorique unique qui s’offre aux visiteurs et aux touristes. Les habitants de la région, connus pour leur hospitalité, ouvrent les portes de leurs maisons aux pèlerins, leur offrant repas et hébergement.Dans la région de Beni Abbès, dans la wilaya de Béchar, on célèbre la Fezaâ. Les ksour de la région accueillent aussi un nombre important de touristes, essentiellement nationaux. Les habitants transforment leurs maisons en gîtes en guise d’hébergement. L’animation est assurée par des groupes appelés «s’hab el baroud», qui sillonnent la ville à cheval, tirant de temps à autre un coup de feu.En plus d’être une fête, le Mouloud Ennabawi est aussi un moment de spiritualité. Les fidèles rejoignent les mosquées ou les zaouïas pour réciter des versets du Coran, faire des prières et interpréter des chants (mada’ih) et des poésies à la gloire du Prophète Mohamed (QSSSL)….
F. M.
