
Des rapports crédibles révèlent l’existence d’un vaste réseau d’officines obscures menant une guerre médiatique insidieuse contre l’Algérie et ses institutions.
Orchestrée avec une minutie implacable, cette campagne repose sur l’exploitation des technologies les plus avancées, notamment l’intelligence artificielle et le deepfake, dans le but de manipuler l’opinion publique et d’altérer la perception de la réalité algérienne sur la scène internationale.
Face à cette offensive, l’Algérie oppose une riposte ferme et structurée, mobilisant des solutions de haute technologie développées par ses propres experts, illustrant ainsi une souveraineté numérique et médiatique en constante consolidation.
Comment se servir de l’IA pour propager la désinformation ?
L’IA et le deepfake sont des outils puissants qui peuvent être exploités pour des campagnes de manipulation médiatique sophistiquées. En utilisant des algorithmes avancés, des acteurs malveillants génèrent de fausses vidéos, imitant à la perfection les discours de personnalités publiques ou de responsables politiques afin de leur prêter des propos qu’ils n’ont jamais tenus. De même, des images truquées et des enregistrements audio falsifiés sont produits pour alimenter des récits trompeurs, jouant sur l’émotion et la crédulité du public. Par ailleurs, les techniques de l’IA permettent de manipuler les algorithmes des moteurs de recherche et des réseaux sociaux, en optimisant le référencement de contenus mensongers afin de leur donner une visibilité accrue.
Ces campagnes s’appuient également sur des armées de bots et de trolls automatisés, capables de commenter, partager et amplifier cesfausses informations à grande échelle, créant ainsi l’illusion d’un consensus autour de récits fallacieux.
L’axe du mal et ses relais médiatiques
Les rapports assurent que cette guerre informationnelle est portée par un «axe du mal» hostile à l’Algérie, bénéficiant de financements conséquents et opérant à partir de plusieurs capitales étrangères. Derrière cette machine bien huilée, des États et des groupes d’intérêts se mobilisent pour façonner un narratif hostile, alimenté par une armada de journalistes et d’experts médiatiques missionnés exclusivement pour scruter, analyser et manipuler l’actualité algérienne.
L’une des stratégies clés de ces officines consiste à exploiter les moteurs de recherche et les algorithmes des plateformes numériques afin de maximiser la visibilité des contenus malveillants.
À travers des milliers de sites web et des rédactions installées notamment au Maroc, en France et dans certaines capitales du Golfe et d’Europe, elles diffusent un flot continu de désinformation visant à miner la stabilité et l’image de l’Algérie.
Un lobby axé sur le chantage et la corruption
Dans cet échiquier complexe, le rôle du lobby médiatique français apparaît central. Plusieurs rédactions de journaux et de chaînes de télévision internationales, en particulier dans le monde arabe et en Europe, sont sous influence. Le régime du Makhzen marocain, appuyé par des réseaux d’influence transnationaux, instrumentalise ces plateformes à des fins de propagande, usant de méthodes allant du chantage à la corruption pour imposer un discours biaisé sur l’Algérie.
Les services de renseignement marocains mobilisent ainsi des milliers de journalistes de diverses nationalités, leur offrant des compensations en échange de leur participation active à la diffusion d’un narratif hostile à la politique étrangère algérienne. Cette approche s’inscrit dans une volonté de modeler l’opinion publique mondiale, en renforçant une perception négative de l’Algérie et en exacerbant les tensions régionales.
Une bataille algorithmique
Il est nécessaire de répondre à ces campagnes. Il n’est pas anodin si les déclarations du ministre de la Communication, Mohamed Meziane, mardi dernier, ont mis en lumière un aspect peu connu de cette guerre médiatique : son ancrage dans les nouvelles technologies de l’information. Selon lui, plus de 9 000 journalistes, répartis à travers plusieurs pays, seraient mobilisés pour participer à cette entreprise de diabolisation systématique de l’Algérie».
Ce n’est donc pas un hasard si les moteurs de recherche affichent systématiquement, en tête des résultats, des articles à charge contre l’Algérie. Ce phénomène, qui traduit une guerre algorithmique d’un nouveau genre, repose sur des manipulations sophistiquées des algorithmes de référencement, renforçant la diffusion des contenus hostiles au détriment des sources d’information fiables.
Le même schéma se retrouve sur les réseaux sociaux, où des armées de trolls et de bots électroniques propulsent les publications marocaines et étrangères aux premières loges de l’espace numérique, façonnant ainsi une perception erronée et biaisée de la réalité algérienne.
La riposte algérienne
Face à cette offensive multiforme, l’Algérie ne reste pas passive. Elle a su développer des solutions technologiques de pointe, mises en œuvre par des compétences nationales, afin de surveiller en temps réel la production médiatique liée à son actualité.
Ces outils permettent de traquer et d’analyser chaque article publié sur l’Algérie, aussi bien dans les médias internationaux que sur les réseaux sociaux. Ils offrent également aux citoyens la possibilité d’accéder à des contenus en plusieurs langues, tout en identifiant rapidement les sources et les biais sous-jacents.
Cependant, un simple exercice de recherche sur l’Algérie dans Google révèle l’ampleur du phénomène : une quantité impressionnante d’articles, de publications et de vidéos émanent de sources non algériennes, souvent alignées sur une ligne éditoriale ouvertement hostile. Cette réalité met en lumière l’existence d’une véritable industrie de la désinformation, où journalistes et blogueurs professionnels font de l’attaque contre l’Algérie un métier lucratif.
L’urgence d’une sensibilisation nationale
Dans ce contexte de guerre informationnelle, la sensibilisation des Algériens à ces nouvelles formes de manipulation devient une nécessité stratégique. L’ère du numérique et l’essor de l’intelligence artificielle ont démultiplié les outils de propagande, exigeant une vigilance accrue face aux contenus diffusés sur les différentes plateformes médiatiques.
Il est désormais impératif que la presse nationale et les acteurs de la société civile s’engagent pleinement dans cette bataille de l’information, en développant un esprit critique parmi les citoyens et en promouvant une approche plus méthodique dans la consommation des médias.
L’Algérie, consciente des enjeux, ne se contente plus de riposter aux attaques : elle œuvre à bâtir une véritable souveraineté numérique, garantissant ainsi la protection de son image et de ses institutions face aux offensives médiatiques de l’axe du mal.
G. Salah Eddine
